
Côte d’Ivoire/Pouponnière de Dabou : «Quand on y entre, on n’en sort plus»… Pour la 2e fois, la Fondation Johnny Kouadio donne de la joie aux pensionnaires
Samedi 11 juillet 2026. Deux cars de 65 places chacun, précédés d’un SUV, stationnent devant le domaine du CSP (Cours secondaire protestant) de Dabou, quartier Akloman-Bla. Les visiteurs, loin d’être venus prendre des cours, étaient là pour les enfants de la Pouponnière de Dabou logée dans ce domaine religieux. Il s’agissait d’un convoi des femmes, présidentes des associations féminines de Yopougon affiliées à la Fondation Johnny Kouadio, accompagnées par des jeunes. Ce convoi était conduit par Johnny Kouadio, en personne, 5e adjoint au maire de Yopougon. L’objet de cette visite était de soutenir la pouponnière avec des dons en vivres (des sacs de riz, de couscous, eau minérale, etc.) et non vivres (des jeux d’enfants, des papiers hygiéniques, des habits, des pagnes, des couvertures, etc.). Pendant la cérémonie de remise des dons, les membres de la délégation de la Fondation Johnny Kouadio ont passé un moment agréable en égayant les enfants de la pouponnière avec des jeux interactifs entre lesdits enfants et les visiteurs, des ballets produits par les pensionnaires et leurs encadreurs aux sons de plusieurs musiques urbaines. Mais avant la remise des dons, Mme Korotoumou Ouattara, directrice de la pouponnière de Dabou, s’est adressée à ses visiteurs. «Merci de venir dans cette maison. C’est une maison particulière. Vous avez senti que c’est lourd, mais c’est magnifique. Parce qu’on a des enfants qui sont tous en situation de handicap et qui ont été abandonnés. Alors, cette pouponnière, elle est particulière. C’est la seule en Côte d’Ivoire qui accueille ce type d’enfants. Donc en Côte d’Ivoire, quand on trouve un enfant abandonné et qu’il est en situation de handicap, on l’envoie tout de suite à Dabou», a-t-elle dit pour planter le décor. Et aujourd’hui, poursuit-elle, «ils sont au nombre de 118. L’âge varie entre 6 mois et 45 ans. C'est-à-dire que la plus petite a 6 mois et le plus âgé (Ismael) a 45 ans, il est là depuis qu’il a 1 an. Ce qui fait 44 ans qu’il est avec nous dans la structure». Mme Ouattara relèvera la particularité de sa structure : «La particularité de notre structure, les enfants ne peuvent pas être adoptés comme dans les autres pouponnières. Donc les enfants viennent ici bébés et ils restent ici toute leur vie avec nous. Parce qu’ils ne peuvent pas être adoptés, parce que les parents qui adoptent les enfants, ils ne demandent pas le critère de moi mes enfants. Ils ne veulent pas des enfants handicapés. Donc celle qui a 6 mois et qui est venue il y a 2 semaines, elle va rester toute la vie ici avec nous. Ceux que vous voyez, c’est la plus petite partie. Les autres ne peuvent même pas être ici avec nous. Ils sont actuellement dans leurs dortoirs en situation de dépendance. Ils ne peuvent même pas s’asseoir». Elle a également relevé les handicaps donc souffrent ses pensionnaires. «Les enfants souffrent de quoi ? Ils sont atteints d’une infirmité motrice cérébrale. Les enfants qu’on appelle enfants sorciers, serpents, etc. Il y a des autistes, des sourds, des muets, des aveugles, des enfants avec des malformations congénitales (comme Joyce, elle n’a aucun membre supérieur), des enfants atteints de troubles mentaux qui sont aussi parmi nous. Mais, ce sont des enfants qui se battent chaque jour pour vivre ; ce sont des enfants qui espèrent toujours vivre», a confié Mme Korotoumou Ouattara à ses visiteurs. Dans la situation de la pouponnière de Dabou, les soutiens sont les bienvenus. C’est pourquoi, la directrice remerciera ses hôtes en ces termes : «Je voudrais dire merci donc à la Fondation Johnny Kouadio. Ce monsieur est un grand monsieur. Il ne porte pas la casquette du maire aujourd’hui, non. Pourtant c’est un maire. Nous on veut l’appeler avec la casquette, celle de Papa Johnny. C’est la casquette nous voulons. L’autre casquette de maire, on la respecte aussi. Il est venu en 2024 et il a pris un engagement avec nous. Il a respecté cet engagement. C’est un grand monsieur que je voudrais qu’on applaudisse. Parce que c’est rare, très rare qu’on puisse prendre ce genre d’initiative. Et aujourd’hui, il est venu avec vous, les femmes de sa fondation pour vous dire combien de fois il aime ces enfants, combien de fois ces enfants ont du prix à ses yeux. Il a fait un bon voyage comme disait Paul Morron : «Le plus beau voyage que l’on puisse faire sur la terre, c’est de partir vers l’autre qui est en situation difficile». Merci d’avoir fait ce beau voyage, le voyage de l’amitié, le voyage de la fraternité, le voyage du don de soi, le voyage de l’amour pour les plus faibles. Que Dieu vous bénisse !» M. Johnny Kouadio, président de la Fondation éponyme, s’est interdit un véritable discours : «Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres. Ce n’est pas un jour de discours.» Puis il dira : «Mme la directrice, merci. Je voudrais, au nom de toutes ces femmes, de tous ces hommes ici présents, vous dire merci pour tout ce que vous faites pour nos enfants, désormais, je vous ai dit que depuis 2024, ce sont aussi mes enfants. Surtout pour l’attachement que vous avez pour l’être humain. En tout cas, c’est très rare de nos jours, c’est bon d’avoir des écoles comme ça, mais d’avoir des directrices de votre trempe, de votre rang. Parce que ce que vous faites, ce n’est pas pour de l’argent, pas pour le salaire, vous le faites par amour pour ces enfants. Je tenais à vous dire merci. Je voudrais aussi remercier l’encadrement, le personnel d’appui. Ces femmes et ces hommes qui sont toujours motivés à côté de la directrice.» Johnny Kouadio ajoutera que «Ces dons qui sont ici, ce n’est pas seulement issus de la Fondation, chaque maman ici présente a donné quelque chose pour ces enfants. Et je sais que pour la plupart de ces mamans, elles ne s’attendaient pas à voir ces enfants dans ces états. Je parie que pour la 3e édition, on va refuser du monde. Nous sommes venus avec 2 cars. Je parie que pour la 3e édition, il y aura plus de monde, plus de femmes. Merci à vous les mamans d’être venues soutenir votre sœur, la directrice.» Il a ajouté que «L’objectif de notre action, c’est de montrer aux yeux de tout le monde que pendant qu’on s’amuse, il y a d’autres enfants qui sont ici et qui ont besoin de nous. Et je pense que chacun de nous doit faire du mieux qu’il peut pour être toujours aux côtés de nos enfants. Il faut multiplier ce genre de visite à ces enfants qui ont aussi besoin de nous, de notre chaleur.» Puis en guise de conclusion, il prendra cet engagement : «Mme la directrice, je prends l’engagement, avec la permission des mamans et des jeunes qui sont avec moi aujourd'hui, que ce n’est pas évident qu’on attende 1 an encore avant de passer ici. Et cette fois-ci, il y a Mme la directrice, il y a nos enfants et il y a les encadreurs, chacun aura quelque chose pour les encourager. Vous pouvez me faire confiance, vous pouvez faire confiance à toutes ces braves femmes qui sont ici.» Il faut noter que la délégation de la fondation qui a accompagné Johnny KOUADIO était composée d'environ 120 femmes et une cinquantaine de jeunes, tous venus de Yopougon. Ces jeunes qui ont vu d'autres jeunes en difficulté ont souhaité y retourner pour une autre action en faveur des pensionnaires de la pouponnière de Dabou. Gilles Richard OMAEL, à Dabou

























