En avril 2026, un article signé « Observateur indépendant » dénonçait une anomalie de représentation sans identité dans le Canton Ahaly et un paradoxe historique au cœur de l’Assemblée nationale. Cet article faisait deux révélations importantes.

La première annonçait que « le député des Ahaly » n’est pas Ahaly. Si dans les mégalopoles, cosmopolites par définition, le jus sanguinis n’est pas un critère de représentation électorale, la réalité est tout autre dans les localités ou communautés rurales, fortement marquées par une identité traditionnelle et un lien historique communs. Loin d’être du tribalisme, c’est la logique et le sens-même de la représentation populaire qui veut que le mandataire connaisse et comprenne les réalités et aspirations profondes du mandant. Ainsi, depuis 1975, le député de Brobo a toujours été Ahaly. L’article déplorait que ce fait dramatique et gravissime soit ignoré du peuple Ahaly et surtout des cadres censés être des sachants. Aujourd’hui, ces derniers, tardivement réveillés de leur torpeur, réclament à cor et à cri que le député KOFFI Koussi Raymond, originaire du Canton Phari, vienne se présenter et se justifier devant le peuple Ahaly.
La seconde, conséquence de ce fait insolite et grave, c’est que le maire de Brobo et PCA de l’Anader, monsieur Louis KOUAKOU-HABONOUAN, qui se fait pompeusement appeler député-maire n’est pas député. S’il a été élu à ce titre, le fait de ne pas être en mesure de l’exercer pour cause d’incompatibilité l’en prive. La vérité est que l’origine du suppléant a été dolosivement caché par le candidat titulaire qui pourtant savait bien qu’il n’exercerait pas la fonction. Avait-il peur de mettre en selle un cadre Ahaly pouvant lui faire plus tard de l’ombre ? La vérité est que le titre de député n’était pour Louis KOUAKOU-HABONOUAN qu’un tremplin et une stratégie machiavélique pour conserver son alléchant poste de PCA de l’ONEP puis de l’Anader incompatible avec la fonction de député selon la Constitution et les termes des articles 87 à 93 de l’ordonnance no 2020-356 du 08 avril 2020 portant révision du code électoral qui déterminent le régime général des incompatibilités. Comme il le montre par sa gouvernance chaotique de la commune de Brobo, le peuple Ahaly est le cadet des soucis, la dernière des préoccupations de Louis KOUAKOU-HABONOUAN.
Aujourd’hui, la supercherie vient de prendre une autre tournure avec la violation flagrante des dispositions des articles 90 et suivants du code électoral relatifs aux incompatibilités de la fonction de député avec notamment le poste de Président du Conseil d'Administration (PCA) des sociétés d'État et des sociétés à participation financière publique. En effet, le 03 juillet 2026, en présence du sous-préfet, monsieur Louis KOUAKOU-HABONOUAN s’est présenté devant le peuple Ahaly et les populations de Brobo, Bounda et Mamini communes et sous-préfectures, en qualité de député, pour faire une restitution des travaux parlementaires. Cette initiative de diversion n’est ni plus ni moins qu’une escroquerie morale et politique visant à manipuler et à tromper encore une énième fois la population sur la vérité choquante et tant redoutée. De quel droit un élu qui a, pour des raisons égoïstes, renoncé à siéger à l’Assemblée nationale et qui conséquemment ne participe pas aux travaux parlementaires peut-il convoquer une séance de restitution en lieu et place du député siégeant ? Pourquoi le député siégeant a-t-il laissé prospérer une telle manœuvre ? L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et les autorités ivoiriennes compétentes doivent répondre à ces questions et en tirer toutes les conséquences. Le peuple doit réclamer des comptes. A moins que le régime Rhdp s'en fiche du respect de la constitution.
C.K.L
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