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PDCI/Me ATABI (avocat de Guikahué): «Je voudrais mettre en garde ceux qui gèrent le processus électoral…»/Konan Marius: «Retenez que Guikahué a été éliminé» (questions-réponses)

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Hier mercredi 13 décembre au QG du candidat Maurice Kakou Guikahué, après les différentes déclarations liminaires (Porte-parole et conseil juridique), Marius KONA et Me ATABI Honoré se sont prêtés aux questions du journalistes pour plus de précisions.

Guikahué toujours en lice ?

(Me Atabi) :

Même si le contrôle judiciaire n’avait pas été levé, ce n’était pas un obstacle. Sur ce point il n’y a pas de discussion, sauf faire preuve de mauvaise foi. Malheureusement, ça a été la motivation du rejet de sa candidature qui lui a été déjà signifié. Dès que cette décision lui a été signifiée verbalement, nous avons eu une conférence de presse au cours de laquelle, nous avons protesté. Nous avons dénoncé l’injustice qui lui a été faite. Et nous avions dit que nous en prenions acte. A la suite de ça, le candidat lui-même est intervenu pour dire qu’il prenait acte. Ce qui signifie qu’il s’en remettait à leur décision, qu’il se pliait à leur décision, à partir de cet instant-là, il ne peut plus être en lice. Et je voudrais saisir l’opportunité de votre question pour mettre en garde ceux qui gèrent le processus, car, il nous revient de sources bien introduites et de façon récurrentes que le nom et l’image du professeur Maurice Kakou Guikahué serait déjà inscrits sur les bulletins de vote. Nous les mettons en garde que s’ils le font, malgré la position du professeur Maurice Kakou Guikahué, précédemment candidat, nous serons donc obligés de nous pourvoir en justice, ce qu’on ne voulait pas faire, pour préserver son image et nom. Ça c’est une mise en garde et nous allons la formaliser dès ce soir même (ndlr : hier soir) par une sommation portant interdiction d’utiliser son nom et son image dans le processus électoral actuellement en cours, parce qu’il a déclaré ne plus être concerné par ce processus. Il a écrit au président du Comité électoral, en date du 12 décembre. Un courrier qu’ils ont déchargé. Donc pour répondre franchement à votre question, il n’est plus candidat.

Les arguments qui motivent son retrait ?

(Marius Konan) :

Le candidat Maurice Kakou Guikahué a été éliminé. C’est ça qu’il faut retenir. Et il a pris acte de son élimination injuste et non fondée. J’ai énuméré un certain nombre de décisions qui ont été prises pour que chacun, lui-même, en fonction des faits, se fasse une idée. On ne peut pas dire qu’on fait un processus électoral, on écrit les règles du départ, on dit qu’on recense les candidatures, on passe par ci et on passe par là et à la fin, on dit : nous allons afficher la liste définitive des candidats. Et puis, on est assis là, nous tous, on a ouvert la campagne, mardi à minuit et jusqu’ à aujourd’hui (ndlr : hier mercredi), qui peut me dire s’il a vu, une liste officielle des candidats ? Depuis quand dans ce monde, on ouvre une campagne électorale, sans connaitre les candidats. Vous avez déjà vu ça quelque part ? C’est pour vous dire qu’effectivement, ils ont signifié oralement à Maurice Kakou Guikahué qu’il était éliminé. Et il a cité le nom de celui qui a lu le rapport, le 11 décembre, lors de sa rencontre avec ses points focaux. Donc pour nous, c’est fini. Il a dit qu’il prend acte de son élimination. Il demeure PDCI-RDA. Il ne trainera pas le PDCI-RDA, devant les tribunaux. C’est fini.

(Me Atabi) : ce que je peux ajouter, puisqu’il s’agit d’un aspect juridique, c’est que dans une des décisions que le porte-parole, va vous remettre certainement, il est écrit clairement que les candidats retenus, désigneront leur représentant au Comité électoral. Mais, on ne peut pas être à la veille des élections et puis le professeur Maurice Kakou Guikahué, n’a pas été invité à faire désigner son représentant et le considérer comme candidat retenu. C’est une question de logique et de bon sens. Certainement, ceux qui sont retenus, ont leurs représentants au Comité électoral. Mais lui, on ne lui a pas adressé un courrier ou tout au moins, on ne l’a pas appelé pour qu’il désigne quelqu’un. Dès lors qu’il n’a pas désigné un représentant, en tant que candidat retenu, qu’est-ce qu’on doit déduire ? Qu’il n’est pas retenu. Donc, cher ami, il ne s’est pas retiré, on l’a éliminé. Il y a une nuance, parce que le retrait peut être volontaire. Mais ce retrait-là, n’est pas volontaire. On l’a évincé. C’est ça qu’il faut retenir. Et puis on lance la campagne mardi à minuit, alors que d’autres candidats ont été autorisés à lancer leur campagne deux jours avant. C’est une incongruité inacceptable.

Pourquoi pas un retour dans la course après la levée du contrôle judiciaire ?

(Me Atabi) : c’est une élection politique qui suppose une précampagne avec tout ce que cela comporte comme organisation à qui on signifie que sa candidature, ne peut pas être retenue ou n’est pas retenue pour un motif, qui dit qu’il a pris acte et puis, une circonstance qui n’était même pas prévue, survient. Et puis, il saisit l’occasion pour dire : comme j’ai eu ça… vous voyez la perte de temps éprouvée là sur ce laps de temps, les 4 ou 5 jours. Où on a rompu son élan. Non, ça n’avait pas de sens.

(Marius Konan) : jusqu’au 2 décembre, avant la rencontre entre professeur Guikahué et le Comité de conciliation qui a eu lieu le 3 décembre, on avait déjà, notre planning de travail. Le candidat sortait d’Abidjan, le 3 décembre pour ne revenir qu’après le 12 décembre. Parce qu’on devait faire une tournée nationale et les points focaux, tout le monde était mobilisé quand le 3 décembre, il lui a été signifié qu’il remplissait les conditions prévues par les textes, mais le PDCI-RDA, ne pouvait prendre le risque de le laisser compétir à cause du contrôle judiciaire, la mesure qui pesait sur lui.

Quel avenir politique pour Guikahué ?

(Marius Konan) : pour son avenir, on n’a pas à rechercher son avenir en dehors du PDCI-RDA. Il a 50 ans d’engagement, dans le parti. Il a commencé très tôt. 32 ans au Secrétariat, 10 années au Secrétariat exécutif, c’est une bibliothèque du parti. C’est un sachant. Comme il l’a dit : disciple de Félix Houphouët-Boigny, disciple d’Henri Konan Bédié, nous, nous avons besoin de conseils et de sa sagesse. Surtout que dans ces derniers moments, il a montré qu’il est un monsieur très sage. Si ce n’était pas lui qui canalisait toutes les énergies que j’ai vues çà et là, je ne pense pas qu’on en serait là en ce moment. Donc, soyez rassurés, monsieur Maurice Kakou Guikahué a terminé son propos du 11 décembre par : Dieu est amour, la vie continue, la vie est dynamique. Tout ce que nous demandons, c’est que Dieu lui donne encore le souffle de vie pour que nous qui pensons humblement qu’il peut encore en apporter aux jeunes qui ont toujours besoin d’apprendre et d’être formés, puissent tirer le meilleur de lui pour gagner les prochains combats du PDCI-RDA. Soyez rassurés, monsieur Maurice Kakou Guikahué, se tiendra toujours à la disposition du PDCI-RDA.

Que pensez-vous de la sortie des ministres Billon et Tanoh ?

(Marius Konan) : je peux dire qu’il est heureux que les ministres Jean Louis Billon et Thierry Tanoh soient intervenus, parce que pour tous ceux qui sont militants du PDCI-RDA, vous savez que ces deux ministres ont traversé les derniers moments que nous avons traversé. Ces dernières décennies-là, ils étaient là et ils vécu les différents événements que nous ont tous vécu. Donc, leur point de vue à mon sens est très important dans tout ce qu’on est en train de faire. Il y a un proverbe de chez moi qui dit : celui qui devait dire l’a dit. Celui qui doit entendre, on espère qu’il va entendre. Les deux personnalités que nous connaissons qui s’étaient abstenues depuis le début du processus électoral se sont prononcés, hier. Vous êtes des journalistes, il vous reviendra d’apprécier. Pour moi, je suis heureux qu’ils nous aient rejoints dans notre volonté de faire respecter les textes du parti, pour garder la motivation en chacun d’entre nous. Je me réjouis qu’ils soient intervenus. Je souhaite qu’ils aillent un peu plus loin.

Guikahué sera-t-il au Congrès et saisira-t-il la main tendue de Thiam ?

(Marius Konan) : vous savez le professeur Maurice Kakou Guikahué, c’est un parcours de militant. En bon militant, il assumera pleinement les responsabilités qu’il a vis-à-vis des militants du PDCI-RDA. C’est-à-dire, c’est d’aller au Congrès. Qu’on le voit au Congrès. S’il devait même prendre la parole au Congrès en tant que Secrétaire exécutif, donc no 2 du parti, il l’aurait fait. Mais le Congrès auquel nous partons, n’est pas un Congrès ordinaire. C’est un Congrès extraordinaire pour élire le président avec un seul point à l’ordre du jour : élection du président du parti. Si c’était un Congrès ordinaire, il aurait eu au minimum 6 points. Et les Congrès ordinaires, ne déroulent jamais en une journée. Au minimum, c’est 3 voire 4 jours. Donc, quand des gens disent certaines choses, il faut faire attention. Donc, il sera effectivement au Congrès parce que c’est un militant, c’est l’un des responsables du parti, c’est le no 2 du parti. Ce qui est son devoir au Congrès, il le fera. Maintenant pour le reste, je suis son porte-parole, il ne m’a pas donné d’orientations particulières sur les questions que vous évoquez. Donc, je me garde de répondre. Je pense que d’ici le Congrès, vous aurez l’occasion certainement de le rencontrer quelque part et puis, vous lui poserez la question.

Guikahué donnera-il une consigne de vote à ses supporters ?

(Marius Konan) : Guikahué soutient le respect des textes du parti. Donc, s’il y a une consigne à donner à ceux comme lui, sont engagés dans le processus, c’est de leur dire de veiller au respect des textes du parti.

Le porte-parole du PDCI-RDA dit qu’aucun document atteste du retrait de Guikahué ?

(Marius Konan) : mon aîné a dit beaucoup de choses, peut-être qu’il a dit trop de choses. Sinon comment comprendre que le président par intérim du parti, dise le 6 décembre dans un communiqué paru dans le Nouveau Réveil que dans le processus, il reste deux personnes. En principe, vous devez être en train de demander à celui qui est intervenu que comment se fait-il que le 6 décembre, le président du parti dise qu’il reste deux personnes en lice et puis le 11 décembre, vous venez dire qu’il y a trois personnes en lice. C’est quoi le souci, peut-être qu’ils ont la réponse. Sinon, quand on a commencé le processus, la première chose qui a été initiée, c’était de demandé au professeur Guikahué, de se mettre en congé. Ça n’existait nulle part, ni dans nos textes, ni dans nos pratiques. Nous ont protesté dans une déclaration et le lendemain, ce projet a été abandonné. Secundo, quand on lui a dit qu’on ne peut prendre le risque de le laisser compétir, il a demandé le rapport, ça lui a été refusé. Vous-mêmes, vous constatez que jusqu’ à aujourd’hui, on n’a pas publié la liste des candidats retenus, mais, on a ouvert quand même la campagne. Qui sont ceux qui doivent aller faire campagne ? Une campagne même qui s’est ouverte avant l’ouverture officielle. Même mon ainé le porte-parole a tenté de faire croire que c’était la précampagne. Ce n’était pas la précampagne. On sait tous de quoi, il s’agit.

(Me Atabi) : ce que je voudrais ajouter, c’est qu’au moment où le porte-parole faisait sa conférence, il n’avait pas l’information qu’un courrier avait été déchargé par le Comité électoral. Donc, tout ce qu’il disait était sans objets. Puisqu’il y a un courrier qui a été adressé au président du Comité électoral par le professeur Maurice Kakou Guikahué où il lui a clairement signifié sa position. Le président du Comité électoral a même répondu.

(Marius Konan) : l’essentiel qu’il faut retenir, c’est qu’on a éliminé professeur Guikahué. C’est-à-dire qu’on t’a éliminé et puis, on attend que tu envoies un courrier pour dire, je ne suis plus dedans. C’est tout. Parce qu’on le peut pas dire le 6 qu’il y a deux candidats en lice et le 11, qu’on vienne dire qu’il y a trois candidats en lice.

L’action de la justice contre le Congrès?

(Me Atabi) : je suis avocat, mais je suis membre du Bureau politique et délégué départemental. Donc, nous tous, nous avons le souci de protéger notre parti. Chez nous les Bété, on dit : quand bien même le Chimpanzé est fâché avec son petit, il ne jette pas par-dessus l’arbre. Parce qu’il ne sait pas s’il y a un chasseur en embuscade. Donc, nous qui sommes aux côtés du professeur Guikahué qui a porté le PDCI, qui a lutté contre vents et marrées pour préserver la stabilité du PDCI, notre statut initial, c’est de ne pas traduire, le PDCI en justice pour l’injustice qui lui est faite. Maintenant l’utilisation de son nom, de son image dans le processus électoral, au mépris de sa déclaration, constitue de la provocation et du mépris. Vous convenez avec nous que c’est quelque chose qu’on ne peut pas tolérer, parce que son nom va être utilisé sur des bulletins, son image va être utilisée, alors qu’il n’est pas candidat. Il va se trouver des malins qui vont mettre quelque part à la fin de l’élection, Maurice Kakou Guikahué, 2 voix. Nous voulons préserver son image. Il n’est pas candidat, il a été éjecté, il n’est pas question que son nom et son image soient associés au processus électoral. Nous allons donc faire injonction aux animateurs du processus de ne pas utiliser son nom. Maintenant s’ils le font, c’est qu’ils auront créé les conditions pour qu’on se retrouve là où justice peut se faire. Sinon pour l’instant, on n’est pas dans cette posture. Si on leur envoie la sommation et qu’ils la respecte, vous ne nous verrez pas aller en justice. Parce que ce ne sont pas les arguments pour aller en justice suite au rejet de sa candidature qui manquent. Mais Guikahué ne peut pas se le permettre. Lui, il est dans la posture du Roi Salomon. Il veut préserver le PDCI sinon tout ce qui se fait politiquement, juridiquement, ne se justifie. Mais, il l’a assumé. Comme l’a dit le porte-parole, il a calmé ses compagnons. Parce que nous sommes tous des militants. Le PDCI est une association, ce n’est pas une entreprise pour qu’elle soit dirigée par un groupe de personnes qui vont imposer leur volonté, leur diktat aux autres. Mais, vous savez, il y en a qui n’ont pas conscience du risque qu’ils font courir. Quand tu as un pot de terre sur la tête, tu ne jettes pas des pierres au Chimpanzé, parce que s’il riposte, c’est ta jarre en terre qui va se casser. S’ils ne créé pas de problème pour aller au tribunal, on n’ira pas. Donc, vous qui écrivez, relayez ça. Dites-leur que Guikahué n’a pas envie de traduire le PDCI en justice. Ils ont déjà pris les 20 millions, qu’ils gardent les 20 millions, mais qu’ils n’utilisent pas son nom et son image. Concernant le contrôle judiciaire, hors de chez nous en France. L’on se souvient du cas François Fillon. Pendant qu’il était le candidat des Républicains, une procédure a été déclenchée contre lui, ça n’a pas suscité le désaveu de son parti. Pourquoi sous les tropiques, on tropicalise nos façons de faire. Aux Etats-Unis, actuellement, le président Donald Trump est l’objet d’une multitude de procédures pour des faits personnels, qui n’ont rien à voir avec la politique. Mais est-ce que vous avez vu son parti, le désavouer. Les raisons de l’élimination du professeur Guikahué, sont ailleurs. C’est ça. Et comme on ne sait pas où, ils ont caché ça, le jour, où, ils vont sortir, alors on verra. Sinon pour l’instant, nous considérons cela comme injuste.

Propos recueillis et retranscrits par GRO et DS