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Pour lutter contre les grossesses en milieu scolaire: Le MENA et ses partenaires changent de stratégie

Une conférence de remobilisation autour de la vulnérabilité des filles y compris les grossesses en cours de scolarité s’est tenue au foyer polyvalent du lycée moderne d’Abobo 1 et 2  (DRENA d’Abidjan 4), ce vendredi 23 décembre 2022.

Dans la perspective de renforcer l’accès et le maintien des jeunes filles à l’éducation à travers une approche transformatrice qui touche les facteurs de vulnérabilités sociales, économiques, liées aux inégalités de genre et à la non-valorisation de la fille par rapport aux garçons dans la société, les Fonds des nations unies pour la population (UNFPA) avec l’appui financier de « Affaires Mondiales Canada », a initié le projet dénommé «Droit à l’éducation inclusive et maintien des filles à l’école».

Ce projet a couvert 12 Directions Régionales de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, à savoir: le Nord-Est (Bondoukou, Bouna et Abengourou), l’Ouest (Guiglo, Man-Sipilou), le Centre (Bouaké, Yamoussoukro, Dimbokro, Daoukro et Bongouanou) et le district d’Abidjan (Abobo et Yopougon-Songon).

Sur la période de 2019 à 2022, le projet « Droit à l’éducation inclusive et maintien des filles à l’école» a permis de toucher et de soulager plusieurs milliers de bénéficiaires adolescentes scolarisées.

Les actions des partenaires au développement étant circonscrites dans le temps, le projet CANADA a pris fin en Juin 2022 et son évaluation est en cours de réalisation avec semblerait-t-il, de nombreux points positifs.

C’est en vue de consolider les acquis dudit projet et de poursuivre les actions de protection des filles que l’UNFPA et le ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation (MENA) à travers la direction de la mutualité et des œuvres sociales en milieu scolaire (DMOSS) ont planifié dans le cadre de leur plan de travail annuel, l’organisation de conférences éclatées sur l’ensemble des DRENA sites du projet à l’approche de ces congés donc de noël et du nouvel an.

Selon les informations recueillies, au cours des dix dernières années, des efforts conjugués du gouvernement et des partenaires au développement ont permis de hausser le niveau d’accès des filles à l’école primaire et au secondaire. Cependant, le maintien des filles dans le système scolaire reste encore un défi à relever.

Elles révèlent aussi que le taux d’enrôlement au primaire pour les filles est de 74,1% tandis que le taux de maintien au secondaire n’est que de 35,6% (selon MICS 2016).

Toujours, ces informations indiquent encore que les analyses récentes des causes d’abandon scolaire chez les jeunes filles révèlent plusieurs raisons dont les suivantes :

-La faible prise en compte du genre dans l’éducation ;

-Les violences basées sur le genre (VBG) et les violences de genre en milieu scolaire (VGMS) (41148 cas pour l’année scolaire 2020-2021) ;

-Les grossesses précoces en cours de scolarité (5 833 cas au titre de l’année scolaire 2020-2021)

-L’accès insuffisant à une éducation complète à la sexualité (ECS)/ éducation à la santé et à la vie saine (ESVS) et aux services de la santé de la reproduction pour les adolescents et jeunes ;

-L’infection à VIH et autres infections sexuellement transmissibles (IST) ;

-Les mariages d’enfants (65 cas au titre de l’année scolaire 2020-2021) ;

-Le faible niveau de revenus des familles entraînant l’incapacité d’assurer les frais scolaires et autres besoins de scolarisation…

Répondant aux questions des journalistes au sortir de cette conférence, le représentant de madame la DRENA Abidjan 4, le secrétaire général Keita Cheick Makan, a donné son point de vue sur le sujet.

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« Aujourd’hui, nous estimons dans nos structures que la stratégie essentielle pour lutter contre les problèmes évoqués consiste à procéder à la sensibilisation de la jeune fille. Dans la plupart des écoles qui sont sous notre responsabilité, il y a ce que nous appelé les Cellules d’alerte précoce qui encadrent les jeunes filles et leur prodiguent de bons conseils. Ce pour dire que toutes les administrations sont ouvertes à l’écoute de ces élèves.

A partir d’Abobo, nous souhaitons que ces enfants aient une vision pour une Côte d’Ivoire prospère, pour une Côte d’Ivoire en développement. Et nous les incitons à accorder beaucoup d’intérêt à leurs études. Car il n’y a que par le travail qu’elles pourront sortir de leur situation », a-t-il lancé comme appel.

Pour sa part, le Coordonnateur de projet à la DMOSS, Ban Yeboua, s’est dit « mieux vaut prévenir que guérir pour ne pas jouer les médecins après la mort par la suite ».

Selon lui, c’est pendant les périodes d’oisiveté, c’est à dire pendant les congés et les vacances que les filles contractent les grossesses.

« C’est compte tenu de ce rapport de statistique qu’il a été jugé bon de mener ces campagnes de sensibilisation avant ces congés de Noël », a-t-il révélé.

Par conséquent, il a invité les parents à s’impliquer convenablement dans l’éducation des enfants.

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Tout comme les nombreux enfants qui ont pris part à cette activité, l’élève en classe de 4ème du Lycée moderne d’Abobo 1, Grâce Gnambani, fut très touchée par l’un des films projetés sur écran géant à cette occasion.

Donnant son impression sur le film intitulé « Les bébés qui font des bébés », la fillette a trouvé triste que des adolescentes tombent enceinte et que certaines d’entre elles ou leurs bébés meurent pendant l’accouchement.

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