Le maire Antoni Garou au centre et la municipalite de Ouragahio

Ouragahio: Accusée de malversations, une conférence de presse blanchit la municipalité

De la confrontation, jaillit la lumière et la vérité dit-on. Accusée il y’a une semaine, par deux organes de presses en ligne, d’expropriation illégale de terrains urbains et réattribution a autrui, de vente illicite de lots, mais aussi de détournements de deniers publics portant sur plusieurs dizaines de millions de Fcfa, notamment par le quatrième adjoint au maire, et maire résident, Zadi Michel, la municipalité de Ouragahio (17 km de Gagnoa) s’est vu complètement lavé de tout soupçon.

« Chaque conseil qui vient cherche à s’enrichir. C’est le cas de l’actuel maire Antoni Garou, qui exproprie et vend des lots à plusieurs personnes », avait soutenu le journaliste dans ces écrits. Un autre d’ajouter que « les travaux pharaonique de son 4ème adjoint au maire en l’espace de quelques mois, dont quatre villas pour un montant de dix millions Fcfa l’une, intriguent la population » et d’ajouter « que le maire et les services publics viennent voir de plus prêts ce que les conseillers font de l’argent du contribuable ».

Vendredi 13 août, lors d’une conférence de presse réunissant une quinzaine d’organes de la presse ivoirienne et retransmise en direct sur la radio communale, le maire de Ouragahio, Antoni Garou, a demandé aux journalistes qui ont écrit des articles diffamatoires de fournir les preuves de lettres d’attributions qu’il aurait signées, après avoir exproprié des personnes et a invité, par ailleurs, tout un chacun qui aurait des preuves que l’adjoint au maire a pris l’argent dans les comptes de la mairie, pour aller construire ses villas, qu’il les apporte.

 « Comme l’administration est une continuité, c’est pourquoi j’ai fait allusion au terrain vendu, sinon, je ne vous accuse pas », a réagit l’un des correspondants,  avant que l’autre soutienne que  « cet article n’accuse pas le 4ème adjoint au maire, mais, nous sommes dans le peuple et il est de notre devoir d’interpeller le maire sur des actions de ses conseillers.»

« J’accuse nommément Ivoire business et Lepointsur.com, d’outrage et de diffamation, et nous allons donner une suite judiciaire, si le démenti n’est pas fait dans les jours qui suivent, par le journaliste lui-même », ont réagi le maire et l’ensemble de la municipalité.

L’on saura alors que depuis 2013, une loi de l’Etat de Côte d’Ivoire a retiré aux maires, la possibilité de vendre des lots. Cette compétence est dévolue à une commission présidée par le sous-préfet de la localité, qui a le pouvoir de retirer et attribuer des lots à d’autres demandeurs, si ces lots ne sont pas mis en valeur dans un temps déterminé. Antoni Garou précise que depuis sa prise de fonction en 2018, aucun lot n’a été retiré.

Toutefois, le premier magistrat de la commune de Ouragahio a fait savoir que la mairie n’a pas de coffre. « Si vous connaissiez le processus de décaissement des fonds au trésor, vous n’auriez pas écrit cela », a-t-il ajouté. Il a indiqué que de tels propos peuvent  révolter les populations, surtout quand ils ne sont pas exacts.

« Je m’inscris en faux contre ses accusations. J’avais un patrimoine et des biens dans plusieurs villes, avant de venir à la mairie. Je construis ces quatre villas de trois pièces, avec l’aide d’opérateurs économiques. Pour l’heure, il n’y a ni porte, ni fenêtre, ni sanitaire, parce que je prends les matériaux à crédit, que je paye un peu un peu », s’est offusqué le maire résident Zadi Michel, qui s’interroge sur l’évaluation de ces maisons qui sont encore inachevées.

« Je porte donc plainte contre les organes et on ira jusqu’au bout, car quand on est journaliste, il faut faire des investigations », a-t-il dit.  

Ouragahio est une commune de plein exercice, avec un budget d’environ 300 millions FCFA, dont le tiers est absorbé par le fonctionnement    .

Paul-Henry Kouman

Correspondant régional

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