La mairie de Port-Bouët, dirigée par le Dr Sylvestre Emmou, a procédé à une augmentation spectaculaire des taxes municipales perçues à l'abattoir. Le tarif par tête de bœuf est passé de 100 à 500 FCFA, soit une hausse de 400%, tandis que celui par tête de mouton a bondi de 50 à 500 FCFA, soit une augmentation de 900%. Ces nouvelles taxes, qui s'appliquent aux bêtes entrant au parc à bétail, sont vivement contestées par les opérateurs de la filière bétail-viande.

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Par courrier d'information en date du 07 juin 2026, le secrétaire général de la mairie de Port-Bouët, Niamké Déhégnan Aline (voir fac similé), a informé le directeur de l'abattoir de la décision d’augmentation des taxes municipales qui aurait été prise « conformément à la délibération des taxes municipales de l'exercice 2026 », et a exigé que tous les acteurs s'y conforment strictement. Toutefois, aucun arrêté municipal servant de base légale à cette décision n'a été produit.

Plus surprenant encore, la collecte de ces taxes a été confiée à la Fédération nationale des coopératives de la filière bétail-viande de Côte d'Ivoire (Fenacofbvi-ci), présidée par Issiaka Sawadogo. Cette association privée a ainsi été autorisée à prélever à la source, 30% des sommes perçues et à ne verser que 70% dans les caisses de la commune.

Face à cette situation, l'Union Nationale des Sociétés Coopératives des Marchands de Bétail de Côte d'Ivoire (Unscoomaci coop-ci), l'une des faîtières du secteur, a adressé un courrier au maire le 24 août 2026, réceptionné le même jour, pour connaître les motifs de ce pic brutal des taxes municipales, et savoir sa base légale. Face au silence des autorités municipale, un second courrier leur est expédié, le 31 août 2026 en vue de solliciter une audience. Cet autre courrier n’aura pas plus d’écho.

Il n’en fallait pas plus pour susciter une levée de bouclier. Opérateurs économiques brutalement impactés font feu de tout bois : le Préfet de la ville d’Abidjan, la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, la Direction générale de la Décentralisation et du Développement local (Dgddl), la Cour des comptes, et la Haute autorité pour la bonne gouvernance (Habg) sont tour à tour saisis pour « violation des règles de la comptabilité publique ».

Comme conséquence à l’augmentation brutale des taxes sur les bêtes, opérée par l'équipe municipale conduite par le Dr Sylvestre Emmou au niveau de l’abattoir qui dessert toute la mégalopole Abidjan, il va sans dire que dans les jours qui viennent et si les autorités compétentes ne réagissent pas promptement, ce sont les ménages qui en paieront le prix fort.

Théodore Sinzé

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