Préserver l’autonomie d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer consiste à lui permettre de continuer à agir, choisir et participer à la vie quotidienne, avec une aide adaptée à ses capacités. L’objectif n’est pas de tout faire à sa place, mais de lui apporter «juste assez d’aide » pour qu’elle puisse réussir.

1. La laisser faire ce qu’elle peut encore accomplir
Même si elle agit plus lentement ou différemment :
lui laisser le temps de s’habiller, manger, se laver ou ranger ;
éviter de la presser ou de corriger chaque erreur ;
intervenir seulement lorsqu’elle hésite, se met en difficulté ou court un danger ;
valoriser l’effort et la participation, pas uniquement le résultat.
Faire systématiquement à sa place peut accélérer la perte de confiance et des capacités encore présentes.
2. Simplifier les activités sans les supprimer
Une activité devenue difficile peut souvent être adaptée :
décomposer la tâche en petites étapes ;
donner une seule consigne à la fois ;
préparer le matériel dans l’ordre d’utilisation ;
proposer deux choix simples : « Tu préfères la robe bleue ou la jaune ? » ;
privilégier des objets faciles à reconnaître et à manipuler.
Par exemple, au lieu de retirer complètement la préparation des repas, la personne peut laver les légumes, mélanger une préparation ou mettre la table sous surveillance.
3. Maintenir des habitudes régulières
Les routines diminuent la confusion et facilitent l’action :
horaires relativement stables pour les repas, la toilette et le coucher ;
objets rangés toujours au même endroit ;
calendrier, horloge lisible, étiquettes ou images sur les placards ;
vêtements préparés dans l’ordre où ils doivent être mis.
4. Continuer les activités qui ont du sens pour elle
Il faut partir de son histoire, de ses goûts et de ses anciennes habitudes :
jardinage, cuisine, musique, danse ou prière ;
promenade et activité physique adaptée ;
lecture, tri d’objets, pliage du linge ;
rencontres familiales et activités intergénérationnelles.
L’activité doit procurer du plaisir et un sentiment d’utilité, sans devenir une épreuve ou un test de mémoire.
5. Préserver son pouvoir de décision
La personne doit continuer à être consultée, même lorsque ses capacités diminuent :
s’adresser directement à elle ;
respecter ses préférences et son rythme ;
l’associer aux décisions qui concernent ses soins et sa vie quotidienne ;
recueillir suffisamment tôt ses souhaits pour l’avenir.
L’autonomie ne signifie pas nécessairement tout faire seul : elle signifie aussi pouvoir exprimer ses choix et recevoir l’aide nécessaire pour les réaliser. Cette approche correspond aux principes de soins centrés sur la personne, qui respectent ses préférences et sa participation.
6. Sécuriser sans enfermer
L’environnement peut être adapté progressivement :
améliorer l’éclairage et retirer les obstacles au sol ;
installer des barres d’appui et des repères visuels ;
sécuriser les médicaments, le gaz, les produits dangereux et les escaliers ;
choisir des chaussures stables ;
évaluer régulièrement la conduite, les sorties seules et les risques d’égarement.
Les restrictions doivent être proportionnées au risque réel et réévaluées régulièrement. Une surveillance excessive peut réduire inutilement la liberté, l’activité physique et la confiance.
7. Soutenir les capacités physiques et la santé
Un médecin, un ergothérapeute ou un kinésithérapeute peut évaluer les capacités restantes et proposer des adaptations personnalisées.
Quels effets sur la personne malade ?
Pouvoir participer à la vie quotidienne et conserver une certaine autonomie produit plusieurs effets positifs chez une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer :
Un sentiment d’utilité : elle se sent encore capable de contribuer à la vie familiale.
Une meilleure estime d’elle-même : réussir une tâche, même simple, renforce sa confiance.
Le maintien de son identité : continuer à cuisiner, jardiner, choisir ses vêtements ou aider à mettre la table lui permet de rester la personne qu’elle a toujours été.
Un sentiment de contrôle : pouvoir faire des choix réduit l’impression de subir constamment les décisions des autres.
De la dignité : elle demeure considérée comme une personne à part entière, et non uniquement comme une personne malade.
Du plaisir et de la motivation : les activités familières peuvent procurer de la satisfaction et donner un rythme à la journée.
Un sentiment d’appartenance : participer lui permet de rester intégrée à la famille et à la communauté.
Davantage d’apaisement : un environnement familier, des activités adaptées et la possibilité d’agir peuvent diminuer l’anxiété, la frustration et certains comportements d’agitation.
À retenir :Ne pas demander à la personne ce qu’elle ne peut plus faire, mais lui permettre de continuer à faire tout ce qu’elle peut encore accomplir, dans la dignité, à son rythme et avec une sécurité adaptée. Les approches centrées sur la personne peuvent améliorer le bien-être et réduire l’agitation.
Participer à la vie quotidienne ne maintient pas seulement les capacités de la personne : cela nourrit son sentiment d’exister, d’être utile, respectée ettoujours pleinement membre de la famille.
Même lorsque la mémoire s’affaiblit, le sentiment de réussite, de sécurité et de considération peut persister.
14 Facteurs de risque de la démence :
#1 l’inactivité physique
#2 le tabagisme
#3 la consommation excessive d’alcool
#4 la pollution atmosphérique
#5 les lésions cérébrales
#6 la faible interaction sociale
#7 le faible niveau d’éducation
#8 l’obésité
#9 l’hypertension
#10 le diabète
#11 la dépression
La dépression est considérée comme un facteur de risque modifiable de la démence,lorsqu’elle persiste à l’âge adulte. Elle ne provoque pas automatiquement la maladie d’Alzheimer, mais elle peut augmenter la vulnérabilité du cerveau.
Les femmes sont davantage touchées par la dépression que les hommes.
Selon l’OMS, en 2023, la dépression concernait environ :
6,2 % des femmes adultes ;
4,1 % des hommes adultes.
Elle était donc approximativement 1,5 fois plus fréquente chez les femmes. (Depressive disorder (depression), mise à jour le 11 septembre 2026)
Cette différence peut s’expliquer par une combinaison de facteurs :
variations hormonales,pendant la grossesse, après l’accouchement et à la ménopause ;
exposition plus fréquente aux violences et aux discriminations ;
précarité économique et dépendance financière ;
charge familiale et responsabilités d’aide plus importantes ;
stress chronique et isolement social.
Ces statistiques doivent toutefois être nuancées : chez les hommes, la dépression peut être moins reconnue ou moins déclarée. Elle peut se manifester davantage par l’irritabilité, l’agressivité, la prise de risques, l’alcool ou le repli, plutôt que par une tristesse ouvertement exprimée.
Pourquoi la dépression est un facteur de risque de démence ?
Stress prolongé : la dépression peut maintenir un niveau élevé d’hormones du stress, comme le cortisol. À long terme, cela peut fragiliser l’hippocampe, une région essentielle à la mémoire.
Inflammation chronique : elle est parfois associée à des mécanismes inflammatoires susceptibles d’affecter les cellules cérébrales et leurs connexions.
Diminution de la stimulation cérébrale : perte de motivation, retrait des activités et réduction des apprentissages sollicitent moins les capacités cognitives.
Isolement social : la personne peut moins communiquer et moins participer à la vie sociale, ce qui constitue également un facteur de risque.
Effets indirects sur la santé : troubles du sommeil, inactivité physique, alimentation déséquilibrée, tabagisme ou mauvaise prise en charge des maladies cardiovasculaires peuvent s’y ajouter.
Une relation complexe
La relation fonctionne parfois dans les deux sens. Une dépression survenant tardivement peut être un facteur de vulnérabilité, mais aussi constituer l’un des premiers signes des changements cérébraux précédant une démence. Les études montrent donc une association, sans permettre d’affirmer que toute dépression cause directement Alzheimer.
Àppel à l’action : La dépression touche les femmes comme les hommes, mais elle est diagnostiquée plus fréquemment chez les femmes et peut rester plus cachée chez les hommes.Soigner la dépression, maintenir les relations sociales, l’activité physique et les activités qui procurent du plaisir contribue au bien-être et peut participer à la protection de la santé cérébrale. Une dépression persistante ne doit jamais être considérée comme une conséquence normale de l’âge.
Demain nous aborderons le thème de l’Alzheimer et le vieillissement de la population en Côte d’Ivoire. Nous présenterons aussi le douzième facteur de risque : #12 la déficience auditive.
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