Marius Konan PP Guikahue

PDCI/Candidature de Guikahué et manipulation de l’opinion: Marius Konan répond à 13 questions directes des journalistes

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Porte-parole du candidat Maurice Kakou Guikahué, le député Marius Konan a organisé une conférence de presse, dimanche 26 novembre 2023, au QG de son candidat. Après avoir prononcé son propos liminaire, le « Cristiano Ronaldo de Bédié », comme on l’appelle affectueusement à Attiégouakro où il a battu par 2 fois des ténors pour se faire élire député, s’est mis à la disposition des journalistes pour l’exercice des questions-réponses sans détour.13 questions directes, 13 réponses directes.

Le candidat Guikahué a décidé d’être candidat pour la présidence du PDCI-RDA, uniquement. Or, il est de notoriété que le président du parti est d’office candidat naturel pour la présidentielle. Qu’est ce qui a motivé ce choix du Pr Guikahué. S’est-il appuyé sur sa situation juridique ou alors c’est une originalité Guikahué ?

Marius Konan PP Guikahue
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Vous savez, le PDCI-RDA a connu deux hommes forts qui plus que des présidents de parti politique, étaient des chefs de famille. Quand vous interrogez l’histoire, vous vous rendrez compte que le président Félix Houphouët-Boigny, était un chef de famille. Après le président Houphouët-Boigny, c’était le président Henri Konan Bédié, lui aussi, il s’est comporté en chef de famille. Donc, nous étions dans un parti où la plus part des questions était traitée directement par le président. Et avec son engagement, l’expérience qu’il avait, nous pensions qu’à un certain moment, il ne fallait pas le bousculer. Donc, c’est tout naturellement que nous voulions que le président du parti devienne candidat du parti. Vous savez que nous avons été victimes d’un coup d’Etat en 1999, moi, c’est à partir du coup d’Etat de 99, depuis le lycée 1 de Daloa, que j’ai décidé de m’engager fortement. Parce que je voulais faire la politique après. Et quand j’ai vu le coup d’Etat de 99, je me suis dit : mais si les armes restent sur la scène politique, c’est cuit pour nous, on n’aura pas d’espace d’expression. Donc, nous on avait une revanche à prendre sur le tas, pour dire non, à cette façon de fonctionner dans des démocraties. Mais comme vous l’avez dit : nulle part dans les textes, il est écrit que le président du parti est le candidat du parti. Ça, c’est la première des choses.

Secundo, vous constatez qu’en 2020, même quand on a fini d’annoncer que le président Bédié devrait être le candidat du parti, on a eu la candidature de KKB, ancien président de la JPDCI qui a payé. On est allé à une convention et on a élu à plus de 99% peut-être, le président Henri Konan Bédié, comme notre candidat. Donc, ce que nous disions était un souhait de nos ainés. Mais, à côté, ce souhait est obligé de se confronter à la réalité. C’est la raison pour laquelle, il y a toujours eu une Convention. Retenez ceci, le président du PDCI-RDA est choisi à un Congrès. Le candidat du PDCI-RDA est choisi à une Convention. Vous constaterez, que même président du PDCI-RDA, le président Bédié allait à des Conventions pour se faire élire candidat du PDCI-RDA. Donc, pour nous, ce n’est pas un problème.

Aujourd’hui, le Pr Maurice Kakou Guikahué, lors de sa déclaration de candidature, a dit : nous voulons construire un parti fort qui repose sur son histoire et sur des valeurs. Un parti indépendant et autonome du pouvoir. C’est-à-dire, un parti qui peut vivre même quand, il n’est pas au pouvoir. Un parti indépendant des hommes, c’est-à-dire, un parti qui n’a pas besoin d’avoir un homme fort financièrement pour pouvoir vivre. Mais, un parti qui peut compter sur les militants, qui comprennent qu’ensemble, qu’en mutualisant les efforts, nous pouvons conduire notre destin commun.  Voici le nouvel engagement que prend le Pr Maurice Kakou Guikahué en se portant candidat. Et puis, quand il dit qu’il ne veut qu’être président du PDCI-RDA, il a décrit dans sa déclaration. Il a dit : avec l’expérience qu’il a et le temps qui reste, il est convaincu que si quelqu’un cherche à être président du parti, pour se donner les chances d’être candidat du parti, nous militants, on doit être convaincus que la personne cherche à nous gérer par procuration. Parce que prendre le temps d’aller faire élire des présidents de Comité de base, élire des Secrétaires généraux, avant de revenir mettre des délégations en place, ça vous prend énormément du temps. Il a dit : le travail du parti est prenant. Et puis à côté de cela, il y a l’engagement pour la présidence de la République, lequel engagement est exigent. Donc, à moins de deux ans de l’élection, tu ne peux pas faire ces deux choses à la fois. C’est la raison pour laquelle, quand nous sommes allés le voir, il nous a dit en homme d’expérience : je comprends, donc, je me concentrerai sur le parti et puis quand viendra le moment, le parti désignera quelqu’un à la Convention. Mais, nous tous, nous allons soutenir cette personne, pour l’envoyer à aller gagner les élections de 2025.

Vous avez parlé d’un document qui tend à présenter votre candidat comme un indiscipliné. Est-ce que vous pouvez davantage expliquer cette affaire ?

Depuis jeudi, alors que nous préparions sereinement, en connaisseurs du parti, les prochaines activités de campagne, nous avons été surpris par un courrier qui circulait sur les réseaux sociaux et un peu partout. Une décision qui a même été notifiée à la direction de campagne plus tard, de ce que le président par intérim, le doyen d’âge des vice-présidents, à la rencontre qu’il a eu avec les candidats, il y a quelques jours, avait demandé que les candidats se mettent en congé. Et qu’il avait reçus deux documents émanent de deux candidats qui avaient décidé de se mettre en congé et qu’il appelait les autres à en faire autant. Mais ce que le courrier en question ne dit pas, c’est que mon candidat à cette rencontre a rappelé au président par intérim qui ne doit pas excéder six mois, qu’il n’était pas concerné par ce qu’il disait. Parce que, de mémoire, on a eu en 2002, un Congrès où, le président Henri Konan Bédié, était en compétition avec le Secrétaire général du PDCI-RDA, M Laurent Dona Fologo. Aucun des deux, n’a eu besoin de se mettre en Congé. Deuxièmement, en 2013, le président Henri Konan Bédié, notre regretté président, notre guide, était opposé à son Secrétaire général, Alphonse Djédjé Mady et à son président des jeunes, KKB. Aucun d’eux, n’a eu besoin de se mettre en congé. Mais curieusement, au moment où, le président décède, alors que nous espérions que le président par intérim se comporte en bon père de famille, il décide curieusement, que des candidats devraient se mettre en congé. Pour promouvoir, ce qu’il appelle lui-même, l’égalité des chances. Mais, on est un peu étonné, parce que nous sommes des politiques. Moi qui vous parle, je suis jeunes certes, mais, il y a longtemps que je suis un observateur de la vie politique. J’ai fait mes petits pas des sections universitaires pour arriver à la section du parti, avant d’être député et plus tard délégué. Mais attendez, on va à un Congrès. Aucune disposition de nos statuts, ne permet au président par intérim, de demander au Secrétaire exécutif, un Chef du Secrétariat exécutif, de se mettre en congé. Je vais vous lire l’article 43 du règlement intérieur du PDCI-RDA : « En cas de décès, de démission, d’empêchement absolu du président du parti, l’intérim est assuré par le doyen d’âge des vice-présidents. Le Secrétariat exécutif, reste en place ». Mais curieusement, le président par intérim que nous espérions voir comme un bon père de famille, comme, il nous l’a promis, en présence de certains de nos ainés qui nous ont devancés (il a promis devant le Général Ouassenan, paix à son âme), a mis en place, un certain nombre d’outils pour organiser le prochain Congrès. Il a créé un Comité de supervision et de l’organisation du 8è Congrès extraordinaire du 16 décembre 2023. Dans ce Comité, ne se trouve pas le Secrétaire exécutif en chef du parti, no 2 du parti. Il a créé un Comité électoral. Dans ce Comité électoral, ne figure pas, le Secrétaire exécutif, no 2 du parti. Il a créé un Collège de conciliation et de recherche de consensus. Dans ce Collège de conciliation, ne figure pas, le no 2 du parti. Il a créé un Comité d’homologation et de contrôle de la liste électorale. Encore dans ce Comité, ne figure pas le no 2 du parti. Il a créé un Comité de finances du 8è Congrès extraordinaire, là encore, le Secrétaire exécutif, no 2 du parti, n’y figure pas. Donc, dans quel parti, on peut créer toutes ces instances et puis, le no 2, celui qui était le plus proche collaborateur du président Bédié, n’y est pas et puis, on va dire qu’il peut avoir une main mise sur l’organisation du Congrès. Nous estimons que cette façon de faire cache le parti pris des personnes qui sont autour du président et qui tentent de l’induire en erreur. Et nous dénonçons cela.

(…) Est-ce que votre candidat Guikahué pourra s’en sortir ? Compte tenu de son appartenance ethnique et puis, il n’a pas assez d’argent.

Merci pour la reconnaissance envers les mérites de mon candidat. Quand tu le dis, je ferme les yeux et je me revois dans les années 2004. Une marche avortée, il y a eu des morts. Je me revois même en 2002, la crise de 2002 et la reprise de la zone CNO (Ndlr : zone Centre-Nord-Ouest). On a dû faire des missions pour pouvoir récupérer nos Comités, nos Sections et tout ça. On était là, Guikahué était là. Merci pour cet hommage, parce que malheureusement, la reconnaissance qui est une vertu est importante. Depuis quelques semaines, tend à être oubliée par certains qui comment à se comporter comme des gens qui ont des mémoires sélectives. Hélas, Dieu merci, il y a encore des gens pour reconnaitre, la valeur, le travail fait pour nous conduire, là où, nous sommes. Ne vous inquiétez pas, moi qui vous parle, je suis Baoulé. Je viens d’Attiégouakro (Yamoussoukro). Je suis député depuis 2016 de cette circonscription et je suis avec Maurice Kakou Guikahué. Son directeur de campagne, s’appelle Adi Kouamé Isaac. Il est Baoulé. Il est le député-maire de Prikro. Pour vous dire que pour, ce n’est plus un argument qu’il faut mettre en avant. La Côte d’Ivoire, elle est belle quand elle permet à toutes les ethnies de vivre ensemble. Et nous, nous sommes pour cette façon de voir. Donc, il ne faut pas croire que c’est parce qu’il n’est pas Baoulé, qu’il n’a pas le droit, au contraire. Sur la question de l’argent, j’ai dit qu’on ne va continuer à avoir un parti qui va compter sur une seule personne. Des gens vous disaient : pourquoi, c’est toujours le président Bédié qu’on choisissait ? Mais c’est lui qui donnait l’argent. Quand il y a des difficultés, c’est lui qui sortait l’argent, quand il y a besoin de faire quelque chose, c’est lui qui donnait l’argent. On ne peut plus continuer comme ça. On a de l’expérience. On a déjà vécu cela, à quoi est-ce que ça nous limite. Donc, on a envie de construire un nouveau parti, un parti qui va conduire les générations nouvelles au centenaire en 2046. Mais, en travaillant sur tous les éléments qui peuvent permettre son autonomie pour ne pas qu’il soit lié à la poche d’un individu, pour ne pas qu’il soit lié directement au pouvoir.  Donc, l’argument qui tend à dire que Guikahué n’a pas d’argent, ça ne compte pas. D’ailleurs, moi à la JPDCI, on m’a appris que l’action politique génère les moyens de son propre financement. Moi qui vous parle, je n’avais pas d’argent. Mais si je voulais compter sur l’argent, je n’aurais jamais été élu. J’ai même eu des adversaires à ma deuxième élection qui avait vingt fois, trente fois, ce que j’avais, mais je les ai battus. Donc, pour nous l’argent ne peut pas être un frein.

Dans des élections, il y a des tandems avec des cas ou tel candidat rejoint tel autre. Est-ce qu’on doit s’attendre à pareil cas ? Guikahué-Bendjo, Guikahué-Thiam ?

Mon candidat, je vous l’ai dit, totalise 32 années de présence sans discontinuité au Bureau politique. C’est-à-dire quoi ? A chaque Congrès qu’on fait, quand on renouvelle la liste des membres du Bureau politique, depuis 1991, Maurice Kakou Guikahué est sur la liste. Ce n’est pas tout le monde qui se retrouve là-dessus. Voilà ! Parce que tu peux être sur la liste aujourd’hui et demain, ne pas te retrouver sur la liste. Retenez ceci : toutes les décisions de nomination de membres du Bureau politique, comporte généralement trois articles. Article 1 : les personnes dont les noms suivent sont nommées membres du Bureau politique du PDCI-RDA. Ce sont : 1-Henri Konan Bédié, 2- soit Maurice Kakou Guikahué ou Fologo ou quelqu’un d’autre, ainsi de suite. Article 2 : cette décision qui abroge toute décision antérieure sera mise en application par le Secrétaire exécutif. Et l’article 3, ce sont les questions d’affichage et autres. Donc, à chaque fois qu’il y a eu une liste de Bureau politique, elle a annulé la liste du Bureau politique précédente. Si vous prenez la dernière décision de nomination au Bureau politique, vous verrez qu’elle a annulé les autres décisions de nomination au Bureau politique. Donc, si quelqu’un se retrouvait anciennement Bureau politique et cette décision qui est sortie le 5 Mai, il n’est plus, alors, il n’est plus membre du Bureau politique. C’est clair. Donc, nous, qui totalisons autant d’années, dans la maison, témoins de toute l’histoire récente de ces trois décennies du PDCI-RDA. Président de MEECI, Secrétaire national adjoint chargé de la mobilisation, Secrétaire national chargé de la mobilisation, Secrétaire général adjoint chargé de l’organisation et de la mobilisation, plus tard, Secrétaire exécutif en Chef et puis vice-président. Quand on a eu parcours-là, on, ne peut pas dire qu’on n’est pas imprégné des valeurs qui ont fait la grandeur de la maison. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on parle d’un parti résilient. Si éventuellement, des candidats veulent qu’il y ait un attelage, mon candidat reste ouvert. Ça ne nous dérange point. Mais pour nous aujourd’hui, en l’état actuel de la situation, il faut un président qui s’attèle à construire le parti, à l’organiser, à le mobiliser pour le mettre à la disposition de celui qu’on va choisir pour être le candidat. Donc, dans l’attelage, pour nous, il peut avoir un président de parti qui travaille en confiance, comme il a dit Pr Guikahué, dans sa déclaration de candidature, avec le candidat du parti. C’est la seule condition pour que nous puissions gagner les élections de 2025. Donc, cher frère, on n’a aucun problème avec l’attelage. D’ailleurs, moi quand j’ai été reçu par le Pr Guikahué, il me l’a exprimé clairement. Il a dit je me consacre à tel point et pour le reste, je reste disponible.

Si on décidait de mettre de côté les textes pour réaliser le consensus. Seriez-vous d’accord  pour le candidat pour Tidjane Thiam ?

 Si on mettait les textes de côté, je voudrais être candidat du PDCI-RDA, parce que j’ai fait mon parcours de militant. Si on décide de ne pas appliquer les textes, on tombera dans l’anarchie. Le 1er août quand il a plus à Dieu, de rappeler à lui, notre chef, le président Bédié, ma première réaction, c’était d’appeler le Secrétaire exécutif en Chef pour lui demander : qu’est-ce qu’on fait ? Vous êtes loin du pays, qu’est-ce qu’on fait ? Parce que tout le monde redoutait l’implosion du parti, parce que c’est plusieurs générations qui sont présentes. Et c’est lui de nous dire : j’ai activé mon intérimaire qui se trouve être monsieur Kouamé Kra. Pour qu’il aille voir monsieur Cowppli, le doyen d’âge des vice-présidents pour qu’il accepte le principe de devenir le président par intérim. Les doyens d’âge qui sont vice-président, vous êtes d’accord avec moi qu’il y en a qui ont vingt ans sur la scène politique ici. Mais, le doyen Cowppli, vous l’avez entendu quelque part, vous l’avez vu auparavant ? Vous le connaissiez ? Mais ce sont les textes qui permettent à des gens qui sont plus actifs d’accepter que quelqu’un d’autre soit président par intérim à leur place. Donc, n’allons même pas espérer qu’on mette les textes de côté. Moi, je suis pointilleux sur la vie, la marche de l’espace où j’évolue. La marche du PDCI m’intéresse. J’ai été dans la Commission de désignation des candidats du PDCI-RDA pour les élections municipales et régionales. C’est-à-dire des citoyens, des militants qui sont venus solliciter le parrainage du PDCI-RDA. Mais le parti leur a demandé concernant leur militantisme, le début, la date précise de leur début, le payement de leurs cotisations statutaires, le payement des cotisations ponctuelles, l’assistance aux militants, la participation aux réunions et meetings, la participation aux Congrès du parti : rôle joué ou action menée. Le rôle joué dans l’élection de 2020. On leur a demandé leur grade, leur ancienneté dans le parti, leur fonction actuelle. Autant d’exigences sur leur militantisme pour un militant qui a envie d’avoir le parrainage du PDCI-RDA. Or le parrainage lui-même est signé par le président du parti. Si on est si exigent  à celui qui doit aller compétir pour une mairie, qu’en sera-t-il pour le président qui va signer le parrainage. Doit-on être moins exigent pour celui qui va signer les parrainages pour des gens devant qui nous sommes très exigeants ? Vous savez  que ce sont les conditions fixées ici qui font qu’aujourd’hui, il y a eu beaucoup de problèmes. On a sanctionné certains militants. Donc, nous nous restons attachés aux textes. A défaut, on reste dans notre vécu, dans les usages.il y a une façon de faire les choses dans le parti. Donc, il sera difficile cher frère de mettre les textes de côté.

Un document qui répond au président intérimaire à propos de la mise en congé des candidats, signé du directeur de campagne du candidat Guikahué, circule sur la toile. Ce document est-il authentique ?

Le document qui circule, si on ne l’a pas signé, c’est que ce n’est pas un document authentique.

Le staff de Guikahué demande l’application stricte des textes. Des gens voient en cela une probable opposition à la candidature de Tidjane Thiam, qui ne remplirait pas les conditions de 10 de présence au Bureau politique. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Je préfère laisser le soin au Comité électoral. Mais ce que je sais, c’est que quand on va à une compétition électorale, il y a des étapes. Moi, j’ai fait deux élections pour moi-même et puis j’ai participé aux élections des autres. Quand tu vas aux élections, il y a premier élément : l’ouverture de la campagne. Mais avant, on fait affichage de la liste électorale, cette affichage ouvre le contentieux de la liste électorale. Ensuite, on fait affichage de la liste des candidats. Cela ouvre le contentieux relatif aux candidatures. Et on, arrive à la proclamation des résultats, qui, ouvre le contentieux relatif aux résultats. Pour nous, le Comité électoral doit faire son travail et nous savons que ce Comité va être plus exigent que les gens ne le pensent. La première qualité c’est de demander d’abord à ceux qui veulent compétir d’être des militants.  Et du militant, l’article 8 des statuts du PDCI  dit : « Chaque militant doit participer aux activités du parti à l’échelon des Comité de village et de quartier ». Ils n’ont pas dit peut. On dit doit participer.  Et puis l’article 9, dit : « Les militants sont tenus de s’acquitter régulièrement de leurs cotisations annuelles ». Petit apprenant de Droit, je me suis demandé, être tenu-là, ça veut dire quoi ? On s’est rendu compte que, ça veut dire qu’ils sont légalement et moralement obligés de s’acquitter de leurs cotisations annuelle. Donc, ça veut dire que si tu es militant comme moi, pendant 25 ans, j’ai cotisé depuis 500 f. même si ce n’est pas beaucoup. Ceux qui sont au Bureau politique, depuis 30 ans, ils ont payé les montants qu’il faut payer jusqu’ à maintenant. Et comme on se connait entre  nous, on ne peut pas venir fabriquer une histoire pour nous la donner ici. On était là, les listes de présence au BP, quand le président signe, on publie dans le Nouveau Réveil, depuis 2002. Permettez que je n’en dise pas plus.

Au-delà de tout ce que vous venez de dire, pensez-vous que le président du parti a un parti pris pour un candidat que le vôtre ?

Tout à l’heure, j’ai dit que si le président du parti arrive à ce niveau, il nous promet de se comporter en bon chef de famille. Mais, il se trouve qu’il demande à certains candidats de l’aider en se mettant en congé, curieusement, il a nommé, hier (samedi dernier), un de nos ainés qui s’appelle Niamien N’goran au Comité des finances du 8è Congrès. Je me souviens que la presse a mis en ligne une déclaration de soutien de mon ainé vice-président, Niamien N’goran, au candidat Tidjane Thiam. Comment se fait-il que Niamien N’goran qui fait une déclaration de soutien à Tidjane Thiam, peut être nommé au Comité des finances du 8 Congrès. Et puis, en même temps, on va demander au Secrétaire exécutif en chef qui bénéficie de l’alinéa 2 de l’article 43 de se mettre en Congé. Donc, c’est un parti pris clair. Mais comme je suppose qu’il nous a annoncé qu’il se comporterait en bon père de famille, je comprends que son environnement doit être composé de personnes qui veulent l’influencer. C’est le lieu de se ressaisir. Et de faire en sorte que devant l’histoire, on reconnaisse qu’il a aidé le PDCI-RDA. Donc, pour nous, il y a des gens qui ont un parti pris clair. Si tu nommes ce genre de personne alors que nous sommes des milliers au PDCI-RDA, c’est qu’il y a un problème. 

Quel sont les pouvoirs du président par intérim ?

Un président par intérim ne jure que par la légalité, il n’a pas de légitimité. C’est le texte qui lui confère un pouvoir et le texte limite. Mais en ce qui concerne, à présidence de la République, la plus haute des fonctions, le président par intérim, il y a un certain nombre de choses qu’il ne peut pas faire. Il ne peut pas enlever le Premier ministre. C’est écrit dans la Constitution. Donc, le président par intérim, ne peut pas avoir les prérogatives du président. Il gère les affaires courantes jusqu’ à ce que le nouveau président soit élu.

Les décisions quand on les prend, elles doivent respecter les principes démocratiques. Les principes de la démocratie, c’est l’égalité des chances, légalité d’obligation. Il ne faut pas prendre des décisions qui pèsent sur un. Parce que à supposer que le Secrétariat exécutif décide de se mettre en congé et puis, il arrive un incident ou un événement qui rend impossible ou difficile la tenue du Congrès, que se passera-t-il ? Il est candidat, donc, il continue d’être en congé. C’est ça ? Ça ressemble bien à quelque chose qu’on a envie de nous faire or nous, on est vigilant. C’est pourquoi, il faut se conformer aux textes. Ce que les textes ne te permettent pas de faire, ne le fais pas. D’ailleurs, j’ai cité tous les organes qu’il a mis en place, le Secrétaire exécutif, n’y figure pas. Il ne tient même plus de secrétariat, alors qu’il en faisait chaque deux semaine. Le dernier remonte au 5 novembre 2023. C’est à peine s’il met les pieds au siège du parti. Il y a de grands militants qu’on a perdus. Qui serait allé faire l’oraison funèbre de Lambert Kouassi Konan si le Secrétaire exécutif n’était pas là? On a même des candidats qui sont en train de compétir en ce moment à Tiassalé, à Oumé ou en d’autres points du territoire. Donc, il ne faut pas laisser les gens mélanger tout cela. Ça va créer des problèmes utilement.  

Qu’est-ce qui vous fait dire que le président par intérim est manipulé par des intrigants. Ces intrigants sont-ils internes au PDCI ? Qui sont-ils ?

Tous ceux qui encouragent le président à prendre les décisions qu’il ne doit pas prendre, ce sont des intrigants, c’est comme ça qu’on les appelle. Ils sont dans des intrigues. Et dans quelques jiours, vous allez les découvrir parce qu’ils ont des partis pris. On ne peut pas dire publiquement, je soutien tel candidat et puis accepter d’être dans le jeu.

Lors d’une rencontre, il ressort que le président intérimaire a demandé un consensus. C’était en faveur de qui ?

Pour quelqu’un qui connait le PDCI-RDA, il doit savoir qu’il y a des principes, des usages, nos habitudes, nos philosophies. Quand on décide au PDCI de faire un consensus, vous voyez la fiche de choix des candidats que je tiens, le Comité électoral va avoir sa fiche comme ça. Quand on décide de faire un choix, on demande aux militants, quel est ton grade actuel. Selon vous pourquoi ? Mais c’est pour vous classer. Toi, tu es président de Comité de base, moi je suis membre du BP. C’est d’abord moi. Dans ce qui est en train de se faire, il y a 4 vice-présidents. Et 1 membre du Bureau politique. Les vice-présidents sont au-dessus des membres du BP. Donc s’il doit avoir consensus, c’est entre les 4 vice-présidents. Maintenant quand on prend les 4 vice-présidents, on prend les CV politiques des 4 vice-présidents. J’avoue que le Comité qui va trancher en termes de consensus, tombera amoureux du CV politique de mon candidat. Il sera fan, comme on dit dans le jargon populaire. Donc, il est clair que le consensus  s’il doit y avoir doit se faire entre les vice-présidents, c’est dans nos usages. On a l’habitude de faire ces choses. C’est parce que des gens veulent envoyer d’autres façons de faire qu’ils font comme s’il y a des difficultés, sinon, il n’y a aucune difficulté. Et puis entre nous, si on est sérieux, on doit commencer à dire qu’on fait le consensus autour de Guikahué, parce qu’on le veuille ou pas, il était no 2 du parti. Le président du Comité électoral, le jour où il a reçu la candidature du Pr Guikahué, il nous a dit ceci : si les présidents Houphouët et Bédié ont incarné le PDCI-RDA, Guikahué a porté le PDCI-RDA. Ça veut dire, tout président de Commission qu’il est, il sait l’implication, l’apport qualitatif du Pr Guikahué, dans ces 20 dernières années. Il faut reconnaitre à César ce qui est à César. Donc, le consensus, ne peut se faire autour de celui qui est le plus titré et qui a le CV politique le plus riche. Mais au moment où je parle, le CV le plus riche parmi les 4 vice-présidents, c’est le CV politique de Maurice Kakou Guikahué.

Les partisans de Thiam affirment qu’il a vingt-cinq ans de Bureau politique, que leur répondez-vous ?

Moi, j’aime faire des recherches. Je vous ai dit que les listes de BP sont publiées par le Nouveau Réveil qui est support qui nous accompagné depuis 1999.  Si on retrouve les dates, vous verrez ceux qui sont sur ces listes. N’empêche que nous, on a les décisions de nominations. Donc, on connait le nom de tous ceux qui sont sur les listes du Bureau politique depuis 2002. On a pour 2002. On a la liste même de la Convention de 2005. On a fait une Convention parce qu’on a pensé en 2005 qu’il allait avoir élection. On avait choisi le président Bédié. On a liste publiée par Le Nouveau Réveil. On a ensuite une décision, après le Congrès de 2013, qui a permis de nommer les membres du BP et on a liste de 2018, après la période de séparation d’avec le RHDP et le 6è Congrès extraordinaire. Et puis, on a la dernière décision du 6 mai 2023. Les noms sont disposés par ordre alphabétiques, rapidement tu sauras qui est dessus, depuis 10 ans, depuis 5 ans. Mais au-delà de cela, un militant, c’est quelqu’un qui est tenu de payer régulièrement ses cotisations annuelles.  Ça, il faut le retenir. Donc, si quelqu’un n’a pas payé ses cotisations annuelle, il doit être convaincu que la Commission électorale va repérer cela et va attirer son attention sur ce fait. J’ai entendu quelqu’un dire un jour, que : aujourd’hui tout est informatisé. Chacun va présenter ses stickers et puis on va voir. On va compter le nombre de stickers. Ça aussi, j’estime qu’il y a un parti pris, parce que  je ne crois pas que le nombre de stickers puisse permettre de justifier le temps passé par un individu au BP. Pour preuve, j’ai deux cartes de BP ici. La première compte 5 stickers. Ça commence en 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018. Et puis, j’ai une deuxième carte du BP qui commence en 2019. Il n’y avait pas de sticker, donc, ils ont imprimé directement sur toutes les cartes, ce ne sont pas les miennes seulement. Donc, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023. Si on compte le nombre de stickers, ça fait 10. Théoriquement, ça voudrait dire que j’ai 10 ans de présence au Bureau politique. Mais ce n’est pas vrai. Ceux qui sont dans le parti qui ont été nommés en même temps que moi en 2016 et on a pris fonction en 2017, si vous prenez toutes leurs cartes de militants, vous verrez qu’ils ont les stickers de 2014.  C’est comme ça dans le parti. Ça ne veut pas dire qu’il y a une décision de 2014 sur laquelle ils figurent. Ce qui compte, ce sont les décisions qui ont été prises et sur lesquelles vous devez figurer, ce n’est pas le nombre de stickers.  Donc, si quelqu’un vous dit ça, elle vous trompe. Moi qui parle, j’ai 7 années de présence au BP. je ne peux pas prétendre être candidat à la présidence du parti aujourd’hui, ni candidat à la Convention. Qu’on ne nous blague pas. Nous sommes des contemporains, on se connait, on vit dans la même maison depuis 99 jusqu’ à aujourd’hui. On a tout suivi et on suit minutieusement ce qui se passe dedans. Si on doit tenir compte de ce que quelqu’un vient payer pour déterminer son temps de présence au BP, j’ai un de mes ainés qui lui deviendrait membre fondateur. Parce qu’il est rentré au BP dans les années 2012, 2013 par là. Donc, allons sereinement, regardons ensemble. Nous sommes une famille, on a des règles et puis on a des principes de vie. Ce sont les usages. Faisons en sorte que nous tous, on travaille ensemble pour préparer les élections présidentielles de 2025 dans la sérénité.

Pourquoi selon vous, les militants ne comprennent pas la décision de Guikahué qui dit qu’il n’est pas candidat en 2025 à la présidentielle. Au point où certains demandent qu’il signe un document officiel avant de croire en l’engagement qu’il a pris ?

Moi, je sais qu’il y a une affaire de Guébié qui n’est pas bien traitée. Mais, je sais aussi que Guikahué est aussi fils Guébié. Et puis dans l’affaire de Guébié on cite parfois le président Houphouët-Boigny. Mais le président Houphouët-Boigny a choisi lui d’avoir pour médecin, un fils Guébié. Il a fait confiance à Maurice Kakou Guikahué. Et puis, c’est nous qui allons dire aujourd’hui, il faut qu’il signe un papier. Je pense que son parcours de militant est suffisamment éloquent pour comprendre que c’est un homme  de conviction. Il s’est battu ici avec le président Bédié en 2018. Vous vous souvenez, c’est avant-hier. Des militants sont partis ailleurs pour être ministres, Premier ministre, vice-président. Guikahué est resté à côté du président Bédié. On a passé tout ce temps ensemble. En 2020, le président Bédié à la tête de l’opposition ivoirienne a lancé un mouvement. Des gens sont venus chez lui pour tenter de l’arrêter, ceux qu’on a trouvés chez Bédié, Guikahué faisait partie. Il a été pris, alors qu’il pouvait être ailleurs. Il a choisi d’être chez Bédié, alors q’ à cette période tout pouvait arriver. Mais comme il nous a dit, Houphouët-Boigny lui a dit je vous laisse le PDCI et Bédié. Donc, il avait l’obligation morale, le devoir d’être aux côtés d’Henri Konan Bédié, vaille que vaille. Et il l’a fait jusqu’au dernier jour. Donc, moi, j’ai confiance en lui. Il m’a dit qu’il n’ira pas à la Convention, je m’en tiens à cela.

Propos recueillis par Sercom MKG

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