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Maurice Kakou Guikahué, SE du PDCI: «Je suis un candidat potentiel… je suis un prisonnier des textes… Décision de Billon et Tanoh, ce que j’en pense»

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Les Secrétaires exécutifs du PDCI6RDA étaient en réunion, hier mardi 7 novembre. A l’issue de cette 211è session du Secrétariat exécutif, qui a eu lieu au siège du PDCI-RDA à Cocody, Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif en chef, a fait le point aux médias.

Vous venez de présider la 211è réunion du Secrétariat exécutif, quels sont les sujets qui ont été débattus ?

Comme habituellement, nous avons fait une réunion du secrétariat exécutif, après la réunion du Bureau politique qui a fixé la date du 8è Congrès extraordinaire au 16 décembre prochain. C’était tout à fait normal que nous parlions de l’organisation pratique de ce Congrès. Un Comité ad hoc a été mis en place pour la supervision du Congrès, un Comité d’organisation pratique va être mis en place très bientôt. Mais ne vont au Congrès, que les congressistes. Et la composition du Congrès est connue. Ce sont les membres du Bureau politique, du Comité des sages, les secrétaires généraux de section et les quotas des présidents des jeunes (ndlr : Jpdci urbaine, rurale et estudiantine) et des femmes (ndlr : Ufpdci urbaine et rurale) qui ont été décidés par le Bureau politique, à jour de leurs cotisations.

Mais il faut établir la liste de ceux qui sont à jour, c’est-à-dire les congressistes potentiels. Tout secrétaire de section, tout membre du Bureau politique, tout membre du Comité des sages est un congressiste potentiel et quand il est à jour de ses cotisations, il devient un congressiste effectif. Mais il faut que le Secrétariat, comme c’est prévu par nos textes, sorte la liste de toutes ces personnes. C’est-à-dire qu’on doit avoir la liste du Bureau politique authentifiée, la liste du Comité des sages, des Secrétaires de section, authentifiée. Il se trouve que ces derniers temps, il y a eu beaucoup de changements. Il y a des secrétaires qui ont migré vers d’autres partis politiques, il y a des secrétaires qui sont décédés, il y a des secrétaires qui se sont retrouvés sur des listes électorales et donc tout ça, il faut faire le point.

Donc, le secrétariat a longuement discuté et on a mis en place un Comité ad hoc d’harmonisation des listes, parce que certains secrétaires nous appellent pour nous dire que des délégués les enlèvent et mettent d’autres secrétaires, or normalement, dans nos habitudes et selon les textes, les comités de base, sont mis en place par les délégués et c’est l’ensemble des comités de base qui élit les secrétaires de section. Et les secrétaires de section qu’ils soient élus ou qu’ils soient placés, c’est à une dérogation du Bureau politique. Donc, pour enlever un secrétaire de section, il faut que le Bureau politique puisse opiner. C’est écrit dans nos statuts que c’est le secrétariat exécutif qui contrôle la gestion et l’animation. Donc si un délégué veut enlever un secrétaire de section, il faut qu’il fasse rapport avec l’avis  et le secrétariat exécutif délibère pour dire si oui ou non, il peut enlever le secrétaire de section.

On a donc créé un Comité pour mettre tout cela en ordre, pour authentifier afin d’éviter que les choses aillent dans tous les sens, que chacun vienne revendiquer le titre, alors qu’il ne l’a plus. Ce Comité ad hoc est présidé par le secrétaire exécutif Véi Bernard qui est le secrétaire exécutif chargé des structures. Ce Comité comprend différents secrétaires exécutifs dont les deux pivots qui sont les secrétaires exécutifs chargés des délégations départementales, communales et des sections et le secrétaire exécutif chargé des délégations générales (ndlr : les délégations à l’étranger). Nous avons donné un délai de dix jours à ce Comité pour authentifier la liste que nous allons donner au président du parti et dès qu’il va la valider, elle devient la liste des congressistes potentiels. Et c’est parmi eux maintenant qu’on va retenir les congressistes, ceux qui seront à jour de leurs cotisations.

Des revendications seront-elles possibles après la publication de la liste ?

Oui. La méthode choisie, c’est délégation par délégation. Comme c’est la délégation de Gagnoa que je connais, je la prends comme exemple. Gagnoa commune : on regarde dans notre base de données et on regarde la réalité sur le terrain. C’est conforme, ça ne pose pas de problème. On prend par exemple la délégation de Gagnoa 1 et on se rend compte qu’il y a une discordance entre ce qui est et ce qui est sur le terrain. Parce qu’il faut savoir que nous avons la liste de tous les secrétaires de section installés.  Nous avons une base de données. Et on va la confronter à la réalité du terrain. Et c’est là où il y a des difficultés qu’on arbitre, quand il n’y a pas de difficulté, on classe.

Si un secrétaire de section n’est plus en poste ?

Si le secrétaire de section est décédé, selon notre organisation, il ne doit pas y avoir de vide. Dans la section, il y a un membre chargé de la trésorerie, le trésorier. Quand le secrétaire de section décède, automatiquement, le trésorier devient secrétaire de section.

Également, s’il est parti dans un autre parti politique ?

Oui, effectivement. Donc, il n’y a pas de vide. Le trésorier assure l’intérim jusqu’à ce qu’on mette en place, un nouveau secrétaire de section.

A combien on évalue les congressistes potentiels ?

Nous avons 2270 membres du Bureau politique, 5600 secrétaires de section, environ 500 membres du Comité des sages, étant entendu qu’il y a des doublons. Il y a des gens qui sont secrétaires de section et membres du Bureau politique. Il y a des secrétaires de section qui sont membres du comité des sages. Donc, si on calcule, c’est à peu près un Congrès de 8500 congressistes potentiels. Maintenant, c’est ceux qui seront à jour de leurs cotisations qui seront congressistes.

Vous avez donné 10 jours au Comité ad hoc. Ce Comité travaille comment en fonction du calendrier du parti ?

Le travail du Comité ad hoc est facile. On a la base de données qui existe. Pour les membres du Bureau politique et du Comité de sages, il n’y a pas de problème, la liste officielle existe.  C’est au niveau des secrétaires de section qu’il peut avoir des décès, des départs. Donc, c’est là qu’il faut vérifier. Il ne peut y avoir de section vide d’autant plus que quand le secrétaire de section n’est plus là, automatiquement, le trésorier de la section devient secrétaire de section.

Avez-vous parlé des comités mises en place par le président Cowppli-Bony en vue de la tenue du Congrès ?

Non, ces comités sont mis en place. Nous, on a pris acte. Les comités vont travailler.

 Votre commentaire, comment jugez-vous ces Comités, les personnes qui y sont cooptées ?

Je suis le secrétaire exécutif de tous les militants, je n’ai pas de commentaires.

A un moment donné, des inquiétudes ont fait surface quant au fait que des personnes manipulaient déjà les listes avec des messages envoyés aux secrétaires de section. En avez-vous parlé au cours de la réunion ?

Justement, le secrétariat exécutif a longuement échangé sur ça et des mesures internes au parti ont été prises. C’est de la gestion administrative pure, on n’a pas besoin de porter cela sur la place publique. Mais nous avons pris des mesures internes.

Est-ce que vous êtes candidat au prochain Congrès ?

Je vous convoquerai pour vous dire.

Il est dit que vous êtes candidat et des gens estiment qu’étant candidat, vous ne devriez plus présider le secrétariat exécutif ?

Ce sont des gens politiquement formés ou bien…

Ce sont des choses qu’on entend souvent par-ci par-là…

Je sais que ça se dit, mais c’est parce que les gens ne savent pas. Chaque fois qu’on allait au Congrès, le président Bédié (paix à son âme) a été notre candidat. Est-ce qu’il a démissionné un jour ? Si le président du parti m’avait confié l’organisation du Congrès, là ce n’est pas normal. Parce que là, en tant que Secrétaire exécutif de droit, je dois organiser le Congrès. Quand vous avez vu toutes les listes, mon nom n’est nulle part. Parce que je suis un candidat potentiel. Je peux renoncer à tout moment mais pour l’instant, je suis un candidat potentiel, donc mon nom ne se retrouve sur aucune liste. Ça a dû vous faire bizarre parce que je ne suis pas au Comité de supervision, ni dans le Comité de conciliation encore moins dans le Comité électoral. Donc, j’avais dit que je ne dois pas être impliqué dans l’organisation du Congrès. A part cela, je reste secrétaire exécutif jusqu’à ce que le prochain président soit élu et quand il va choisir son secrétaire exécutif, je viens faire la passation.

Deux potentiels candidats se sont retirés, les ministres Billon et Thierry Tanoh. Comment appréciez-vous les arguments qu’ils ont avancés, à savoir qu’ils reconnaissent n’avoir pas 10 ans passés au Bureau politique ? 

Ils ont leurs arguments, ils ont dit qu’il faut appliquer les textes. Ils ont jugé. Et puis, pour l’instant, on ne peut pas dire qu’ils ne se sont pas retirés parce qu’on n’a pas encore fait appel à candidature. Quand on va faire appel à candidature avec le délai de dépôt et que le délai limite sera clos, là, vous allez savoir qui est candidat et qui ne l’est pas. Pour l’instant, tout est supputation.

Justement, l’application des textes, avez-vous un mot à dire là-dessus ?

Quand vous prenez les textes et que vous les lisez, on n’a pas besoin de les commenter.

Vous pensez remplir les conditions si vous deveniez candidat effectif ?

C’est le Comité électoral qui va le dire. Mais je pense que si je suis au secrétariat exécutif, que je suis le chef du secrétariat, je peux remplir les conditions. Parce que pour être membre du secrétariat exécutif, il faut être ivoirien. Je ne parle pas du président du parti. Je parle des secrétaires exécutifs. Il faut être Ivoirien, jouir de ses droits civiques et politiques, avoir passé 5 ans au Bureau politique. Et je suis chef du secrétariat exécutif. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ça fait au moins 5 ans que j’ai mes droits civiques et je suis Ivoirien. Ça c’est le soubassement, et peut-être quand on va ajouter ce qu’on ajoute pour le président, peut-être que je vais remplir les critères.

Vous êtes pour le respect strict des textes ?

Mais pourquoi vous pouvez demander ça à un gestionnaire d’une structure ? Si on ne respecte plus les textes, où on va ? Vous savez comment les textes ont été importants pour le PDCI. Ça a sauvé le PDCI. J’échangeais récemment avec un membre influent d’un parti politique de l’opposition. Et il me disait : mais le PDCI, vous êtes un parti solide. Parce qu’un président de la trempe du président Bédié s’en est allé et puis, la même nuit tout s’est passé normalement. Pourquoi ? C’est parce qu’on a appliqué les textes. Si on voulait se réunir pour réfléchir, ça allait déstabiliser le parti. Donc, si on a appliqué les textes et que ça n’a pas déstabilisé le parti, pourquoi on ne continue pas l’application des textes ? C’est aussi simple que ça, parce que c’est ça qui stabilise le parti. Parce que les militants du PDCI sont attachés aux textes. Vous savez que moi, j’ai fait de la prison à cause des textes. Il y avait une divergence sur les textes : troisième mandat légal ou pas légal, c’est ça qui m’a emmené en prison, non ? Je ne peux pas aller en prison pour des textes et puis être laxiste sur les textes. Moi, je suis un prisonnier des textes

Que dites-vous à propos du consensus que certains appellent de tous les vœux ?

Le consensus est une très bonne chose. Mais, on a dit que pour les élections d’Etat, ce sont les primaires, sauf s’il y a consensus. Et puis, le président Bédié nous a appris à faire des élections. Lui-même, il était candidat avec des membres de son bureau, voire de son secrétariat même.  On a vu ça. Il nous a donc donné une éducation électorale. C’était une manière de nous dire : je suis dans la transition. Le temps d’Houphouët-Boigny et moi-même ? Mais plus tard, vous allez être confrontés aux élections. Vous savez de 1960 jusqu’en 1980, il n’y avait pas d’élections dans le parti unique, on nommait les maires, les députés, etc. Et puis, un matin, le président Houphouët-Boigny instaure la démocratie et annonce la démocratie à l’ivoirienne dans un parti unique avec des candidatures multiples. On l’a fait en 1980, en 1985. Peut-être qu’il avait vu plus loin. C’est ce qui nous a sauvés avec le retour au multipartisme. Mais si on nommait les gens et qu’on arrivait en 1990 et brutalement, il y avait le multipartisme, ça allait être un désastre pour le PDCI. Donc, le président Houphouët-Boigny, nous a appris à faire la compétition. Et le président Bédié, nous a appris également à faire la compétition à la présidence du parti. Donc, les gens ne devraient pas s’en offusquer. Ça fait partie de la modernisation du parti.

Croyez-vous au consensus ?

Oui, le consensus est une très bonne chose. Mais si la personne veut être candidate, elle est candidate et puis, on va aux élections. Et puis celui qui gagne a gagné et le parti continue.

 Le candidat Noel Akossi Bendjo disait que tous les autres devront se mettre à la disposition de celui qui gagne ?

Non, il faut laisser la liberté au président élu de choisir son équipe. Mais dans une famille, ce n’est pas parce que quelqu’un a été candidat qu’il n’est plus militant du PDCI. C’est ce qu’il veut dire.

On a entendu dire que vous serez candidat au Congrès mais pas pour la présidentielle de 2025 ?

Quand je vais vous appelez pour déclarer ma candidature, je vais vous le dire.

Il y a beaucoup de choses qui se disent, qu’avez-vous à dire aux militants pour qu’ils soient sereins à l’occasion de ce Congrès ?

Je voudrais dire aux militants de rester sereins, parce que le PDCI-RDA est un grand parti politique. Le professeur Kipré Pierre, à la clôture du 9è Congrès en 1990, à Yamoussoukro a dit que le PDCI-RDA, c’est un parti qui a des ressorts insoupçonnés. C’est la même chose. Nous avons perdu notre président, nous avons appliqué les textes. Tout s’est passé normalement et le parti continue tout en pleurant notre président. Il faut que nous restions dans cette dynamique. Ce qui nous a fait faire la stabilité, il faut qu’on continue. Nous sommes dans une famille, nous devons nous faire confiance réciproquement. Si vous êtes dans une famille, que vous ne vous faites pas confiance, il n’y a plus de famille. Donc que les militants restent sereins. Des fois, il y a des commentaires sur les réseaux sociaux. Parfois des gens font des commentaires et ils ne maîtrisent pas les textes. Parfois aussi, ils ne sont même pas congressistes. Et ça va dans tous les sens, mais, il faut qu’ils soient à l’écoute de la direction du parti. Je peux dire que le parti est bien tenu par le président intérimaire, le secrétariat exécutif est en place.  Que les militants nous fassent confiance, le Congrès va se tenir. Les militants éliront le candidat qu’ils souhaitent. Si c’est un candidat de consensus, tant mieux. S’il y a plusieurs candidats, on choisira le meilleur et puis, le lendemain, la vie du PDCI-RDA continuera.

Propos recueillis par GRO et DS

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