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Élections à la FIF : «C’est la victoire du soupçon de culpabilité sur la limpidité de l’innocence», selon Jean-Yves ESSO

Avant tout propos, nous tenons à remercier tous les acteurs de cette élection qui nous ont permis de nous ré-intéresser de près à notre football.

Nous remercions tout particulièrement le candidat Didier Drogba pour avoir bien voulu tenter d’associer son image au football ivoirien afin que cette belle petite nation du football africain passe un cap et vienne s’attabler avec les grandes nations de football d’Afrique et du monde.

Permettez-nous donc, à l’entame de notre propos, de lui dire un grand merci pour nous avoir donné du rêve…

Cette élection est bien la preuve que le système mis en place depuis belle lurette a la peau dure et n’a pas été démantelé, les dirigeants préférant s’auto-satisfaire égoïstement au détriment d’une véritable amélioration des conditions de vie et de pratique du sport de leurs athlètes.

Délivrons-nous de nos confusions mentales et de nos carcans de convenance après cette élection, pour dire ce qui est, en toute sincérité et en toute objectivité.

Lorsqu’un Etat se dit neutre dans une situation ayant une parcelle d’injustice, c’est qu’il a choisi le camp de l’inconvenance. Dès lors que nous avons une suspicion de grosses malversations financières dans la gestion de l’argent public au sein d’une association sportive telle que la FIF, l’Etat se doit, en tant que garant de la justice et de la probité, de faire un zoom lumineux par une procédure inquisitoire, diligentée par son Procureur, sur le sujet, afin de protéger tous les candidats à la présidence de ladite association, avant toute élection.

Oui, avant toute échéance électorale… C’est aussi simple que cela. Le candidat Didier a accepté de compétir dans ces conditions, comme le fit jadis l’ex-président Laurent Gbagbo. Mal lui en a pris… même si comparaison n’est pas raison.

Force est de constater que ce pays se méfie vraiment de ses icônes, préférant ceux qui se plaisent à donner dans l’opacité comme par exemple cette explication, donnée sans sourciller par les acteurs incriminés, selon laquelle toutes les preuves de la gestion des 4 milliards se seraient noyées dans les eaux troubles de la capitale lors d’une inondation.

Suprême infamie. Fouterie notoire, que dis-je, gouaillerie monumentale…

C’est bien la preuve de la cartellisation de notre institution footballistique. Oui cela donne là l’image d’un cartel où des amis peuvent, s’ils le souhaitent, se servir goulument et sans limite dans la cagnotte de l’argent public à l’image de ce qui semble se faire quotidiennement au sommet de l’Etat.

L’élection à laquelle nous venons d’assister est l’expression de la victoire du camouflage sur la lumière et la clarté. C’est la victoire du soupçon de culpabilité sur la limpidité de l’innocence.

Cette élection a même donné l’occasion à de sinistres paltoquets, supporters déchaînés d’un candidat, de se permettre d’insulter, avec une grossièreté à nulle autre pareille, notre icône nationale, Didier Drogba. Quelle misère morale…

Cette élection a fait perdre tout espoir à nos jeunes générations d’athlètes, qui avaient espéré, l’espace d’un instant, dans leurs projections imaginaires suscitées par la candidature de Didier Drogba, une renaissance de leur football.

Nous terminons notre propos en félicitant, avec la plus grande sincérité, monsieur Yacine Idriss Diallo et toutes ses équipes de campagne pour leur efficacité et pour leur victoire, en espérant que notre football sortira grandi et non rabougri, de cet intermède électoral qui a tant déchaîné les passions.

Nous espérons très sincèrement que le nouveau président élu sera bel et bien blanchi dans cette sordide histoire de détournement de fonds publics et qu’il s’attèlera dès les premières semaines de son mandat à rallumer la flamme de l’espérance auprès des jeunes athlètes.

Il y va de la crédibilité de notre football national.

 JYEE

Abidjan, le dimanche 24 avril 2022