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L’ex-Député de Yopougon, Yohou Dia Houphouët Augustin Armand, vice-président du PDCI-RDA, n’est pas du tout content des militants du PPA-CI, allié du PDCI-RDA dans le Front Commun contre la présidentielle de 2025 et le 4e mandat d'Alassane Ouattara. Il s'est exprimé, samedi 29 août, à son QG de L’Asvegas, à la Sicogi, devant les militants de son parti réunis pour le bilan de la participation du PDCI-RDA aux festivités marquant le 66e anniversaire de l'indépendance. Discours intégral.

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Chère Vice-Présidente et grande sœur, l’Honorable Euphrasie N’Guessan,

Chers Délégués du PDCI-RDA,

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Chers Conseillers Municipaux,

Membres du Bureau Politique, Secrétaires Généraux de section, Présidents de Comité de Base,

Responsables de l’UFPDCI et de la JPDCI,

Chers militants, chères militantes,

C’est avec une profonde gratitude et un respect militant que je prends la parole devant vous aujourd’hui.

Je tiens tout d’abord à saluer chaleureusement notre Vice-Présidente, l’Honorable Euphrasie N’Guessan. Elle est pour moi une grande sœur, une conseillère avisée et un pilier essentiel dans notre engagement quotidien. Je vous demande de l’acclamer très fort.

Je salue également l’ensemble des délégués du PDCI-RDA, car sans votre loyauté et votre sens de l’orientation politique, notre action commune ne saurait porter ses fruits. Mes salutations vont aussi à tous nos conseillers municipaux qui accomplissent un travail remarquable à la mairie, ainsi qu’à l’ensemble des membres du Bureau Politique, aux secrétaires généraux de section, aux présidents de comité de base, aux structures des femmes (UFPDCI), des jeunes (JPDCI) et à vous tous, militants de la base, qui constituez le véritable cœur battant de notre parti.

1. Le succès de la fête de l’indépendance et l’esprit de rassemblementNotre parti, le PDCI-RDA, est le parti fondateur de la Côte d’Ivoire. Nous avons participé activement à l’acquisition de notre indépendance et nous demeurons consubstantiellement liés à la vie de notre Nation.

Sur instructions claires de notre Président, la Vice-Présidente Euphrasie N’Guessan et moi-même avons été investis d’une mission : nous impliquer à 200 % dans l’organisation des festivités de l’indépendance à Yopougon. Notre détermination, seule, aurait été vaine sans votre mobilisation exceptionnelle. Malgré les discours de découragement et les intimidations de toutes sortes, vous êtes sortis massivement. Par votre présence et votre discipline, vous avez démontré avec éclat que le PDCI-RDA est bien vivant, debout et incontournable à Yopougon. Comme le disait le Président Félix Houphouët-Boigny, « un caïman hors de l’eau n’est rien » ; grâce à vous, nous avons réaffirmé toute la force de notre ancrage populaire.Bien que le président du comité d’organisation, le député Adama Bictogo, ait exprimé des remerciements officiels à la mairie — cérémonie à laquelle les délégués et la Vice-Présidente ont représenté notre famille politique pendant que j’étais en déplacement —, il était primordial pour nous de nous réunir ici pour vous adresser nos félicitations et notre reconnaissance directes.

2. Une posture de paix et un engagement inébranlable pour nos prisonniers

Notre décision de participer à ces manifestations a suscité des critiques. Certains se sont interrogés sur l’opportunité d’une telle démarche. Mais le parti qui a fondé ce pays ne peut rester en marge des célébrations nationales sous prétexte de récriminations, aussi légitimes soient-elles. Nous avons fait le choix de la responsabilité et d’une démarche d’apaisement. En politique, poser des actes forts et tendre la main est une exigence pour obtenir des avancées concrètes pour le pays.

« Les actes que nous posons, nous ne les posons pas pour la satisfaction d’intérêts individuels, mais exclusivement pour la Côte d’Ivoire. »

Cependant, que les choses soient d’une clarté absolue : notre quête de dialogue ne signifie en aucun cas l’abandon de nos frères et sœurs détenus. Nos prisonniers politiques ne sont pas des criminels ; ce sont des militants et des citoyens qui auraient pu être chacun d’entre nous. Nous n’avons pas le droit de les oublier. Tout acte institutionnel, politique ou diplomatique susceptible de faciliter leur libération sera posé sans hésitation.

Moi-même, j’ai subi des restrictions liberticides, étant interdit de sortie d’Abidjan pendant 12 mois. Aujourd’hui, ces entraves ont levé un verrou et m’ont permis de voyager en France. Mais cette avancée personnelle ne saurait être une fin en soi : elle doit s’étendre à l’ensemble de nos camarades incarcérés. C’est le sens même de notre combat.

3. Mises au point face aux calomnies et à la désinformationLors de mon récent séjour en France, j’ai accordé une interview empreinte de vérité. En homme de conviction, je ne pratique pas la politique du mensonge ni des faux-semblants. Cette prise de parole a malheureusement poussé certains adversaires politiciens, notamment au sein du PPA-CI, à s’enfermer dans leurs laboratoires d’intrigues pour lancer des attaques ad hominem et des calomnies grotesques.

Je tiens à leur répondre fermement :

Sur mon nom et mon parcours : Les militantes et militants ne me suivent pas pour un nom ou un héritage de façade, mais parce que je suis un homme de conviction et de terrain. Rien ne m’a été donné sur un plateau d’argent. Je me suis battu à la force du poignet pour acquérir ma légitimité, et je ne laisserai personne salir mon honneur.

Sur les accusations de marchandage politique : Des officines ont répandu le mensonge selon lequel j’aurais réclamé 700 millions de francs CFA à M. Michel Gbagbo pour me retirer des municipales, avant d’aller percevoir plus de 800 millions auprès de M. Bictogo. C’est une affabulation insensée. J’ai personnellement interpellé Michel Gbagbo afin qu’il réagisse face à ces calomnies propagées en son nom, ce qu’il n’a pas fait. Je le dis haut et fort : je ne suis pas venu en politique par vénalité ni pour acheter ou vendre des candidatures.

Si le Président Cheick Tidjane Thiam m’a honoré en me nommant Vice-Président du PDCI-RDA et Secrétaire Exécutif en charge de la Mobilisation, c’est en reconnaissance de mes compétences, de mon travail et de ma loyauté, et non à la suite de négociations financières.

Que nos détracteurs le sachent : je suis un homme politique responsable, mais je ne me laisserai pas marcher dessus. Si ces campagnes de diffamation persistent, je serai amené à faire des révélations précises sur les agissements de certains acteurs au sein des cadres d’alliance passés. Mes camarades sortis de prison et élus députés — à l’image des honorables Brédoumy et Innocent — savent exactement quels mécanismes ont été activés, et qui a failli à son devoir vis-à-vis de camarades toujours détenus.

4. Urgence nationale : la lutte contre l’orpaillage clandestinEn tant que républicains, nous devons également nous prononcer sur les drames qui menacent la survie de notre Nation. Le fléau de l’orpaillage clandestin atteint aujourd’hui un niveau de gravité extrême. À Abidjan, la pollution de la lagune Ébrié et la dégradation de nos cours d’eau constituent un désastre écologique et sanitaire majeur.

Certaines usines de traitement d’eau potable sont aujourd’hui contraintes d’arrêter leurs machines en raison de la turbidité extrême de l’eau et de sa contamination par le cyanure et le mercure. Si rien n’est fait, nos concitoyens n’auront bientôt plus accès à l’eau du robinet, créant une crise sociale sans précédent.

Fort de mon expérience dans le secteur minier, j’affirme que la réponse actuelle est insuffisante. On arrête des sous-traitants et des manœuvres, mais le mal doit être attaqué à la tête :

Saisie et destruction publique des équipements : Les orpailleurs clandestins ne possèdent pas les pelleteuses et bulldozers qu’ils utilisent ; ils les louent. Si l’État se contente de confisquer ces engins, la corruption permet trop souvent aux propriétaires de les récupérer. Il faut procéder à la destruction systématique et publique par le feu de tous les engins lourds saisis sur les sites illégaux. Lorsque les loueurs verront des machines de plusieurs centaines de millions brûler à la télévision, ils cesseront immédiatement d’alimenter cette industrie criminelle.

Poursuite des commanditaires et des financiers : Les véritables coupables sont les bailleurs de fonds qui financent ces réseaux destructeurs. Leurs comptes bancaires doivent être gelés, et leurs identités exposées publiquement.Qualification pénale : L’orpaillage clandestin détruit notre environnement et alimente des circuits financiers obscurs parfois liés au terrorisme. Ses auteurs doivent être traités et jugés comme des criminels d’État.5. Feuille de route pour la restructuration et la mobilisation du PDCI-RDAEnfin, chers camarades, la considération dont nous jouissons dépend exclusivement de notre capacité de mobilisation réelle sur le terrain. Le PDCI-RDA n’a pas tenu de congrès ordinaire depuis 2013. Au fil des années, des militants nous ont quittés, des structures se sont fragilisées.

Nous ne pouvons plus nous contenter de listes fictives ou de réseaux virtuels. Pour peser d’un poids décisif dans les échéances futures, nous devons mener un travail de restructuration rigoureux et sincère.

En concertation avec la Vice-Présidente et l’ensemble des délégués, nous arrêtons la feuille de route suivante pour Yopougon :

Chacun de nos 200 Secrétaires Généraux de section doit convoquer sans délai une réunion formelle avec l’intégralité de son personnel politique (Présidents de Comité de Base, bureaux de section, bureau UFPDCI, bureau JPDCI).

Au cours de ces réunions, un audit physique précis des effectifs sera réalisé pour identifier les présences réelles, pourvoir aux vacances et actualiser le fichier militant.

Chaque réunion devra faire l’objet d’un compte rendu officiel transmis directement aux délégués et à la Vice-Présidence.Cette méthode d’organisation terrain partira de Yopougon et servira de modèle pour l’ensemble du territoire national.

Rappelons enfin fermement à nos partenaires comme à nos adversaires : le seul et unique Chef du PDCI-RDA s’appelle le Président Cheick Tidjane Thiam. Ceux qui s’invitent dans les salons pour prétendre parler en notre nom ne représentent plus rien. La base militante est unie et rangée derrière le Président Thiam.

J’appelle également à une mobilisation totale pour la commémoration des 80 ans du PDCI-RDA, à Korhogo, dans le grand Nord, le 12 septembre 2026, afin d’attester de la vitalité et du rayonnement de notre grande famille politique sur toute l’étendue du territoire.

Je vous remercie pour votre attention et votre engagement sans faille.

Yohou Dia Houphouët Augustin Armand

Vice-Président du PDCI-RDA

Secrétaire Exécutif chargé de la Mobilisation

Ancien Député de Yopougon

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