L'ESSENTIEL EN 3 POINTS
- Le PDCI-RDA continue de célébrer ses 80 ans depuis le 9 avril à travers le pays et à l'extérieur. Pendant ce temps, depuis le 4 mai, un courant est né,...
- Sujet d'actualité majeur décrypté par notre rédaction.
- Analyse des retombées et perspectives pour les acteurs concernés.
Le PDCI-RDA continue de célébrer ses 80 ans depuis le 9 avril à travers le pays et à l'extérieur. Pendant ce temps, depuis le 4 mai, un courant est né, porté par Mme Valérie Yapo, ancienne membre du Secrétariat Exécutif du parti et toujours membre du Bureau politique. Nous avons eu un entretien avec cette dame qu'on surnomme aujourd'hui, la dame de fer. Elle se prononce...
Vous avez annoncé un courant au sein du PDCI-RDA, le HDL. Où en est-on aujourd'hui ?
Effectivement, ça fait deux mois que nous avons lancé, depuis le lundi 4 mai 2026, le courant Héritiers pour la démocratie et la légalité (HDL PDCI-RDA). Votre question sous-entend que vous ne nous entendez pas assez pour connaitre de la suite de notre trajectoire. Je voudrais vous en rassurer. En politique, il y a ce qui se fait sur la place publique, et il y a le travail d’architecte pour construire. C’est ce travail souterrain que nous faisons pendant cette période où vous avez l’air de ne pas avoir de nos nouvelles. Le travail continue, mais en souterrain, dans les rencontres directes avec nos frères et sœurs militants et sympathisants du PDCI-RDA. Nous parlons avec beaucoup de personnes, et le moment venu vous aurez les résultats de ces concertations qui continuent. La toile politique se tisse dans le silence, et non dans le bruit. Voulez-vous qu’on déballe tout sur la place publique tandis que des gens n’ont pas intérêt à ce que l’initiative prise puisse prospérer. Souffrez donc que nous observions cette stratégie de l’araignée, mais je vous donne rendez-vous pour très bientôt.
*Que pensez-vous de la célébration des 80 ans du PDCI-RDA, en tant qu’ancienne membre de la direction du parti qui a organisé les 70 ans du Parti en 2016 ?*
On ne peut pas ne pas célébrer les 80 ans du PDCI-RDA, cet âge qui devrait confirmer notre maturité. Mais, hélas, est-ce que ces 80 ans reflètent réellement ce que notre parti est devenu aujourd’hui. Une famille divisée, défigurée, rabougrie, méconnue avec une direction sans boussole. Est-ce un bilan dont nous devons être fiers ? Non, je ne le pense pas. C’est pourquoi, pour moi, cette étape devrait être consacrée au temps de la réflexion. Nous devrions nous asseoir pour faire notre introspective, nous regarder dans notre miroir avec courage et honnêteté, pour corriger nos erreurs et nous remettre en selle, au lieu que quelques-uns se complaisent dans une autosatisfaction dont eux-mêmes, à la vérité, n’y croient guère. Pourquoi se mentir et mentir au peuple? Tout le monde voit aujourd’hui l’impasse dans laquelle se trouve notre parti. Mais, on feint d’ignorer les tristes réalités qui nous maintiennent dans les incertitudes pour prêcher un espoir vain à nos militants. Relevons nos têtes, prenons de la hauteur, et engageons le vrai débat en posant les bonnes questions pour trouver des solutions aux difficultés de notre parti. Les Ivoiriens croient encore en ce parti, mais avec tout ce qui s’y passe, nous ne pourrons jamais les amener à nous suivre. Et ce n’est pas ces quelques tournées qui peinent à convaincre les militants qui vont changer quelque chose à la donne.
Cela fait plus d'un an que votre président Tidjane Thiam est à l'extérieur. Pouvez-vous nous éclairer sur cette absence ?

Franchement, il faut avoir de l’audace pour me poser à moi cette question. Que puis-je savoir des mouvements de celui dont vous parler pour vous donner un avis. Tout ce que je sais, c’est qu’il séjourne hors du pays depuis plus d’un an. Pour quel motif ? C’est à lui qu’il faut poser la question, ou bien à ses hommes qu’il a laissé sur place ici. Je pense que vous les connaissez. Une chose est sûre, le PDCI – RDA ne mérite pas la gouvernance qu’on lui impose aujourd’hui. Le parti de Houphouët-Boigny et de Henri Konan Bédié est aujourd’hui orphelin. Nous pleurons encore nos illustres dirigeants d’hier qui, au lieu de se pavaner sur des stades pour aller faire des selfies et tirer des lauriers des victoires des Eléphants, se tiennent aux côtés des Ivoiriens qui souffrent, partagent leurs douleurs et les soutiennent dans les épreuves. C’est cela le dirigeant du PDCI-RDA. Houphouët-Boigny a dit et je rappelle : « Le capitaine hors de l’eau ne vaut rien, et moi hors du peuple je ne suis rien ». Est-ce ce que fait celui qui tient le PDCI-RDA en otage depuis décembre 2023 ? Je vous laisse apprécier vous-même et tirer votre éclairage.
Entretien réalisé par Gilles Richard OMAEL





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