L'ESSENTIEL EN 3 POINTS
- Le président de l’ONG ADI (Actions for Development Initiative), Traoré Souleymane Muluku revient sur les législatives de 2016 à Agboville...
- Sujet d'actualité majeur décrypté par notre rédaction.
- Analyse des retombées et perspectives pour les acteurs concernés.
Le président de l’ONG ADI (Actions for Development Initiative), Traoré Souleymane Muluku revient sur les législatives de 2016 à Agboville.
Dix ans après sa défaite aux élections législatives de 2016 dans la circonscription électorale d’Agboville commune, région de l’Agnéby-Tiassa, le président de l’ONG ADI et ancien cadre à la SFI (Société Financière Internationale) de la Banque mondiale, affirme ne nourrir aucun regret.
Dans une missive adressée à la presse, il revient sur ce scrutin et sur le parcours qui a suivi
Chers compatriotes,
En décembre 2016, les résultats des élections législatives à Agboville commune tombaient. Je n’avais pas été élu. Je ne le cache pas : la déception fut grande, mais mesurée. Car cette candidature était davantage un test. En 2016, après 22 ans passés à l’étranger et 4 ans après mon retour en Côte d’Ivoire, je voulais éprouver le système électoral. Le verdict populaire a tranché. L’argent a parlé.
Dix ans plus tard, je peux l’affirmer : cet échec apparent fut une bénédiction. Ne pas avoir été élu m’a permis de servir notre pays autrement. Et, j’en suis convaincu, plus utilement.
𝐋𝐞 terrain 𝐩𝐥𝐮𝐭𝐨̂𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐧𝐞 : 𝐥'𝐞́𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐮 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥'𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧
J’ai choisi le terrain plutôt que la tribune.
N’ayant pas siégé à l’Assemblée, j’ai préservé ma liberté d’action. Je l’ai consacrée entièrement à l’ONG ADI, que j’ai co-fondé en 2013 et que je préside depuis ladite année. En dix ans, nous avons tissé un partenariat historique avec la Banque mondiale. Résultat : des dizaines de milliers de livres acheminés et distribués sur toute l’étendue du territoire, d’Abidjan aux écoles de l’intérieur du pays. Un député vote une loi et un budget pour l’éducation. Nous, nous mettons des manuels entre les mains des élèves pour améliorer leurs connaissances.
𝐋'𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧 𝐞𝐭 𝐥'𝐞𝐦𝐩𝐥𝐨𝐢 : 𝐮𝐧 𝐜𝐨𝐦𝐛𝐚𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐨𝐧𝐠𝐮𝐞 𝐡𝐚𝐥𝐞𝐢𝐧𝐞
J’ai choisi l’humain plutôt que le calcul politique.
La prise en charge scolaire de dizaines d’orphelins ne figure sur aucun tract électoral. Pourtant, c’est un combat quotidien. Parce que je n’avais pas d’élection à préparer, j’ai pu m’engager dans la durée auprès de ces personnes vulnérables. Les voir décrocher leur diplôme, devenir infirmiers, instituteurs, entrepreneurs : voilà ma fierté. Elle ne tient ni aux slogans ni aux promesses, mais aux vies transformées.
En présidant par ailleurs le Conseil d’Administration de GTBank-CI, je contribue à ce que beaucoup de discours politiques appellent de leurs vœux : la création d’emplois. Chaque crédit que nous accordons, c’est un atelier qui s’ouvre, un commerce qui grandit, des familles qui vivent dignement de leur travail. Le développement économique ne se décrète pas. Il se finance, il s’accompagne, il se construit.
𝐋𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐟𝐚𝐜𝐞 𝐚̀ 𝐥'𝐚𝐥𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞
La politique a besoin d’alternance. Le développement a besoin de constance.
Un mandat dure quelques années. Les projets que nous portons à l’ONG ADI et dans le secteur bancaire exigent dix ans, quinze ans, parfois une génération. Ne pas avoir été élu m’a offert ce luxe : le temps long. Sans interruption, sans rupture liée aux cycles électoraux, nous avons bâti, consolidé, transmis.
Mille façons de servir son pays
Je ne renie rien de mon engagement d’hier. Se présenter à une élection, c’est vouloir servir. Mais il existe mille façons de servir son pays. La voie électorale n’en est qu’une. La société civile, l’entrepreneuriat, la solidarité active en sont d’autres, tout aussi nobles et parfois plus directes.
Je n’ai pas eu de portefeuille ministériel. Mais j’ai eu le privilège d’avoir un impact mesurable : un livre ouvert par un enfant, un orphelin scolarisé, un emploi créé grâce à un crédit.
Alors non, je ne regrette pas de ne pas avoir été élu il y a dix ans. Car ces dix ans m’ont donné mieux qu’un mandat : ils m’ont donné la possibilité d’être utile, chaque jour, sans filtre et sans attendre.
Continuons, ensemble, à bâtir la Côte d’Ivoire autrement, avec détermination.
Traoré Souleymane Muluku
Président de l’ONG ADI
Président du Conseil d’Administration de GTBANK-CI





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