Abidjan, 3 juillet 2026 – La démission de Jean-Michel Amankou de ses fonctions de Secrétaire exécutif chargé des Élections, de l'État civil et des Listes électorales du PDCI-RDA continue d'alimenter les débats au sein de la formation politique. Entre les motivations avancées dans sa lettre de démission, les clarifications apportées par un membre de la direction du parti et les réserves exprimées par un vice-président sous couvert de l'anonymat, cette décision révèle des lectures divergentes de la situation.

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Dans une correspondance datée du 2 juillet 2026 et adressée au président du PDCI-RDA, Cheick Tidjane Thiam, Jean-Michel Amankou annonce sa démission avec effet immédiat. Il explique que cette décision, qu'il présente comme « mûrement réfléchie », est motivée par « des raisons de principe » ainsi que par des « convenances personnelles » ne lui permettant plus, selon lui, d'exercer ses responsabilités dans des conditions conformes à ses convictions.

Tout en remerciant la direction du parti pour la confiance placée en lui, il affirme conserver de cette expérience « l'honneur d'avoir servi le PDCI-RDA avec loyauté, engagement et un profond attachement à ses valeurs ».

Quelques heures après la diffusion de cette lettre, un document attribué à un membre de la direction du PDCI-RDA est venu apporter des éléments d'explication sur le contexte de cette démission.

Selon ce texte, plusieurs sources internes estiment que Jean-Michel Amankou aurait mal vécu son absence de certaines rencontres politiques organisées ces dernières semaines, notamment la séance de travail convoquée par le Premier ministre le 22 juin 2026 dans le cadre du dialogue républicain ainsi que les échanges entre le PDCI-RDA et une délégation de partis politiques conduite par Simone Gbagbo autour du projet de Haut Conseil électoral.

L'auteur de cette mise au point relativise toutefois cette lecture. Il rappelle que ces rencontres étaient avant tout de nature politique et institutionnelle et non des réunions techniques consacrées aux questions électorales, domaine relevant directement des compétences du secrétaire exécutif chargé des élections.

Le même document soutient ainsi qu'il ne pouvait être automatiquement déduit que Jean-Michel Amankou devait faire partie des différentes délégations ayant participé à ces rencontres.

Mais cette note explicative a, à son tour, suscité des réactions au sein de la direction du parti.

Joint sous couvert de l'anonymat, un vice-président du PDCI-RDA estime que certaines affirmations contenues dans ce document ne reflètent pas fidèlement les textes régissant le fonctionnement du parti.

 « Merci beaucoup pour le partage. Dans un passage, il est mentionné qu'Amankou relève du Secrétaire exécutif en chef. C'est méconnaître nos textes et le mode de fonctionnement du PDCI-RDA », affirme-t-il.

Selon ce responsable, le Secrétaire exécutif chargé des Élections relève du Secrétariat exécutif dans son ensemble et non directement du Secrétaire exécutif en chef.

Cette précision, estime-t-il, est importante afin d'éviter toute interprétation erronée de l'organisation administrative et politique du parti.

En revanche, ce même vice-président prend clairement ses distances avec la décision de Jean-Michel Amankou de quitter ses fonctions.

 « Mais il faut le reconnaître, je désapprouve son action de démission. Ce n'est pas responsable. Pourquoi démissionner ? Je ne suis pas d'accord avec Amankou sur cette décision », déclare-t-il.

Ces différentes prises de position illustrent les sensibilités qui s'expriment aujourd'hui au sein du PDCI-RDA. Si les motivations personnelles invoquées par Jean-Michel Amankou demeurent officiellement la seule justification de son départ, les débats qui ont suivi montrent que cette démission est diversement appréciée par les responsables du parti.

Pour l'heure, la direction du PDCI-RDA ne s'est pas encore exprimée officiellement sur les suites qui seront données à cette vacance de poste ni sur la désignation éventuelle d'un successeur.

En attendant, cette séquence met en lumière les discussions internes autour du fonctionnement des organes du parti, de la répartition des responsabilités et de la gestion des missions stratégiques à l'approche des prochaines échéances politiques.

GRO