La prévention de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées s’inscrit dans une approche fondée sur le parcours de vie. Sans garantir qu’une personne ne développera jamais la maladie, l’éducation précoce peut contribuer à réduire certains facteurs de risque et à renforcer durablement la santé cérébrale.

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La santé du cerveau commence dès l’enfance. L’éducation des enfants à la santé cérébrale consiste à leur apprendre, avec des mots simples et des activités adaptées à leur âge, comment fonctionne leur cerveau, ce qui l’aide à bien se développer et les habitudes qui permettent d’en prendre soin tout au long de la vie.

Il ne s’agit pas de leur faire peur en leur parlant d’une maladie liée au vieillissement, ni de leur promettre qu’ils pourront éviter totalement la maladie d’Alzheimer. L’objectif est de leur donner très tôt des connaissances et les aider à développer des réflexes pour protégerleur santé actuelle et future.

Dès l’enfance, il est possible d’encourager des habitudes favorables au cerveau : pratiquer une activité physique régulière, dormir suffisamment, adopter une alimentation équilibrée, stimuler sa curiosité, protéger sa tête contre les traumatismes, préserver son audition et sa vision, apprendre à gérer ses émotions et entretenir des relations sociales de qualité. L’accès à une éducation de qualité contribue également au développement des capacités cognitives et à la constitution d’une réserve cognitive utile tout au long de la vie.

La maladie d’Alzheimer se manifeste généralement à un âge avancé, mais plusieurs facteurs qui influencent la santé du cerveau s’installent progressivement au cours de la vie.L’enfance est une période déterminante pour :

  • Développer les capacités d’apprentissage ;

  • acquérir des habitudes alimentaires favorables à la santé ;

  • apprendre à aimer le mouvement et l’activité physique ;

  • instaurer un sommeil régulier ;

  • apprendre à reconnaître et à exprimer ses émotions ;

  • développer des relations sociales positives ;

  • protéger la tête, l’audition et la vision ;

  • prévenir plus tard le tabagisme, l’usage nocif de l’alcool et d’autres comportements à risque ;

  • apprendre à respecter et à soutenir les personnes âgées.

L’OMS estime désormais qu’une part importante des cas de démence pourrait être évitée ou retardée en agissant sur des facteurs de risque modifiables, notamment l’inactivité physique, le tabagisme, l’usage nocif de l’alcool, l’isolement social, la pollution atmosphérique et certaines maladies cardiovasculaires et métaboliques. Elle rappelle aussi que la qualité et l’accès à l’éducation influencent le risque au cours de la vie.

La Maison de nos Parents a développé un programme pédagogique adapté aux enfants et aux adolescents autour de trois priorités :

  • l’apprentissage de comportements favorables à la santé cérébrale ;

  • la compréhension du vieillissement, de la mémoire et des maladies neurocognitives ;

  • le développement de la solidarité intergénérationnelle et de attitudes bienveillantes envers les personnes âgées.

L’activation de ce programme permettra aux enfants de devenir des ambassadeurs de la santé cérébrale auprès de leur famille et de leur entourage.

En leur apprenant que la maladie d’Alzheimer n’est ni une conséquence normale du vieillissement, ni une forme de folie, ni le résultat de la sorcellerie, le programme contribuera également à prévenir les préjugés et la stigmatisation dès le plus jeune âge.

À retenir :À travers cette initiative, La Maison de nos Parents souhaite porter un message suivant : protéger le cerveau commence dès l’enfance, et apprendre à prendre soin des personnes âgées permet de construire une société plus inclusive, solidaire et respectueuse de la dignité de chacun.

La prévention de la maladie d’Alzheimer ne dépend pas uniquement des choix individuels de l’enfant. Les familles, les écoles, les communautés et les pouvoirs publics doivent aussi garantir une alimentation saine, des espaces de jeu sécurisés, un environnement moins pollué, une éducation de qualité et l’accès aux soins.


14 Facteurs de risque de la démence :

#1 l’inactivité physique

#2 le tabagisme

#3 la consommation excessive d’alcool

#4 la pollution atmosphérique

#5 les lésions cérébrales

#6 la faible interaction sociale

#7 le faible niveau d’éducation

Le faible niveau d’éducation est considéré comme un facteur de risque de démence, dont la maladie d’Alzheimer est la cause la plus fréquente. Mais il ne provoque pas directement la maladie et ne signifie pas qu’une personne peu scolarisée développera nécessairement Alzheimer.

1. Une réserve cognitive moins importante

L’apprentissage sollicite la mémoire, le langage, l’attention, le raisonnement et la résolution de problèmes. Ces stimulations contribuent à construire la réserve cognitive, c’est-à-dire la capacité du cerveau à mobiliser efficacement ses réseaux et à trouver des voies alternatives lorsque certaines cellules sont endommagées.

Une réserve cognitive plus importante peut permettre au cerveau de mieux compenser les premières lésions et de maintenir plus longtemps son fonctionnement. Elle ne supprime pas nécessairement les plaques amyloïdes ou les anomalies de la protéine tau, mais elle peut retarder l’apparition des symptômes.

2. Moins d’occasions de stimulation au cours de la vie

Une scolarisation limitée peut réduire l’accès ultérieur :

  • à des emplois cognitivement stimulants ;

  • à la lecture et à la formation continue ;

  • aux activités culturelles et numériques ;

  • aux situations sollicitant régulièrement la mémoire et le raisonnement.

C’est donc l’ensemble du parcours d’apprentissage, et pas seulement le diplôme obtenu, qui compte.

3. Un indicateur d’inégalités sociales accumulées

Le faible niveau d’éducation est souvent associé à d’autres déterminants de santé : pauvreté, nutrition insuffisante, exposition à la pollution, accès limité aux soins, hypertension ou diabète moins bien dépistés, emplois plus exposés aux traumatismes et informations sanitaires moins accessibles. Une partie du risque observé peut provenir de cette accumulation de désavantages plutôt que de la scolarité elle-même.

L’OMS souligne ainsi que la pauvreté, l’accès limité à l’éducation, à l’emploi et aux soins peuvent influencer le risque de démence. 

4. Un repérage parfois plus tardif

Une personne ayant eu peu accès à l’éducation ou à l’information sanitaire peut moins facilement reconnaître certains changements cognitifs, accéder à une consultation spécialisée ou demander une évaluation. Le diagnostic et la prise en charge peuvent alors intervenir plus tard.

Appel à l’action :Le faible niveau d’éducation n’abîme pas directement le cerveau. Il est associé à une réserve cognitive moins développée et à des inégalités sociales et sanitaires qui peuvent s’accumuler tout au long de la vie.

Le rapport de la Commission du Lancet sur la démence de 2024 classe le faible niveau d’éducation pendant la jeunesse parmi les facteurs de risque modifiables, tout en recommandant de rester cognitivement actif à tous les âges. Il n’est jamais trop tard pour apprendre : alphabétisation, lecture, formation, musique, nouvelles compétences, activités sociales et exercices intellectuels peuvent continuer à stimuler le cerveau à l’âge adulte.


Demain nous présenterons La Maison de nos Parents. Nous parlerons du septième facteur de risque : #8 l’obésité.

Pour plus d’informations, suivez les pages La Maison de nos Parents sur Facebook et Instagram : @alzheimerciv

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