Tournant stratégique et appel à un sursaut national pour la transformation locale et la valorisation du café robusta

 

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Il est plus que question de la relance stratégique de la filière Café en Côte d’Ivoire et surtout du rôle moteur de l’Association des Transformateurs et Artisans du Café de Côte d’Ivoire (ATC-CI) avec à sa tête le Président Soro Penatirgué. Le mercredi 9 septembre 2026, à l'issue de son Assemblée Générale Ordinaire à Abidjan, ladite association a lancé un appel solennel aux décideurs publics, aux partenaires financiers et aux acteurs industriels « pour réinventer l’avenir du café ivoirien ».

Troisième producteur africain de café, la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel agronomique et industriel exceptionnel. Pourtant, la majorité de la production continue d’être exportée à l’état brut, privant l'économie nationale d’une valeur ajoutée majeure et d'emplois durables.  

L’Association des Transformateurs et Artisans du Café de Côte d’Ivoire se positionne comme l'interlocuteur de référence pour structurer, moderniser et promouvoir la transformation locale, garantissant ainsi la souveraineté économique et la prospérité des producteurs locaux, a soutenu, le président Soro Penatirgué face aux médias au terme de la rencontre.  

« Si certaines contraintes sont levées et que les industriels sont au potentiel de leurs productions, on pourrait aller au-delà et on peut transformer le café de Côte d'Ivoire à partir de la Côte d'Ivoire. La dernière réforme de 2011 a cette disposition qui prévoit que les matières premières des unités de transformation doivent venir des rejets ou des produits non exportables, c’est-à-dire, quand des exportateurs normaux du café exportent, la partie qui n'est pas bonne à être exportée doit être récupéré par l'industrie locale, ce qui veut dire que c'est des produits de mauvaise qualité.

Deuxièmement, dans le cadre de la commercialisation intérieure du café et du cacao, il y a un système de commercialisation qui ne permet pas aux torréfacteurs d’aller acheter des produits de bonne qualité avec les coopératives. Du coup, ils sont limités. De l'autre côté, on les contraint à prendre des produits de mauvaise qualité et on leur dit de faire la compétition avec les autres qui ont les meilleurs produits et de l'autre côté, leurs produits sont inaccessibles aux marchés.

Du coup quand vous ne pouvez pas acheter de façon légale et régulière votre produit votre matière première avec une coopérative, vous utilisez des méthodes pour vous approvisionner en produits de mauvaise qualité pour pouvoir exercer", regrette-t-il..

 

La seule chose que nous demandons à l'Etat

" À ce niveau, ce n'est pas le financement, c'est de faciliter administrativement, sinon de façon institutionnelle aux torréfacteurs de pouvoir acheter les produits, mieux en ouvrant un fichier spécial de volume qu'ils peuvent acheter et maîtriser la commercialisation intérieure.

Au niveau de la commercialisation, c’est avoir un agrément en tant que transformateur pour vendre nos produits dans la sous-région et à l'extérieur, jusqu'à présent les agréments d'exportation des transformateurs ne sont pas encore disponibles. Et cela dure depuis 6 ans. Si les opérateurs les transformateurs ne peuvent pas commercialiser, exporter leurs produits, alors que le potentiel de la sous-région est déjà très énorme en termes de distribution, comment on fait ?

On encourage une industrie locale dans le cas de la transformation, mais on bloque l'industrie dans l'approvisionnement et on bloque l'industrie dans la commercialisation. Voilà les deux gros problèmes auxquels s'ajoute le problème de renforcement de capacités, la formation des producteurs et transformateurs. Ce que nous attendons de l'État, c'est de nous faciliter l'accès à la matière première et l'accès au marché », souligne clairement le président de l’ ATC-CI, avant de faire un éclairage au sujet de la filière.

 

Contexte et enjeux : le café ivoirien en chiffres et en défis

« Historiquement pilier du développement économique du pays, le café de Côte d’Ivoire, - principalement de variété Robusta- fait face à des défis majeurs qui nécessitent une réorientation stratégique immédiate. Une production brute sous-valorisée : la majeure partie du café vert ivoirien est exportée sans transformation, ce qui vulnérabilise la filière face à la volatilité des cours mondiaux.

Le potentiel de la transformation locale : la transformation sur le sol national constitue le levier prioritaire pour générer des emplois qualifiés, développer une industrie agroalimentaire forte et offrir aux consommateurs un produit de haute qualité.  L’émergence du marché régional : la consommation de café en Afrique de l’Ouest enregistre une croissance constante, offrant un débouché naturel pour le Robusta ivoirien transformé, cafés moulus, expressos, assemblages aromatisés et cafés instantanés ».

 

Plaidoyer national: les 4 piliers de l’ATC-CI pour la relance de la filière

« L’Association des Transformateurs et Artisans du Café de Côte d’Ivoire formule un plaidoyer national structuré autour de quatre axes fondamentaux afin de bâtir une filière café résiliente et rentable : soutien prioritaire à l'industrialisation et à l'artisanat local :  mise en place de mécanismes de financement adaptés et d'incitations fiscales pour les PME et artisans investissant dans l'équipement de torréfaction, de moulinage et de conditionnement aux normes internationales.

Garantie d’approvisionnement en matière première : instauration d'un quota de café vert réservé en priorité aux transformateurs locaux à des conditions compétitives, afin de sécuriser les outils industriels nationaux. Promotion du "Made in Côte d’Ivoire" et consommation locale :   déploiement d'une campagne nationale de sensibilisation pour encourager la consommation du café local et intégrer le café ivoirien dans les circuits d'achat publics et institutionnels.

Recherche, innovation et montée en gamme : encouragement de la recherche agronomique pour améliorer la qualité des fèves et appui aux innovations de formulation, torréfactions de précision, déclinaisons aromatiques, conditionnements écoresponsables.

 

L'ATC-CI , l'organisation de référence de la filière café

L’Association des Transformateurs et Artisans du Café de Côte d’Ivoire rassemble l’ensemble des acteurs clés de la chaîne de valeur du café transformé. Notre mission. Fédérer : Regrouper les industriels, torréfacteurs, artisans et coopératives engagés dans la transformation. Défendre : Porter la voix des transformateurs auprès des instances gouvernementales, des organisations interprofessionnelles et des bailleurs de fonds.

Promouvoir : Valoriser le savoir-faire ivoirien lors des foires, salons internationaux et événements économiques. Accompagner : Offrir une assistance technique, de la formation et un cadre d'échange de meilleures pratiques pour renforcer la compétitivité des membres.

H. MAKRE

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