Le thème de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer 2026 est :« Savoir au moment opportun, c’est se donner les moyens d’agir. Diagnostiquer la maladie d’Alzheimer est essentiel. »

Ce thème signifie que plus tôt une personne comprend l’origine de ses difficultés, plus tôt elle peut recevoir de l’aide, préserver son autonomie, faire respecter ses choix et préparer l’avenir avec ses proches.

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Le diagnostic précoce est essentiel car il consiste à identifier la maladie dès l’apparition de troubles persistants, sans attendre que la personne perde fortement son autonomie. Il ne s’agit pas de diagnostiquer sur la base d’un simple oubli, mais de réaliser une véritable évaluation médicale.

Il est important parce qu’il permet de :

  • rechercher d’abord d’autres causes parfois traitables : dépression, effets indésirables de médicaments, carence vitaminique, troubles de la thyroïde ou infections ;

  • identifier la maladie à l’origine des troubles et proposer une prise en charge adaptée ;

  • traiter certains symptômes et agir sur les facteurs de risque modifiables ;

  • préserver le plus longtemps possible l’autonomie et la qualité de vie ;

  • permettre à la personne de participer aux décisions concernant ses soins, ses finances et son avenir ;

  • informer et accompagner rapidement la famille et les aidants ;

  • prévenir certains risques : chutes, erreurs de médicaments, errance, accidents domestiques ou difficultés de conduite ;

  • faciliter l’accès aux services, aux aides sociales, aux traitements disponibles et, éventuellement, aux études cliniques.

Les principales étapes du diagnostic

  1. La consultation médicale

Le médecin interroge la personne sur :

  • la nature et la date d’apparition des difficultés ;

  • leur évolution progressive ou soudaine ;

  • les médicaments pris, les antécédents et les maladies existantes ;

  • le sommeil, l’humeur, la consommation d’alcool et les habitudes de vie ;

  • les répercussions sur la vie quotidienne.

Avec l’accord de la personne, un proche peut apporter des informations utiles sur les changements observés.

  1. L’évaluation des capacités cognitives

De courts tests évaluent notamment :

  • la mémoire ;

  • l’attention et la concentration ;

  • le langage ;

  • l’orientation dans le temps et l’espace ;

  • le raisonnement et la planification ;

  • les capacités visuelles et spatiales.

Ces tests ne suffisent pas, à eux seuls, à diagnostiquer Alzheimer. Leur interprétation doit tenir compte de l’âge, du niveau d’instruction, de la langue et du contexte culturel.

  1. L’évaluation de l’autonomie

Le médecin vérifie si les troubles affectent des activités comme :

  • gérer son argent ou ses médicaments ;

  • préparer les repas ;

  • utiliser le téléphone ;

  • se déplacer seul ;

  • effectuer les tâches habituelles.

Cette étape aide à distinguer un trouble cognitif léger d’une démence qui commence à compromettre l’autonomie.

  1. L’examen médical et neurologique

Le médecin recherche d’autres signes : troubles de la marche, faiblesse musculaire, tremblements, problèmes de vision ou d’audition, symptômes dépressifs ou autres anomalies neurologiques.

  1. Les analyses de sang

Elles servent principalement à rechercher des causes pouvant provoquer ou aggraver les troubles, par exemple :

  • une anomalie de la thyroïde ;

  • une carence en vitamine B12 ;

  • uneinfection ;

  • un trouble du foie, des reins, du glucose ou des électrolytes ;

  • les effets indésirables de certains médicaments.

  1. L’imagerie cérébrale

Une IRM ou, à défaut, un scanner peut être réalisé pour rechercher :

  • Un accident vasculaire cérébral ;

  • une tumeur, un saignement ou une hydrocéphalie ;

  • des lésions vasculaires ou traumatiques ;

  • une diminution du volume de certaines régions cérébrales.

L’imagerie contribue au diagnostic, mais une IRM seule ne confirme pas automatiquement la maladie d’Alzheimer.

  1. Des examens spécialisés, si nécessaire

Dans certains cas, un spécialiste peut proposer :

  • Un bilan neuropsychologique approfondi ;

  • une analyse du liquide céphalorachidien par ponction lombaire ;

  • uneimagerieTEP ;

  • des tests de biomarqueurs sanguins, lorsqu’ils sont disponibles et médicalement validés.

Ces examens recherchent notamment les anomalies liées aux protéines bêta-amyloïde et tau. Les tests génétiques sont réservés à des situations particulières, surtout lorsque la maladie débute très jeune ou touche plusieurs membres d’une même famille.

Qui pose le diagnostic ?

Le parcours peut commencer auprès d’un médecin généraliste. Selon les résultats et les ressources disponibles, la personne est ensuite orientée vers un neurologue, un gériatre, un psychiatre ou une consultation spécialisée de la mémoire.Le diagnostic peut nécessiter plusieurs consultations et parfois une période de suivi.

À retenir : Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer ne repose pas sur un seul test. Il résulte d’un ensemble d’entretiens, d’examens et d’analyses permettant de comprendre les troubles et d’écarter d’autres causes. Diagnostiquer Alzheimer, c’est réunir plusieurs indices concordants, exclure les autres causes possibles et déterminer précisément la maladie responsable des troubles. 

Un diagnostic précoce ne guérit pas encore la maladie d’Alzheimer et ne permet pas toujours d’en arrêter l’évolution. Mais il évite des années d’incompréhension, réduit l’isolement et donne à la personne ainsi qu’à sa famille davantage de temps pour comprendre, décider et agir. L’OMS rappelle d’ailleurs que le diagnostic constitue la première étape pour accéder aux soins et aux services d’accompagnement. Le diagnostic n’enlève pas l’espoir ; il met fin à l’incertitude et ouvre la voie à l’action.

 

14 Facteurs de risque de la démence :

#1 l’inactivité physique

#2 le tabagisme

#3 la consommation excessive d’alcool

#4 la pollution atmosphérique

#5 les lésions cérébrales

Les lésions cérébrales traumatiques, provoquées par une chute, un accident, un choc violent ou des impacts répétés à la tête par exemple, peuvent endommager durablement les cellules et les connexions du cerveau.

Elles augmentent le risque de développer plus tard une maladie d’Alzheimer ou une autre forme de démence pour plusieurs raisons :

  • elles détruisent certains neurones et réduisent la « réserve cérébrale », c’est-à-dire la capacité du cerveau à compenser les dommages liés à l’âge ;

  • elles peuvent provoquer une inflammation persistante dans le cerveau ;

  • elles endommagent les axones, les fibres qui permettent aux neurones de communiquer ;

  • elles peuvent favoriser des modifications anormales des protéines bêta-amyloïde et tau, également impliquées dans la maladie d’Alzheimer ;

  • elles peuvent altérer les petits vaisseaux cérébraux et la barrière qui protège le cerveau.

Le risque est surtout associé aux traumatismes crâniens modérés ou graves, ainsi qu’aux chocs légers répétés. Une commotion cérébrale légère isolée ne signifie pas qu’une personne développera nécessairement une démence. Il s’agit d’un facteur de risque, et non d’une cause automatique. La Commission du Lancet, un groupe de travail international d’experts multidisciplinaires (scientifiques, cliniciens, économistes et acteurs de la santé publique) réuni par la prestigieuse revue médicale The Lancet, recommande donc de prévenir les traumatismes crâniens à tout âge.

Protéger sa tête, c’est préserver les neurones, les connexions et les capacités de compensation dont le cerveau aura besoin en vieillissant.

Demain nous aborderons la question des idées reçues et dela stigmatisation : la maladie d’Alzheimer n’est ni de la folie ni de la sorcellerie. Nous présenterons aussi le sixième facteur de risque : #6la faible interaction sociale.

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