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Rencontre historique entre Gbagbo et Ouattara: Le plus dur est-il à venir ?

Après dix années de conflits et de méfiance entre les deux hommes, Alassane Ouattara, président de la République et Laurent Gbagbo, l’ex-président se sont rencontré et ont parlé, suite à leur récent échange téléphonique.

Cette rencontre dite historique a eu lieu le mardi 27 juillet 2021 au palais présidentiel d’Abidjan.

« Nous avons parlé fraternellement, amicalement et je suis très heureux de ces discussions que nous avons eues. Parce qu’elles étaient très détendues et je suis fier de ça. J’ai souhaité que de temps en temps, on puisse avoir ce genre d’entretien qui détendent l’atmosphère dans le pays », a déclaré Laurent Gbagbo qui a également plaidé pour la libération des prisonniers politiques.

Alassane Ouattara intervenant dans le même sens que son hôte, s’est dit heureux de la tenue de cette rencontre cordiale et fraternelle, rencontre réclamée par les Ivoiriens.

Il a conclu que l’ex- président et lui, se sont mis d’accord qu’ils continueraient de travailler ensemble et de faire en sorte que la Côte d’Ivoire continue de progresser, d’aller de l’avant.

Cette rencontre intervient après celle qui a eu lieu entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié en novembre 2020.

 Elle est fort appréciée par les Ivoiriens et habitants de la Côte d’Ivoire, en témoigne la Une de pratiquement tous les journaux parus ce mercredi 28 juillet 2021.

Car elle trace les sillons d’une réconciliation et une paix durable dans un pays devenu instable en périodes électorales.

Mais beaucoup reste à faire. Le plus dur est à venir.

Il faut par exemple un dialogue inclusif. Pour ce faire, une rencontre meublée par des échanges francs entre les trois leaders que sont Bédié, Gbagbo et Ouattara, doit avoir lieu afin de définir les axes de ce dialogue national inclusif prôné par le président du PDCI-RDA.

Le dialogue suppose que les prisonniers politiques doivent recouvrer la liberté et que les exilés politiques doivent être autorisés à rentrer dans leur pays, puisque les leaders politiques pour qui ils ont donné leur poitrine au point de perdre leur liberté ou de fuir de peur d’être arrêtés, sont en train de faire la paix.

Ils ont leur partition à jour dans ce processus de réconciliation qui s’étend à tous les Ivoiriens dont la majorité vit dans la méfiance, la rancœur… surtout après les récentes crises pré et postélectorales avec leur corollaire de morts et de dégâts matériels.

Le régime actuel va-t-il mettre son ego de côté pour faciliter le processus, lui qui a réussi par tous les moyens à maîtriser toute l’opposition ?

Cela est possible. Mais avec les va-t-en-guerre du RHDP qui redoutent l’opposition, rien ne sera facile.

Car ils savent que la libération de tous les prisonniers politiques, le retour d’acteurs de la politique ivoirienne tel que Blé Goudé, et le retour de tous les exilés dont Guillaume Soro, rendra l’opposition plus forte pour les futures échéances de 2023 et 2025.

A écouter le discours de certains de ses responsables, le RHDP ne compte rien lâcher puisque dans les coulisses, il est de plus en plus question d’un 4è mandat pour leur mentor.

Si toute l’opposition est unie, elle fera sans doute barrage à ce projet et imaginons la suite.

L’on craint donc une réconciliation de façade entre le régime et l’opposition. Mais ce ne sont que des suppositions que les réalités du pays et l’amour de la patrie peuvent dissiper.

Nathanaël Yao

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