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Evènements du lundi 22 mars dernier à Aboisso: Le maire N’gouan Jérémie interpelle la jeunesse et un élu RHDP

A la suite des événements qui se sont produits le lundi 22 mars dernier à Aboisso, le maire Jérémie Alfred N’gouan veut situer les responsabilités. Dans un communiqué de presse, l’autorité municipale s’indigne et interpelle. Ci-dessous l’intégralité, sans commentaire, de la déclaration du maire d’Aboisso.

Lundi 22 mars 2021, la ville d’Aboisso, la commune que nous dirigeons, a été le théâtre d’actes de barbaries déplorables orchestrés par des jeunes se réclamant du RHDP et habitant le quartier de Sokoura. Comment en est-on arrivé là ?

Sans approcher les autorités compétentes, en l’occurrence la mairie, des jeunes de Sokoura se réclamant du RHDP ont construit sur une place publique de leur quartier une stèle sur laquelle il est écrit : « Ici Sokoura, c’est RHDP ». Les services de la mairie, après avis de la Préfecture, ont démoli cette stèle dans la journée du lundi 22 mars 2021. Furieux, ces jeunes se sont déportés à la mairie, ont proféré des menaces de mort à l’endroit du Maire et de tous les agents présents. Ils ont caillassé la voiture du deuxième Adjoint au Maire et ont brisé, avec des jets de pierres, les vitres d’entrée de la mairie. Tels sont les faits.

À la surprise générale, le Député suppléant de la commune d’Aboisso, monsieur Zinsou Marcelin, produit, le lendemain, une déclaration qui se veut une prime à des faits dont la gravité demande un comportement politique plus mature.

Le Maire condamne les menaces de mort et la violence gratuite auxquelles s’est livrée la jeunesse du RHDP du quartier Sokoura et lui rappelle que l’occupation du domaine public est régie par la loi. Il condamne d’autant les propos irresponsables de monsieur Zinsou Marcelin dans lesquels la mauvaise foi associée à une manœuvre de désinformation à dessein constitue des encouragements à la violence et aux dégradations de biens publics qui constituent, au demeurant, des délits punissables par la loi.

Le Maire voudrait rappeler, à toutes fins utiles, qu’il existe des lois auxquelles tout citoyen ivoirien est soumis. L’appartenance au parti au pouvoir ne dispense personne du respect des textes règlementaires. La construction de l’Etat de droit est autant une entreprise collective qu’individuelle. Et les responsables politiques ont le devoir d’éduquer leurs partisans à des comportements civiques et citoyens qui ne nuisent pas à cette entreprise collective.

Il est aussi impérieux de cultiver le vivre ensemble, surtout dans des villes cosmopolites et à fort brassage culturel comme Aboisso. Au nom de ce vivre ensemble, le Maire trouve dangereux de décréter un quartier entier comme la propriété d’un parti politique et d’y ériger une stèle commémorative de cet anti-vivre ensemble. Dans un quartier, cohabitent différentes communautés ethniques et différents individus aux sensibilités politiques parfois différentes et divergentes ; la Côte d’Ivoire doit préserver sa multi-culturalité, sa pluralité politique et se garder de tout sectarisme qui ne contribue pas à construire et à consolider son unité nationale.

Les hommes politiques, de quelque bord que ce soit, qui ont cautionné ou encouragé cet acte dangereux et ce comportement incivique et délictueux ont fait preuve d’une irresponsabilité inqualifiable qui ne les honore nullement. Nul n’est au-dessus des lois de la République. Le Maire de la commune d’Aboisso appelle donc les responsables politiques du RHDP à se garder des comportements de mauvais gagnants avec son lot de dérives de toutes sortes. Il invite aussi les jeunesses des partis politiques à se conformer aux lois de la République et à éviter la violence.

Pour la Mairie d’Aboisso

Le Maire

Monsieur N’GOUAN Jérémie Alfred