Presse ivoirienne en danger: Les nouveaux membres de l’ANP prêtent serment, l’avocat général, Mamadou Diakité profère des menaces

Presse ivoirienne en danger: Les nouveaux membres de l’ANP prêtent serment, l’avocat général, Mamadou Diakité profère des menaces

Samba Koné et ses collaborateurs ont pris officiellement fonction, ce lundi 8 juin 2020. 11 personnes, sur un total de 13 membres de l’Autorité nationale de la presse (ANP), ont prêté serment en jurant d’exercer leur mission dans le strict respect des règlements qui la définissent. La cérémonie de prestation de serment des membres du Conseil de l’Autorité nationale de la presse (ANP) s’est déroulée dans la grande salle de la Cour d’appel du Palais de justice, à Abidjan-Plateau.

A cette cérémonie, deux interventions ont retenu l’attention des journalistes et du public présents. Ce sont celles du président Gnamien Arsène et l’avocat général Diakité Mamadou.

ANP MENACEE, LIBERTE DE LA PRESSE MENACEE

L’avocat général de la Cour, Diakité Mamadou, au cours de sa réquisition, a, publiquement menacé l’Autorité nationale de la presse du retrait de ses attributions au cas où elle n’entrerait pas dans la vision du ministère public. «Vous devez être le régulateur de la qualité. Vous devez aider l’ANP à bonifier son expérience ou à lui en donner», a-t-il dit avant de proférer des menaces à peine voilées en ces termes: «Si d’aventure l’autorégulation ne marche pas, le ministère public, régulateur de l’ordre public, interviendra en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés pour sanctionner tous les manquements.»

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Avait-il nécessairement besoin de menacer ? Déjà que la Justice ivoirienne est controversée du fait de son inféodation au pouvoir en place (selon l’opposition ivoirienne qui parle de justice aux ordres et manipulée), déjà que cette même justice s’arroge régulièrement le droit d’interpeller directement des journalistes, dans l’exercice de leur fonction, sans passer par l’autorité de régulation et les mettre sous les verrous, il y a lieu de craindre pour la liberté d’expression et de la presse ivoirienne.

LES JOURNALISTES AU PIED DU MUR

Quant au président de la Cour, Gnamien Arsène, qui est intervenu avant l’avocat général, il a mis les impétrants face aux responsabilités qui sont désormais les leurs: «Avec cette prestation de serment, vous devenez membres opérationnels du Conseil de l’Autorité nationale de la presse, un organe qui, hormis, ses nombreuses prérogatives, a principalement pour vocation, d’exercer à titre exclusif, les fonctions de régulation, d’instruction et de sanction à lui conférées par les textes législatifs et règlements en vigueur, de garantir le pluralisme de la presse, de veiller à la bonne application des dispositions. L’existence de cette structure que vous incarnez désormais en votre qualité de membres, fait de vous des garants de la liberté d’expression dans le respect des dispositions et articles en vigueur. Certes le droit à l’information est reconnu comme un droit universel, il se doit d’être exercé dans un environnement juridique adéquat destiné à assurer le bon fonctionnement des moyens de l’information. Ce qui garantit les fondements d’une société politiquement démocratique. L’organe dont vous êtes régulateur devra veiller à assurer pleinement l’effectivité du contrôle des informations qui circulent et empêcher ainsi les manquements». Un discours assez responsable.

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Gilles Richard OMAEL

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