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Présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire: Ces redoutables armes de Guillaume Soro…

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Guillaume SORO

Présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire: Ces redoutables armes de Guillaume Soro…

Plusieurs organisations, associations et mouvements auxquels est lié l’ancien président de l’Assemblée nationale sont des outils susceptibles de lui servir dans son ambition de briguer la présidence de la République en 2020. Dossier.

On ne parle pas d’armes létales. Pour ceux qui en chercheraient, ici, circulez ! Bien d’observateurs se demandent parfois de quels moyens dispose Guillaume Soro pour prétendre briguer l’élection présidentielle de 2020. L’ancien président de l’Assemblée nationale fait lui-même croire qu’il s’emploie maintenant à se bâtir un électorat digne du nom. «De la Fesci à la présidence de l’Assemblée nationale en passant par les Forces Nouvelles, la Primature et les ministères qui m’ont été confié, je n’ai jamais échoué. J’ai pour habitude de dire que certains hommes politiques se découvrent des destins de président après que deux ou trois personnes les ont applaudis.
Après avoir relevé ça, je ne peux pas tomber dans les erreurs que ces hommes politiques-là. Je ne veux pas avoir la grosse tête en me croyant populaire pour aller avoir 2%. Si je dois être candidat, tout dépendra de vous. Si vous démontrez que vous êtes capables de mobiliser 2 millions d’électeurs, alors je n’aurai pas d’autre choix que de me porter candidat », relativise-t-il samedi face au Rassemblement des jeunes de Côte d’Ivoire (Rjci). Ces propos d’un prétendant qui s’est pourtant annoncé lui-même sur le chemin qui mène au Palais présidentiel pour y trouver « le fauteuil plus confortable », conduisent à trouver dans son entourage des moyens d’appui autre que le peuple. Car comme cela est connu, nul ne va aux élections sans un minimum de dispositions pratiques susceptibles de porte sa voix, ses actions et projets. Et ce ne sont pas ces canaux qui manquent dans le sillage de l’ex-leader estudiantin. Son implication dans nombre d’organes qu’il a pu créer ou auxquels il adhère et/ou appartient de fait dessine une sorte d’organigramme d’organisation de sa démarche. Il est possible d’en parler sans la prétention d’en maîtriser la puissance ou l’efficacité. Mais toujours est-il que chacune de ces entités peut être valable selon les objectifs et enjeux que lui-même compte lui affecter dans des circonstances données.
Comme quoi, un outil est efficace selon qu’il montre son utilité dans des conditions précises.

L’UNA-FESCI
D’un point de vue chronologique, l’Union nationale des anciens de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Una-Fesci) peut être considérée comme l’un des premiers cercles générationnels de Bogota, le sobriquet de Guillaume Soro à l’université d’Abidjan-Cocody. Il a dirigé la Fesci de 1995 à 1998 soit dit en passant. L’Union réunit différentes générations de leaders.
Ils sont liés par un « esprit », un pacte de solidarité vieux de la création de la Fédération le 21 avril 1990 à Abidjan.
Autant le chien ne mange pas du chien, dit-on de façon triviale, les Fescistes se vouent moins d’animosité. C’est au nom de cette solidarité qu’ils envisagent regrouper tous leurs camarades présents en Côte d’Ivoire, ceux qui sont en exil, ceux qui sont détenus, selon Martial Ahipeaud, son premier secrétaire général.
Si elle compte des têtes fortes, des dirigeants politiques, de hauts cadres, un ancien président d’institution, l’Una-Fesci mérite la qualité de think tank fiable et stratégique. Elle a donc son mot à dire ou servir de tremplin d’une façon ou d’une autre à chacun de ses membres pour s’affirmer. Déjà, l’Union des Fescistes a posé un premier pas non négligeable en allant demander « pardon » à l’opposant (qui courtise Guillaume Soro) Henri Konan Bédié, président de la République de 1993 à 1999, pour l’avoir « fatigué ». Que compte en faire l’ex-chef du Parlement ? « Je veux souhaiter que, affirme-t-il, cette nouvelle solidarité agissante fasse en sorte que la paix, la réconciliation soient une réalité pour tous les Ivoiriens».

L’AIA-GSK
Cette solidarité agissante souhaitée a vu la mise en place dans la diaspora (en Europe) de l’Association internationale des amis de Guillaume Soro (AIA-GSK). Ce cadre associatif est présidé par Franklin Nyamsi Wa Kamerun. Il est professeur agrégé, docteur en philosophie, Académie de Rouen France, conseiller spécial de l’intéressé. Un intellectuel averti, alerte et prompt à s’opposer à quiconque veut casser du Soro.
L’Association intervient sur les questions politique, sociale, culturelle, et surtout diplomatique de par sa localisation géographique et son champ d’évolution. C’est tout naturelle pour le sérieux qu’il s’est assigné que cet organe de promotion des idéaux de l’ex-PAN organise des réflexions. La dernière en date, hormis des conférences de presse, est le ‘’séminaire spécial de formation‘’ du 4 août à Paris Saint-Lazare. Avec pour modules : «Soroisme et vision sociétale/ Eléments de langage, d’argumentation & stratégies de communication politique; Guillaume Soro dans le pardon et la réconciliation nationale (Lawrence Atilade, Doctorant en Science politique à l’EHESS de Paris, Manager du cabinet Mysoluz Consulting Group, secrétaire général de l’AIA-GKS) ; Esquisse d’une future politique de la culture pour la Côte d’Ivoire (Martin Gruer, artiste-musicien, animateur socioculturel, enseignant à la retraite et ancien résident français en Côte d’ivoire, vice-président de l’AIA-GKS chargé de l’animation culturelle) ».
L’AIA est également un organe de veille et une force de proposition. Elle participe à la construction d’une opinion propre à l’idéal de paix et de réconciliation telle promu par l’homme qu’elle soutient.
Pour la présidentielle 2020, et l’avenir politique de l’intéressé, cette structure ne peut être qu’un atout majeur d’approche de l’électorat ivoirien qui vit outre-mer.

LE RASSEMBLEMENT
Il en de même pour Le Rassemblement. Il s’agit du groupe parlementaire mis en place par Mamadou Soro Kanigui, député de Kanoroba-Sirasso. Cet ami de longue date du député de Ferké a fini par formaliser le groupe parlementaire, ébruité par des sources, après la démission de Guillaume Soro de la présidence de l’Assemblée nationale le 8 février dernier. Le Rassemblement est présidé par la députée d’Issia, Célestine Trazéré. Une élue du Rassemblement des Républicains (RDR) qui a claqué la porte du parti présidentiel au motif que les pontes de cette formation politique travaillent à sa «dissolution en secret ».
Fort d’une dizaine de députés, le dernier-né des groupes parlementaires dans lequel l’ex-PAN a «signé » son adhésion compte jouer une partition constructive dans le jeu démocratique à l’hémicycle. Son premier chalenge est bien entendu l’élection du nouveau président de l’Assemblée, le 7 mars, à laquelle il devrait présenter un candidat.
La création d’un groupe parlementaire illustre la preuve de représentativité et de légitimité populaire. Comme quoi l’élu de Ferké revendique également un pourcentage d’une frange du peuple ivoirien à l’Assemblée nationale. Le Rassemblement est dans la perspective du recrutement de députés en cette période de transhumance qui bat son plein dans le giron politique. Il a pour appui politique le Rassemblement pour la Côte d’Ivoire (Raci), mouvement transformé en parti politique le 16 février dernier par son président, Soro Kanigui.

LES PARTIS POLITIQUES PRO
Ce n’est que le début de la mutation en partis politiques de mouvements proches de l’ancien président de l’Assemble nationale, apprend-t-on. Le samedi 2 mars, l’Alliance pour le changement (APC) d’Alphonse Soro est ainsi devenue parti politique, après le Raci et le Mouvement pour la promotion des valeurs nouvelles en Côte d’Ivoire (Mvci) de Félicien Sékongo. L’APC s’assigne la mission de ratisser large en allant rencontrer les électeurs sans exclusion de leur ethnie et religion.
Selon Blé Daniel, anciennement président intérimaire, l’Alliance mettre tout en œuvre pour que 2020 soit une année comme les autres, sans heurts. Si le Raci est dans la même logique, lui clame sans relâche la « victoire » de son candidat, M. Soro, à l’échéance indiquée. Mais avant, la présidence de la formation est manifestement très engagée dans le jeu politique, elle qui n’a pas hésité à demander la « démission » du chef de l’Etat. Faisant également front, le Mvci avait donné de la voix contre le «harcèlement politique à l’encontre de membres de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, en violation de la Constitution ivoirienne ; la nécessité de la réforme de la commission électorale indépendante ». Imprégné du débat politique, il a signé samedi dernier, au siège du Pdci-Rda le document de proposition des partis politiques de l’opposition sur la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI). Cette question de la « réforme profonde » de la CEI est également suivie par des mouvements de soutien à l’ex-PAN.

LES MOUVEMENTS DE SOUTIEN
Et elles sont nombreuses ces associations politiques qui oscillent autour de l’élu. En dire le nombre exact reviendrait à occulter celles qui se créent au fur et à mesure. Dans un souci d’efficacité, certaines parmi elles s’organisent en faîtières. Cette option a vu des entités se regrouper au sein de la Coordination de mouvements et associations de soutien à Guillaume Soro (CMA-GKS). Le samedi 2 février, elle a réuni 500 jeunes au Centre national de transfusion sanguine à Treichville dans le cadre de l’‘’Opération de don de 3 000 poches de sang‘’. Sié Coulibaly, le porte-parole, voit l’ex-Fesciste «comme président de la République en 2020 ». Les responsables de mouvements et associations de soutien sont en grande partie initiés par des personnes qui connaissent le leader ou épousé par conviction son idéal politique. C’est le cas, pour n’en citer que quelques-uns, d’Alphonse Soro, Félicien Sékongo, Kouadio Eugène dit Buthelezi (CAP 2020). « Choisissons un deuxième Houphouet-Boigny, c’est-à-dire quelqu’un qui a commencé au bas de l’échelle, un enfant de pauvre et aujourd’hui qui a la chance de manger avec les grands. Quand il sera au pouvoir, il investira dans les hommes et le pays… », invite-il, lui dont il est sûr qu’il prépare une « marée blanche », une mobilisation, pour bientôt. Outre les nouveaux majeurs (18 ans) auxquels s’intéresse principalement CAP 2020, il recrute aussi dans toutes les tranches d’âge. Le mouvement négocie une assise nationale, notamment dans les zones dites acquises à l’ancien président de la République, Laurent Gbagbo.

LE COMITÉ POLITIQUE (CP)
C’est aussi le cas du Comité politique (CP). Son président, Guillaume Soro, annonce une tournée nationale qui devrait l’amener à sonder les populations. Il est question selon lui de s’imprégner de leurs conditions de vie et recueillir leurs propositions d’amélioration de ces situations. C’est à partir de ce vaste sondage que le futur candidat à l’élection présidentielle devrait bâtir son programme de gouvernement. « Dans ce pays, l’on a souvent vu des gens se proclamer candidat du peuple alors qu’il ne parle qu’en leur propre nom. Moi, je veux aller recueillir ses aspirations », décline-t-il les enjeux de la sortie nationale. A bien le comprendre, Guillaume Soro attend que sa candidature soit motivée par le peuple dont il s’engagera à satisfaire s’il était élu les besoins. Il ne fait pas autre chose que l’usage politique qui veut la légitimité d’un politique, candidat de surcroît, émane du peuple.
Le CP, il l’a dit, n’est ni un mouvement ni un parti politique : il est un cadre de réflexion. Cet organe lui permet de rester, jusqu’à ce qu’il se décide de s’allier à un parti, à équidistance des formations qui se réclament de lui. Dans cette posture, où il a une vue sur cette disposition, il peut être à même d’ébaucher outre une feuille de route des orientations. Le Comité en place depuis le 15 février, sa composition devrait être faite sur la base de considérations géopolitiques. Question de représentativité nationale oblige.

LA PLATE-FORME D’ANCIENS PRÉSIDENTS
Une autre représentativité institutionnelle que négocie l’ancien président de l’Assemblée nationale, c’est celle des personnalités qui ont eu à diriger des institutions de la République. Depuis maintenant une semaine, il s’est lancé dans une tournée abidjanaise qui l’a conduit auprès des anciens Premier ministres Charles Konan Banny, Pascal Affi N’Guessan, de l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale, Bamba Moriféré. Il est par ailleurs président du Rassemblement du Peuple de Côte d’Ivoire (Rpci), son parti, et leader de la Coalition débout sauvons la Côte d’Ivoire. Guillaume Soro a eu des entretiens avec Francis Wodié, ancien président du Conseil constitutionnel, et Daniel Aka Ahizi, ancien ministre de l’Environnement des eaux et forêts de 2007 à 2010 et président du Parti ivoirien des travailleurs (PIT). Si le projet est qualifié de « bonne idée » ou de «haute idée », gagnant ainsi la faveur des personnalités sus citées, il semble ne pas enchanter le Pr Mamadou Koulibaly. Selon cet ancien président de l’Assemblée nationale de 2001 à 2012, au lieu de créer des plateformes contre Alassane Ouattara, il vaut mieux créer des plateformes pour la Côte d’Ivoire.
En tout état de cause, il reste que l’idée de son prédécesseur prenne forme, espère ce dernier, afin qu’elle serve d’outil de réflexions sur l’avenir du pays.

LA PLATE-FORME DES DÉMOCRATES
Pour cette autre plate-forme en construction à l’initiative d’Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda, subsiste une question sans réponse encore. Soro entrera, n’entrera pas ? Cependant, pour les besoins des travaux, Guillaume Soro s’est rendu récemment à Daoukro, où il a eu un tête-à-tête avec l’ancien chef d’Etat. Les ‘’père‘’ et le ‘’protégé‘’ après avoir dansé, lors de leur première rencontre, et marché main dans la main à la deuxième, montrent ils qu’ils sont en phase sur cette idée de réunir les personnes éprises de paix et de démocratie, selon Henri Konan Bédié ? « Quand on vous arrache le tabouret, vous ne pouvez pas rester longtemps debout. J’ai donc décidé, pour ne pas rester longtemps debout, de créer le Comité politique dont je suis le président », justifie M. Soro, à cette rencontre, la création de son CP.
La proximité des deux personnalités laisse présager qu’elles ont beaucoup à entreprendre ensemble.
Et à ce propos, la signature imminente, a-t-on appris, de l’acte de création de la plate-forme situera l’opinion. Une chose est également certaine, ici, c’est que la plate-forme des démocrates représente un tremplin assez important et bénéfique pour qui veut avoir un mot imposant à dire dans la bataille électorale de 2020. Les outils de réflexion et d’action comme, on peut convenir, ne peuvent être exhaustifs. L’échéance ciblée étant encore loin, il n’y a à exclure que d’autres organes prennent forme dans le sillage de l’ancien chef du Parlement ivoirien.
Bidi Ignace, in Générations nouvelles

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