La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative progressive. Elle est provoquée par des lésions qui altèrent progressivement le fonctionnement descellules du cerveau. Elle touche notamment la mémoire, le langage, l’orientation, le raisonnement et, parfois, le comportement.
Pourquoi certains comportements sont-ils mal interprétés ?
Une personne malade peut :
oublier des événements récents ou répéter les mêmes questions ;
se perdre dans un lieu familier ;
ne plus reconnaître certaines personnes ;
devenir méfiante, anxieuse ou agitée ;
accuser un proche d’avoir volé un objet qu’elle a elle-même déplacé ;
voir ou entendre des choses qui ne sont pas présentes ;
changer d’humeur ou de comportement.
Ces manifestations ne signifient pas que la personne fait exprès ou qu’elle est « folle », possédée ou victime de sorcellerie. Elles résultent des modifications qui se produisent dans son cerveau. La personne ne les choisit pas et ne cherche pas volontairement à créer des difficultés.Le mot « folie » n’est d’ailleurs pas un diagnostic médical. Il entretient la peur, la honte et le rejet.

Ne jugeons pas ce que nous ne comprenons pas. Informons-nous pour protéger la dignité de chaque personne.
Les accusations de sorcellerie ont des conséquences graves
Dans certains contextes, le manque d’information conduit à considérer les personnes vivant avec une démence comme des sorciers ou des personnes dangereuses. Elles peuvent alors être cachées, abandonnées, maltraitées, privées de soins ou exclues de la communauté. Alzheimer’s Disease International souligne, dans son rapport mondial sur l’Alzheimer de 2019 que ces croyances constituent une cause importante de stigmatisation en Afrique subsaharienne. La sorcellerie étant courante dans la région, elle contribue fortement à la stigmatisation des personnes vivant avec une démence. (World Alzheimer Report 2019: Attitudes to dementia)
Lutter contre la stigmatisation, c’est :
comprendre ce que sont la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées
parler de maladie et non de folie ou de sorcellerie ;
éviter les moqueries, les insultes et les accusations ;
encourager une consultation médicale dès l’apparition de signes inhabituels ;
écouter la personne avec patience, sans la confronter brutalement à ses erreurs;
continuer à l’associer à la vie familiale et sociale ;
soutenir les proches et les aidants ;
protéger sa dignité, sa sécurité et ses droits.
Une consultation est importante, car certains symptômes ressemblant à ceux de la maladie d’Alzheimer peuvent avoir d’autres causes, parfois traitables. Le diagnostic permet également de mieux comprendre les comportements et d’organiser l’accompagnement.
À retenir : Alzheimer est une maladie du cerveau. Ce n’est ni de la folie, ni de la sorcellerie, ni une punition. La personne malade a besoin de soins, de compréhension, de protection et de respect.
14 Facteurs de risque de la démence :
#1 l’inactivité physique
#2 le tabagisme
#3 la consommation excessive d’alcool
#4 la pollution atmosphérique
#5 les lésions cérébrales
#6 la faible interaction sociale
Pourquoi la faible interaction sociale est-elle un facteur de risque de démence ?
Les relations sociales sollicitent continuellement le cerveau : écouter, parler, se souvenir, reconnaître les personnes, comprendre les émotions et s’adapter à une conversation. Lorsque ces stimulations deviennent rares, plusieurs mécanismes peuvent augmenter la vulnérabilité du cerveau :
- Moins de stimulation cognitive : les échanges sociaux font travailler la mémoire, le langage, l’attention et le raisonnement. Une vie sociale active contribuerait ainsi à renforcer la « réserve cognitive », c’est-à-dire la capacité du cerveau à mieux résister aux lésions liées à l’âge ou à la maladie.
- Risque accru de dépression et de stress chronique : l’isolement peut favoriser la tristesse, l’anxiété et la dépression, elles-mêmes associées à une augmentation du risque de démence.
- Moins d’activité physique : une personne isolée peut sortir et bouger moins souvent. Or, l’inactivité physique augmente les risques cardiovasculaires et réduit les effets protecteurs de l’exercice sur le cerveau.
- Moins bonnes habitudes de santé : l’isolement peut être associé au tabagisme, à une consommation excessive d’alcool, à une alimentation moins équilibrée ou à un moins bon suivi médical.
- Fragilisation de la santé cardiovasculaire : l’isolement et le stress peuvent contribuer à l’hypertension et aux maladies cardiovasculaires, susceptibles d’endommager les petits vaisseaux qui alimentent le cerveau.
La Commission du Lancet reconnaît donc l’isolement social comme l’un des 14 facteurs de risque modifiables de démence. Cependant, il s’agit d’une association et non d’une fatalité : une personne isolée ne développera pas nécessairement Alzheimer. La relation peut également fonctionner dans les deux sens, car les premiers changements liés à la maladie peuvent pousser une personne à se retirer progressivement de la vie sociale.
Appel à l’action : Entretenez régulièrement vos relations : échangez avec vos proches, participez à une activité communautaire, culturelle, religieuse ou associative, pratiquez une activité physique en groupe et prenez des nouvelles des personnes isolées.
Chaque conversation fait travailler le cerveau. Maintenir le lien social, c’est aussi prendre soin de sa santé cérébrale.
Demain nous aborderons la question de l’éducation des enfants à la santé cérébrale, une approche unique de la Maison de nos Parents à la maladie d’Alzheimer. Nous présenterons aussi le septième facteur de risque : #7 le faible niveau d’éducation.
Pour plus d’informations, suivez les pages La Maison de nos Parents sur Facebook et Instagram : @alzheimerciv
La Maison de nos Parents
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