Accompagné de plusieurs cadres de la région que lui, Pr Yao N’Guessan Alfred, a entrepris une tournée d’information et de sensibilisation, dans le cadre de la promotion du peuple Agni Bandama dont ils se réclament.

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Durant trois jours, du jeudi 20 au samedi 22 août 20206, lui et ses pairs ont visités plusieurs villages situés le long du fleuve Bandama.

« Nous avons commencé par Nandibo, après on a fait Dongbo, Tamambo, Awanou. De là Amoutua est juste à côté, nous avons continué à Boussué, à Binao. Nous sommes allés à Morokro, nous sommes descendus pour aller dire bonjour à nos frères Elomoin de Tiassalé et d'Awia. Nous avons continué à Broubrou, qui est la première étape de notre tournée », a-t-il indiqué.

Avant d’ajouter que « nous allons continuer d'autres tournées pour visiter tous les villages, pour qu'à la fin, nous puissions nous reconnaître comme Agni et montrer à la face de la Côte d'Ivoire et au monde que nous sommes des Agni, que désormais, nous comptons en tant que tel dans la Côte d'Ivoire ».

Sur la raison de cette initiative, le physicien de formation révèle que « c'est un fait culturel. Comme je le dis, je passe dans beaucoup d'endroits. Et le fait culturel, c'est que je parle Agni. Quand je suis dans en pays Sanwi, en pays Moronou, quand je parle mon Agni, ils ne me reconnaissent pas comme Agni. Quand je vais en pays Baoulé, quand je parle, on me reconnait comme Agni ».

C’est donc pour corriger cette anomalie conceptuelle qu’il initie cette démarche de restauration de la vérité sur le peuplement de ses parents.

« Dans le peuplement de la Côte d'Ivoire, et c'est établi par des historiens, par des archéologues, il est établi, et les cartes existent, que ce peuplement-là, il est Agni. Alors, si le peuplement est Agni, pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, quand on cite en Côte d'Ivoire les Agni, nous sommes omis ? Donc, c'est pour corriger cela. C'est une idée que nous avons eue. Il était question de partager cette vision avec les sachants, les parents, les chefs, car c'est eux qui détiennent la vérité. Et si cela s'avère, on se mettra ensemble pour qu'au niveau de la communication, nous puissions dire à la face de la nation ivoirienne que, ici aussi, existent des Agni. C'est toute la démarche que nous faisons. Nous avons pris le temps de visiter des villages Agni qui sont étalés sur le département de Grand-Lahou et de Tiassalé, principalement dans le long du fleuve Bandama », révèle le Directeur de Cabinet du ministère des Sports.

Quant au nom que pourrait porter ce peuple, Pr Yao N’Guessan Alfred dit s’en remettre aux parents.

« Il y a des Agni Sawa, des Agni Alagoua, des Agni Asrin, des Agnis Amentiè. Mais du fait de la proximité des autres peuples, notre Agni, je ne dis pas que ça a été dénaturé, mais l'accent a un peu changé. C'est pour cette raison que les autres frères Agni, quand nous parlons, nous prennent pour les Baoulés. Donc c'est ce fait-là que nous devons établir, que nous sommes Agni. On ne se revendique pas Agni, nous sommes Agni. Et il faut que ce soit ainsi accepté par tous, pour que nous puissions avancer. C'est une question qu'on peut avancer, particulièrement le peuple Agni, qui longe le Bandama. C'est pourquoi nous disons, pour l'heure, en français, les Agni du Bas-Bandama. Nous verrons avec les parents, quel sera le vocable qui va regrouper tous ces Agni-là ».

Relativement à la présence des Agni dans cette partie de la Côte d’Ivoire, il signale ceci : « On voit que c'est des Agni du Bas-Bandama, puisque dans la migration de la Côte d'Ivoire, dans la migration du peuple akan en Côte d'Ivoire, il y a certes des Baoulés, mais il y a aussi des Agni. Et nous savons très bien que les Agni et les Baoulés ont transité par Tiassalé, dans cette zone-là, du Bas-Bandama. Et donc ce sont les Agni qui sont restés sur place, pendant que les autres poursuivaient leur chemin », a dit le député de Grand-Lahou qui a fait une grande révélation sur le peuplement de sa circonscription électorale.

« Moi je suis de Grand-Lahou. Mais il ne faut pas confondre le département de Grand-Lahou avec le peuplement. L'administration ivoirienne a fait un découpage. Je peux vous citer des villages Agni de Grand-Lahou. Nandibo, Dongbo, Tamabo, Awanou, Bakanda, Amiafoutou, ce sont des villages Agni qui sont dans le découpage administratif, qui se retrouvent dans la sous-préfecture de Grand-Lahou.

En son temps, au niveau de la colonisation, on parlait du canton. Le canton Bandama, qui est dans la subdivision de Grand-Lahou, est Agni. Il y a deux cantons, Dida : Yokobo et Lozoua et un seul canton, Avikam. Voilà la construction de Grand-Lahou.

Donc quand nous nous retrouvons à Grand-Lahou, ne pose aucun problème. C'est un découpage administratif qui nous a mis à Grand-Lahou, simplement. Mais ce n'est pas le peuplement.

Le peuplement, le découpage administratif ne suit pas le peuplement de la Côte d'Ivoire », insiste l’élu.

Pour finir, Pr Yao N’Guessan Alfred invite ses parents Agni Bandama à revendiquer fièrement leur appartenance tout avouant que d’autres initiatives existent sur la question.

« Aujourd'hui, je suis là en tant que mobilisateur, initiateur de cette idée. Mais j'avoue que je ne suis pas le premier. Beaucoup d'écrits ont été faits sur ce peuple Agni, l'existence du peuplement Agni dans le Bas-Bandama. Nous ne faisons que faire la promotion avec les uns et les autres, à commencer par nos chefs de village, nos propriétaires terriens, les cadres qui se reconnaissent comme Agni ».

TRETA Zoumana

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