A la guerre comme à la guerre. Et par procuration, entre Thiam et Guikahué. C'est cela qui semble ressortir des propos de la position du délégué départemental Gagnoa 1 du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), Me Kouoto-Atabi Honoré, un inconditionnel de l’ex-secrétaire exécutif en chef du Pdci.

Dimanche 16 novembre 2025, l’avocat a animé une conférence de presse à Gagnoa. « Sachez d’emblée que 17 sur 19 des secrétaires de section de notre circonscription électorale qui compte 72 villages et 150 campements pour une population électorale 36 390 électeurs, ont porté leur choix sur le professeur Guikahué », a insisté Me Atabi.

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Me Kouoto Honoré ATABI, délégué PDCI Gagnoa 1 et avocat de Maurice Kakou Guikahué

Répondant à la question de savoir pourquoi Guikahué est candidat indépendant, il a expliqué dans les moindres détails, le « complot » de la direction, contre le choix de la base. « Nous allons en indépendant, parce que la haute direction a refusé ce que le comité de 15 personnes de la Haute représentation du Gôh-Djiboua, chargé d’examiner les candidatures a accepté. Pis, celui qu’ils ont choisi n’est membre d’aucune section du Pdci de notre circonscription électorale, n’a jamais pris part aux réunions du Pdci ici à Gagnoa, et aucun militant de la base ne le connaît, en dehors du fait qu’il soit président de l’Association Agni-Baoulé de Gagnoa », a indiqué le coordonnateur régional du Goh, au niveau de la haute représentation du Goh-Djiboua. Il a assuré qu’en sa qualité de « préfet du Pdci» dans sa circonscription électorale, il a été fort surpris de constater qu’il y avait deux autres cadres candidats, (Dakoury Stephane et Yao Kouamé René), qui ne sont pas rattachés à ses registres et ne participent à aucune réunion depuis.

Et Guikahué devint indépendant

 « Pour se donner bonne conscience, la direction parle. Mais tout est faux», affirme le membre du bureau politique du PDCI-RDA. Selon le juriste, le Pr Guikahué n’a jamais décidé à priori d’aller en indépendant. Seulement, « la stratégie mise en place par la haute direction, était que Guikahué reste dans l’attente de l’appel de la direction du parti et qu’il soit forclos au niveau de la Cei. Mais, j’ai quand-même été 15 ans commissaire de police et Guikahué a occupé de très hautes fonctions dans le parti. Nous avons quand même des réseaux », lance Atabi Honoré.

Maurice Kakou Guikahué, ex-N°2 du PDCI-RDA et député sortant

Puis il poursuit. «Je me suis rendu au siège de la Cei, avec un dossier, où la mention ne précisait pas Pdci ou indépendant, parce que nous avions des informations soutenant que le Pr Guikahué n’avait pas été le choix de la haute direction. Et que ce choix s’était porté sur M. Yao. Ce dernier, n’ayant pas été retenu par le comité électoral du district, s’en allait pour être candidat indépendant, lorsqu’il a été rappelé par la haute direction, lui demandant de venir récupérer son mandat. Il était 14 heures, quand nous avons eu cette information », lâche le conférencier.

« J’arrive donc à la Cei à 17h45 et j’ai le numéro huit (8), quand M. Yao a le ticket numéro sept (7)», révèle le juriste. Il indique que les membres de la haute direction, dont Dia Houphouët, arrivent à la Cei peu après 20h00. Nous les taquinons en demandant notre lettre d’investiture. « Les gens bottent en touche dans la bonne camaraderie », dit-il.

Selon l’avocat, ils auraient pu lui remettre la lettre d’investiture de Guikahué, s’ils l’avaient, ou l’informer que la haute direction n’a pas retenu le candidat proposé par le comité des 15 membres, mais a plutôt porté son choix sur  Yao Kouamé René, assis juste devant.

« Il faut être élégant, même quand on veut être méchant », s’indigne l’animateur principal du parti au niveau local. « Guikahué n’est pas n’importe quel militant, et jusqu’à 21h30, nous n’avions pas encore la réponse officielle de la direction. Nous avons donc anticipé pour ne pas être pris à défaut par la direction », a déclaré Me Atabi.

Puis d’affirmer que « la mention était nue sur la feuille et on savait ce qui se tramait. Donc,  à 21h39, c’est moi qui ai écrit de ma main, ‘Indépendant’, sur la feuille, parce que je voyais que c’était un traquenard ». Il indique que la direction n’a pas joué franc jeu avec l’ancien numéro deux du Pdci, qui à son corps défendant, a été contraint d’aller en indépendant.

Le délégué départemental conclut sa conférence, en expliquant être dans une position délicate. « Le choix ultra majoritaire de la base m’oblige à suivre mes militants. Je suis donc obligé et je n’ai pas d’autres choix que d’être avec elle et c’est d’ailleurs ce que la base m’a demandé de faire. Donc, je vais animer sa campagne. Au demeurant, je me verrais bien obliger de me mettre en congé de ma fonction de délégué départemental », a-t-il lâché. 

Avant de lever la séance, il a tenu à préciser que c’est « plutôt la haute direction par son attitude qui livre M. Yao Kouamé à la vindicte populaire des militants, que d’accuser l’ancien ministre de la santé, de xénophobe. Sinon que depuis toujours, le suppléant de Guikahué, colonel Yobouet est Baoulé ».

In L’Inter N°8202 du mardi 18 novembre 2025