Ce samedi 12 septembre, Yamoussoukro sera le théâtre de l’Assemblée générale élective de la Fédération ivoirienne de football (FIF). Mais derrière le décorum et les discours officiels, une réalité s’impose : l’élection du président de la FIF ne devrait être qu’une formalité.

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Idriss Diallo Yacine, candidat à sa propre succession, est en effet le seul prétendant en lice. En l’absence de véritable compétition, l’enjeu électoral disparaît presque totalement. La question qui mérite désormais d’être posée n’est donc plus de savoir qui dirigera la FIF, mais plutôt ce que le football ivoirien peut réellement attendre de ce nouveau mandat.

Un premier mandat entre promesses et résultats attendus

Lors de son accession à la tête de la FIF, Idriss Diallo Yacine avait affiché de nombreuses ambitions pour le football ivoirien. Développement du football local, détection et formation des jeunes talents, amélioration des compétitions nationales, professionnalisation des clubs et meilleure structuration de la discipline figuraient parmi les grandes orientations annoncées.

Mais au terme de ce premier mandat, le bilan sur le terrain laisse de nombreux observateurs et confrères du milieu du football sur leur faim.

Les annonces ont souvent été faites en grande pompe. Les résultats, eux, semblent beaucoup plus difficiles à percevoir.

La détection des jeunes talents en est une illustration. Des opérations et programmes de détection ont été annoncés avec beaucoup de communication. Mais sur le terrain, la question demeure : quels sont les résultats concrets et durables de ces initiatives ? Combien de jeunes ont véritablement été identifiés, accompagnés, formés et intégrés dans un parcours de haut niveau ?

Car le football ne se développe pas uniquement à travers des cérémonies, des conférences de presse ou des annonces. Il se mesure dans les centres de formation, sur les terrains, dans les clubs, dans les compétitions de jeunes et dans la capacité à faire émerger une nouvelle génération de joueurs.

Le football local toujours en quête de décollage

Autre interrogation majeure : où en est réellement le football local ivoirien ?

Malgré le prestige dont jouit le football ivoirien sur le continent et les succès des Éléphants, le championnat national et, plus largement, l’écosystème du football local restent confrontés à de nombreuses difficultés.

Les clubs peinent toujours à disposer de moyens suffisants. Les infrastructures demeurent une préoccupation. La formation et l'encadrement des jeunes nécessitent encore des investissements importants. Et le championnat ivoirien peine à franchir un véritable cap en matière d’attractivité, de professionnalisation et de valorisation de ses talents.

Le paradoxe est là : la Côte d’Ivoire dispose d’un immense réservoir de talents, mais peine encore à bâtir un système suffisamment performant pour les détecter, les former et les conserver.

Le football ivoirien ne peut pas éternellement compter sur son potentiel naturel. Il lui faut une politique structurée, évaluée et surtout visible sur le terrain.

Et maintenant, que peut-on attendre du second mandat ?

Puisqu’Idriss Diallo Yacine est seul candidat, les électeurs auront davantage à valider une continuité qu’à choisir entre deux projets.

Dès lors, une question s’impose : qu’est-ce qui devrait changer durant ce nouveau mandat ?

Les Ivoiriens peuvent-ils raisonnablement s’attendre à un bouleversement miraculeux alors que les principales difficultés du football local restent largement les mêmes ?

Un second mandat ne devrait pas être une simple prolongation du premier. Il devrait être l’occasion de présenter des objectifs précis, mesurables et vérifiables, avec des échéances et des résultats attendus.

La détection doit produire des talents. La formation doit produire des joueurs. Les compétitions doivent gagner en qualité. Les clubs doivent se professionnaliser. Les infrastructures doivent progresser. Et le football local doit enfin devenir une véritable priorité.

Une élection sans suspense, mais un mandat sous surveillance

Cette Assemblée générale élective de Yamoussoukro aura donc une particularité : il y aura bien une élection, mais pratiquement pas de suspense électoral.

Le véritable verdict ne sera pas forcément celui des urnes. Il se fera dans les prochaines années, sur les terrains et dans les clubs, au contact des jeunes footballeurs, des dirigeants, des entraîneurs et de tous ceux qui font vivre le football ivoirien au quotidien.

Idriss Diallo Yacine aura désormais quatre années supplémentaires pour démontrer que les ambitions annoncées lors du premier mandat peuvent se transformer en réalisations concrètes.

Car après les promesses, les annonces et la communication, le football ivoirien attend désormais des actes.

Et la question que beaucoup se posent déjà est simple : que peut-on attendre de miraculeux de ce nouveau mandat si le premier n’a pas permis au football local de franchir le cap espéré ?

Le nouveau mandat commence ce samedi. Le compte à rebours, lui, a déjà commencé.

Moustapha OUATTARA

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