L'ESSENTIEL EN 3 POINTS
- Près de 10 000 fidèles catholiques se sont rassemblés dimanche 8 mars à la paroisse Saint Jean de Morofé pour le pèlerinage des vicariats Cardinal Bernard Agré et Monseigneur Paul Ahouanan. Au cœur d
- Sujet d'actualité majeur décrypté par notre rédaction.
- Analyse des retombées et perspectives pour les acteurs concernés.
Près de 10 000 fidèles catholiques se sont rassemblés dimanche 8 mars à la paroisse Saint Jean de Morofé pour le pèlerinage des vicariats Cardinal Bernard Agré et Monseigneur Paul Ahouanan. Au cœur de la célébration, conduite par Père Thomas N’guessan, Curé de la paroisse Notre Dame de la Garde de N’Zuessy, adoration, prière, médiation, enseignement autour du thème, évocateur « Vicariat en marche : à l’écoute de l’Esprit, tous responsable de la mission », louange, partage et surtout l’homélie du Père Jean Olivier Nacanabo qui a marqué les esprits par son appel vibrant à la conversion, à la fraternité et à l’espérance.








Partis du carrefour des deux Lacs, les pèlerins ont convergé vers Morofé dans une atmosphère de ferveur et de communion. La messe, présidée par le Père Thomas N’guessan, a été suivie avec recueillement. L’homélie de l’abbé Jean Olivier Nacanabo, a donné la nourriture spirituelle tant attendue en pareille rassemblement.
S’appuyant sur l’Évangile du jour, le Père Nacanabo a rappelé la rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob. « Jésus est au bord avec vos fatigues », a-t-il lancé aux fidèles, invitant chacun à reconnaître ses lassitudes et ses épreuves pour les confier au Christ. La soif spirituelle de la Samaritaine devient ainsi le symbole de la quête universelle de sens et de paix.
En ce 8 mars, Journée internationale des droits de la femme, le curé a tenu à saluer « les mamans, les sœurs, piliers de nos familles et de notre Église ». Dans une atmosphère fraternelle, il a invité les fidèles à souhaiter une joyeuse fête aux femmes présentes, rappelant leur rôle essentiel comme « sourires de Dieu dans nos foyers et nos communautés ».
ABANDONNER LA CRUCHE POUR CONVERSION A LA LUMIERE DE L’ÉVANGILE
L’homélie s’est structurée autour de trois axes : la fatigue de l’humanité portée par Jésus, la symbolique des cinq maris représentant les idoles et les sens, et enfin l’appel à « laisser sa cruche » pour devenir messager de la Bonne Nouvelle. « Abandonne ta cruche ici à Morofé et pars annoncer l’Évangile », a exhorté le Père Nacanabo, invitant les pèlerins à se libérer des rancunes, divisions et habitudes qui freinent leur marche vers Dieu. « Le point culminant, la pointe de cette péricope, c'est celui où la femme, ayant reconnu en Jésus le Messie, le Sauveur, laisse là sa cruche pour courir au village annoncer la bonne nouvelle. Elle croit maintenant qu'elle a rencontré un prophète et elle part en messagère, en évangélisatrice, annoncer cette bonne nouvelle à ses frères et sœurs. Voilà la transformation que le dialogue entre la samaritaine et Jésus a donnée. Par le contact, par la parole, elle s'est convertie et elle devient un instrument pour Jésus. Pour annoncer donc l'évangile symboliquement, elle abandonne ses anciennes pratiques, et même ses besoins. Elle est venue chercher l'eau, mais point d'eau. Elle part rapidement informer les siens qu'elle a trouvé le prophète, le Messie dont on parle. Elle n'a plus besoin de récipients de sa vie passée car elle porte désormais en elle la source de l'eau vive, Jésus… », a-t-il appelé à une profonde conversion les fidèles notamment les baptisés.
Poursuivant son appel à la conversion des cœurs il indiquera « Pèlerins venus à ce pèlerinage de nos deux vicariats, que représente cette cruche ? Peut-être que cette cruche représente pour toi les rancœurs que tu as emmagasinées, le péché que tu as emmagasiné, le désir de vengeance que tu as en toi, le manque de pardon. Eh bien, tu dois aussi abandonner cette cruche ici à Morofé en repartant pour que ta vie change et que tu aies un nouveau départ avec ton Seigneur et ton Dieu. Ce poids qui nous empêche de courir vers nos frères ce sont aussi ces fausses sécurités que parfois nous avons en disant, si je portais la bague, je n'aurais pas d'accident, si je prends telle chose, ça va m'éviter d'être soumis à l'autre. Ou alors, pour sécuriser mon mari, il m'a donné telle chose. Mon frère, ma sœur, aujourd'hui, abandonne cette cruche de la fausseté et rejoins Jésus les mains libres et cours annoncer que tu as rencontré le Sauveur Jésus. Changer désormais, en repartant de Saint Jean de Morofé vers nos quartiers respectifs, ne reprenons pas nos anciennes cruches de division, de haine, repartons avec la source jaillissante en nous. Comme la Samaritaine est devenue l'apôtre, l'évangélisatrice de sa ville, nous aussi devenons les apôtres de Yamoussoukro… », a-t-il à nouveau appelé avant de souligner que « le carême, est un temps pour nous de conversion, de retour véritable à Dieu. » « Venir au puits à midi, c'est venir à la lumière. Jésus fait la lumière sur la vie de cette Samaritaine. Frères et sœurs, par l'intercession de saint Jean le Disciple bien-aimé qui a contemplé le sang et l'eau qui ont jaillis du côté de Jésus, demandons la grâce d'une véritable conversion. Et ce pèlerinage ne soit pas un pèlerinage de plus, un événement d'un jour, mais véritablement le début d'un nouveau départ avec Christ. »
Au-delà de la célébration, le message du curé a résonné comme un appel à la conversion et à l’engagement communautaire. Les fidèles sont repartis avec la conviction que ce pèlerinage ne devait pas être « un événement de plus », mais le début d’un nouveau départ spirituel et fraternel pour les paroisses de Yamoussoukro « Que nos paroisses de Yamoussoukro ne soient plus des îles isolées, mais des oasis où l'eau vive coule en termes de paix, de rencontres, de relations fraternelles et amicales, où la vérité et la justice sont pourvues. »
ANL




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