Elu par un coup d’état statutaire (il ne remplissait pas les conditions de 10 ans au Bureau politique), Tidjane Thiam règne en dictateur sur le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), depuis le 22 décembre 2023. Radié de la liste électorale, ce qui compromet sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2025, M. Thiam veut couler le PDCI-RDA avec lui.

Tout commence avec madame Valérie Yapo, membre du Bureau politique. Pour avoir démissionné de son poste de déléguée communale d’Akoupé et dénonçant un mauvais casting pour la nomination du haut représentant en la personne de Yapo Caliste, Valérie Yapo a reçu, par voie de commissaire de justice, une notification d’exclusion temporaire sans limite. Le PDCI et son président ont fait face à la justice suite à une plainte de l’ex-déléguée d’Akoupé. Le résultat : Valérie Yapo gagne le procès, elle est réhabilitée, réintégrée par la justice et toutes les décisions issues du 8eme Congrès extraordinaire ont été annulées y compris la Convention qui a désigné M. Thiam comme candidat du PDCI à la présidentielle d’octobre 2025. Le PDCI-RDA a, dans ce procès, échappé à une mise sous tutelle du ministère de l’Intérieur.
Le lundi 18 août dernier, des anciens membres de l’ex-Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (MEECI), conduits par Anoma Kouao Magloire, délégué PDCI-RDA d’Aboisso commune ; et la Coordination des cadres du PDCI-RDA conduite par Claude Innocent EMOLO se sont mis ensemble pour créer l’Initiative pour la Réconciliation et la Sauvegarde du PDCI-RDA (IRS_PDCI-RDA). Ils ont animé un point de presse, à la Maison de la presse d’Abidjan (MPA), pour dénoncer des dysfonctionnements au PDCI-RDA et réclamé une réunion du Bureau politique pour se parler et aplanir les différends pour une réconciliation et sauvegarder les intérêts du parti bientôt octogénaire (80 ans en 2026).
Il n’en fallait pas plus pour soulever le courroux du nouveau "gourou" du PDCI-RDA. Trois (3) jours après leur point de presse, Anoma Kouao Magloire, Emolo Claude et Kouamé Yao Albert ont été limogés de leurs postes de délégués PDCI-RDA par le président Tidjane Thiam. La démocratie, le dialogue et la tolérance ont foutu le camp pour que s’installe la pensée unique, avec à la clé la dictature, au PDCI-RDA.
Ce que M. Thiam a oublié et qui risque de l’emporter ou mettre le PDCI-RDA sous tutelle (à moins que son objectif soit la liquidation du parti fondé par Félix Houphouët-Boigny en 1946), c’est qu’Anoma Kouao Magloire, introduisant la déclaration qui a été lue, lundi dernier, par Pr Yao Albert Kouamé, n’a pas manqué de lancer une pique à la direction du parti : «Quand on n’a pas d’argument, on se tait. Quand on ne peut pas gérer, on rend le tablier.» Et de lancer un ultimatum à la direction du parti: «Après le 26 août, délai de rigueur du dépôt des dossiers de candidatures, c’est le tribunal ou la police qui va nous séparer».
Va-t-on assister à un autre épisode judiciaire et l’implosion voulue par Tidjane Thiam? Tout porte à le croire. Mais, en attendant, les débarqués ruminent leur colère et peaufinent leur stratégie de réaction.
Gilles Richard OMAEL





Espace Discussion Réservé aux Abonnés Premium
Participez aux analyses de notre communauté de lecteurs. Cet espace est exclusivement accessible aux abonnés de l'offre Premium d'Africanewsquick.
Déjà abonné ? Se connecter