L'ESSENTIEL EN 3 POINTS
- Les deguerpis de Vridi-Canal, encore appelé Vridi-Village, deux mois après la démolition manu militari de leurs logements. A moins que la justice tranche...
- Sujet d'actualité majeur décrypté par notre rédaction.
- Analyse des retombées et perspectives pour les acteurs concernés.

Les deguerpis de Vridi-Canal, encore appelé Vridi-Village, deux mois après la démolition manu militari de leurs logements. A moins que la justice tranche. C'est, du moins, ce qu'on laissé entrevoir les porte-parole de ces populations lors de leur troisième conférence de presse tenue ce dimanche 3 Août 2026. ils ont dénoncé les conditions de leur expulsion et annoncé leur décision de saisir les tribunaux.
Face aux médias, Tahirou Mohamed, secrétaire général de la mutuelle des déguerpis, et Bandé Karamoko Abdoulaye, superviseur de la mutuelle, ont affirmé que les démolitions des 5 et 6 juin derniers ont été menées « sans préavis, sans mise en demeure et sans aucune sensibilisation ».
Selon eux, près de 60.000 personnes réparties en 6.000 familles ont été brutalement jetées à la rue. « Nous voulons rester sur notre site. Même si l'État avait besoin de ces terres, il aurait dû procéder à un recensement préalable, nous reloger et nous indemniser », a déclaré Tahirou Mohamed.

Les responsables de la mutuelle soutiennent que le quartier est occupé depuis les années 1930 par les descendants des ouvriers ayant participé au creusement du canal de Vridi. « Nous disposons de documents attestant que nos parents vivent ici depuis 1935. Vridi est avant tout un village et nous payons nos impôts. L'autorité connaît notre existence », ont-ils insisté.

Les ex-riverains disent également avoir découvert, après les démolitions, l'installation d'une pancarte de la SOGEDI sur le site. Ils affirment avoir appris que l'espace serait destiné à accueillir un parking pour les camions desservant le Port autonome d'Abidjan. « Comment peut-on jeter des milliers de familles à la rue juste pour stationner des camions ? Cela relève d'une cruauté et d'un cynisme inqualifiables », ont-ils dénoncé.
Estimant avoir été victimes d'une «expropriation », les porte-parole de la mutuelle annoncent avoir mandaté des avocats pour engager une procédure judiciaire. Ils réclament justice, un recensement des familles sinistrées, un relogement ainsi qu'une indemnisation.
À travers cette sortie, les ex-habitants de Vridi-Canal appellent les autorités à privilégier le dialogue et à trouver une solution durable pour les milliers de familles qui, selon eux, continuent de subir les conséquences sociales et humanitaires de ce déguerpissement.
Isaac Grobly Gbegnon
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