À l’occasion d’un podcast sur une Chaine Youtube consacré à l’immersion dans le parcours des personnalités publiques et politiques et diffusé le 10 juillet 2026, Diamala Kouassi Raphaël, Maire de M’bahiakro, dresse le bilan de son premier mandat à la tête de cette commune de la région de l’Iffou. Diplômé de HEC Paris en finance, stratégie et performance des organisations, l’Homme politique s’appuie sur plus de vingt ans d’expérience dans la haute administration ivoirienne pour porter une vision ambitieuse du développement local. Dans cet entretien, il revient sur ses réalisations, les défis rencontrés et les perspectives qu’il entend concrétiser pour faire de M’bahiakro une commune moderne, attractive, solidaire et prospère. Entretien.

 

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Elu Maire en 2023, qu’est-ce que ça fait et est-ce que vous vous attendiez à celà?

Merci. C'était une fierté pour moi et une immense joie d’avoir été élu. Et quand j’ai vu ces populations qui étaient venues à la passation de charge, je me suis dit que c'était une grande responsabilité que je venais de prendre. Car je me disais que le quotidien de ces  populations ferait partie désormais de mes responsabilités.

 

Dès les premiers instants que vous avez franchi la mairie de M’bahiakro, quel   est le sentiment qui vous a animé ?

Sentiment de fierté et de responsabilité. Je me suis dit que désormais je devrais conduire ces populations vers sa destinée, transformer l'économie de cette commune pour que M’bahiakro ait un beau visage au niveau de la Côte d'Ivoire.

 

Etant enfant, est-ce que vous aviez pour ambition de devenir maire ?

En toute franchise, tout jeune, nous cherchions à faire nos études, avoir des diplômes et à servir la nation. Et vous allez voir dans mon Curriculum vitae toute ce que j’ai fait mais un jour je me suis dit que cette expérience pouvait servir à ma communauté. Et c’est ce jour que j'ai décidé de m'engager afin de pouvoir être au service de la population.

 

Alors vous avez un programme émergent pour Mbahiakro, est ce que vous pouvez nous en dire plus ?

Oui nous sommes venus pour faire développer M’bahiakro,  pour faire transformer M’bahiakro, Après la grande sécheresse de 1985, il faut dire qu’économiquement M'Bahiakro était perdue. Tout jeune, j’ai fait toute mon enfance, de l’école primaire à M’bahiakro avant de venir à Abidjan, pour les études universitaires.  j'ai vu qu'il n'y avait pas d'attractions, Donc, il fallait avoir une vision : celle de faire de M’bahiakro le HUB de l’Iffou, donner une note d’attractivité à M’bahiakro, des activités génératrices de revenus à nos populations afin de pouvoir se prendre en charge et donner une économie durable.

 

En toute chose il y a des difficultés, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

Vous savez que tout changement est toujours difficile. Il a été difficile pour la population  de comprendre que désormais je suis le maître de toute la population et non le maire ni le délégué, ni le partisan d'une partie de la population. Aujourd'hui, les parents comprennent difficilement que je m'occupe de tout le monde alors que le maire est là pour tout le monde et est là pour le développement. Ils veulent qu'on les aide individuellement. Or il faut travailler  par association, par coopérative afin de pouvoir bénéficier des projets et pouvoir vraiment travailler, être unis est unique et travailler ensemble pour bâtir l’économie de M’bahiakro. Cela est un peu difficile pour nos parents qui n’étaient pas habitués à cela. Or, aujourd’hui, nous sommes dans une gouvernance participative. Il faut que nous soyons unis, travaillons ensemble pour que nous puissions vraiment faire booster l’économie.

 

En parlant de projets, depuis 2023 quels sont les projets que vous avez pu réaliser pour M’bahiakro?

Il faut dire que nous avons des projets très structurants aux niveaux agricoles, éducatifs et  sanitaires. Dès notre prise de fonction, nous avons réhabilité les écoles. La santé étant  primordiale, nous nous sommes attelés à construire des dispensaires pour rapprocher ces centres de santé de nos parents. Aujourd'hui, nous avons presque fini de construire des dispensaires au niveau de tous les villages parce que M’bahiakro a sept (7) villages et quatorze (14) quartiers. Nous venons de faire des constructions au niveau de Akokro, Yerakro, Ouokoukro et très bientôt nous allons faire les inaugurations. M’bahiakro n’a pas de banque. Nous avons sollicité auprès des établissements bancaires pour l’ouverture d’une agence, mais vous savez que quand il n’y a pas de commissariat, c'est difficile pour la banque de venir. Grâce à Dieu, à notre lobbyng, à nos recherches, le ministre de l'Intérieur que je voulais remercier, au passage, a autorisé la construction d'un commissariat et d’un groupement mobile d’intervention. Par la grâce de Dieu, nous avons presque fini le batiment du commissariat et du G.M.I qui seront inaugurés très bientôt. Au vu de ça, la banque BNI a ouvert ses portes à M’bahiakro où un guichet automatique a été ouvert au sein de la Mairie pour permettre aux fonctionnaires, à nos parents de faire leurs opérations bancaires sans se déplacer. Parce qu’il était très difficile avant, les fonctionnaires envoyaient des gens avec leurs cartes magnétiques pour faire des retraits soit à Daoukro, soit à Bouaké et c’était vraiment déplorable. Donc, nous avons construit un guichet automatique bancaire, un commissariat, un Groupement mobile d'intervention pour qu'il ait la sécurité à M’bahiakro. Aussi, nous avons reprofilé les voies à M’bahiakro, Nous sommes en train de faire une voie de contournement pour pouvoir aider les parents. Nous avons aussi donné  des fonds à des femmes pour pouvoir s'installer afin qu’elles puissent avoir des activités génératrices de revenus. Nous avons encadré des jeunes qui ont reussi leurs concours. Egalement, nous donnons des fonds à des jeunes pour qu'ils puissent créer des entreprises et les accompagnons. De même, nous avons aussi sollicité des bailleurs de fonds pour qu’ils viennent booster l’économie de M’bahiakro. Parce qu’il faut que M’bahiakro puisse renaitre, il faut que l’économie soit dynamique pour permettre à nos parents d’être à l’aise. nous avons contacté des bailleurs de fonds canadiens qui, très bientôt, vont venir, nous avons fini de signer les contrats de partenariat, pour construire des centres de formation agricole, d’élevage et des usines de  transformation agricole  et de transformation de lait grâce au bétail de l’élevage.

 

Alors, pourquoi pas Toumodi, Dimbokro et spécialement M’bahiakro pour votre candidature ?

Parce que je suis de M’bahiakro et c’est M’bahiakro qui m’a fait, qui m’a permis d’être là aujourd’hui, depuis l’école primaire, le collège, le lycée et ce sont les parents de M’bahiakro qui m’ont conseillé, m’ont donné de l’eau, de l’argent pour aller à l’école.  Et , aujourd’hui je veux rendre à M’bahiakro, ce que M’bahiakro m’a donné, ce que M’bahiakro a fait pour que je sois ce que je suis.

 

Alors, on a connu d’autres Maires avant vous. Pour votre premier mandat, comment les populations ont réagi ?

Vraiment, il faut dire que la population de M’bahiakro a été solidaire.  Elle était heureuse de savoir que j’ai été élu. Quand vous voyez le taux de participation et le taux de ma réussite, cela confirme que M’bahiakro était en phase et a adhéré à mon projet. Et je voudrais ici les remercier et leurs dire d’avoir confiance. Car très bientôt, ils seront heureux d’avoir porté leur choix sur leur fils Diamala Kouassi Raphaêl.

 

Est-ce qu’il y a d’autres aspects de votre mandat que nous ne connaissons pas et que vous voulez partager avec nous ?

Oui. Nous en sommes en discussion avec le ministère de l’économie et des finances, avec  le ministère de la santé, avec le ministère de l’hydraulique pour que nous puissions construire de nouveaux châteaux d’eau. Nous sommes en train de mettre en place des fonds pour permettre l’entrepreneuriat à M’bahiakro. Egalement, nous avons eu l’appui d’un partenaire financier qui très bientôt va construire  qui est très bientôt, va construire un nouveau marché,  va mettre en place une usine de transformation de manioc, construire un hôtel de trois étoiles, un supermarché. je voudrais dire à la population que tout cela a été signé avec l'assistance de la direction générale de la centralisation. Parce qu'il faut travailler dans la transparence, dans la bonne gouvernance. Nous travaillons pour que les axes routiers de la ville de M’bahiakro soient bitumées. Et que cette route de 21 kilomètres qui relie M’bahiakro à Daoukro,  et à Dimbokro soit réhabilitée par l'Etat de Côte d'Ivoire afin de faciliter l'évacuation des produits agricoles pour que nos parents puissent être à l’aise. Nous travaillons dans les silence à la recherche de fonds, des partenariats pour que M’bahiakro soit comme les autres communes d’Abidjan et pour que nous n’ayons pas envie de quitter M’bahiakro et que les gens aient envie de venir à M’bahiakro. Nous avons réhabilité le jardin public, nous avons construit  une piscine, nous allons très bientôt ouvrir l’allocodrome et construire un centre omnisport pour permettre à nos jeunes d’être à l’aise de travailler et d’être à M’bahiakro. Nous avons un projet de logement sociaux et 90 sterling nous accompagne avec un montant de 2 milliards FCFA. Quand vous arrivéz aujourd’hui à M’bahiakro  vous voyez l’embelissement, nous avons mis des feux tricolores, des pavés. Nous sommes en train de transformer M’bahiakro et c’est ensemble, unis que nous pouvons y arriver.

 

Alors, pour votre premier mandat, quels sont vos rapports avec les autres Maires de la région ?.

Nous nous entendons très bien. Au niveau de l’Iffou, nous sommes ensemble et participons à toutes les réunions,  nous participons à d'autres conseils et nous avons un groupement de maires, le G7 et nous voulons faire de l’inter communalité. Nous travaillons avec les maires de Diabo, Djebonoua, de Anoumamba, de kouassikouassikro, de ouélé et de Nassian. Nous réfléchissons ensemble, nous partageons les projets et cherchons les financements pour le bien de nos populations.

 

Alors, si vous devez décrire l’avenir de M’bahiakro en quelques mots, ce serait quoi ?

M’bahiakro, le hub de l’Iffou, M’bahiakro où il fait bon vivre, M’bahiakro où on veut y être pour avoir des revenus et participer au developpement de la côte d’ivoire.

 

Etant Maire, on entend beaucoup de choses, quelles sont les choses les plus inattendus que vous avez entendus ?

Il faut dire que après la passation des charges, nous sommes  passés dan les villages pour remercier les parents et j’ai été frappé par une vieille maman qui est venue vers moi et m’a dit Monsieur le maire, nous ne vous demandons pas des miracles mais nous voulons sentir que vous marchez avec nous . Cela est très important. J’avoue que cela m’a beaucoup touché. Et la deuxième chose, c’est une dame de la commune qui est venue me voir et qui m’a dit Monsieur le maire, notre fils, nous n’avez pas changé. Vous êtes resté humble malgré cette responsabilité.

Ce sont des choses qui motivent, ce sont des choses qui encouragent et vraiment c'est un message qui me donne la force de vraiment travailler dans la solidarité, la transparence et avec détermination pour que ces parents ne soient pas trahis pour la confiance qu’ils ont placée en moi.

 

Vous avez cité plusieurs projets. Parmi ces projets, quel est celui qui vous tient plus à cœur et pourquoi ?

C’est le projet agricole et développement. Parce que sans économie , nous ne pouvons rien faire. Aujourd’hui, nos parents sont devenus vieux et il faut une nouvelle relève, il faut que les jeunes aient de l’emploi. Nous tous, nous ne pouvons pas travailler dans les bureaux. Le président Félix Houphouet Boigny disait, l’économie de ce pays repose sur l’agriculture.  Et Dieu nous a fait grâce d'avoir M’bahiakro, une zone agricole. Et cela me tient à cœur pour le developpement, pour la transformation à travers cette terre que Dieu nous a donnée pour que nous puissions la mettre en valeur. Donc, c’est le développement économique qui me tient à cœur. Et nous ne pouvons pas parler de développement sans sécurité. Et c’est pourquoi, j’ai commencé d’abord par la sécurité et très bientôt  les parents le verront.

 

A part le projet agricole, est-ce que vous avez un projet pour les jeunes ?

Oui, c’est l’entrepreneuriat. Nous sommes en symbiose avec le directeur départemental de la jeunesse. Dernièrement, j’ai rencontré le Ministre chargé de la jeunesse où ils ont plusieurs projets du service civique pour pouvoir former les jeunes à l’entrepreneuriat, à la plomberie, à la menuiserie, en somme, tout ce qui est artisanat. Nous avons demandé aux jeunes de nous envoyer leurs projets mais pas des projets individuels, plutôt des projets où ils travaillent en coopérative ou en association pour pouvoir les appuyer, les financer et leur donner la possibilité de se former. Car il faut se former pour pouvoir reussir. Nous tenons beaucoup à l’emploi des jeunes, aux activités génératrices de revenues pour les femmes, à l’autonomisation des femmes. En tant que jeune, je voudrais que ces jeunes soient comme moi demain, au service de M’bahiakro. Je voudrais qu’ils restent à M’bahiakro au lieu d’aller ailleurs. Nous sommes prêts à les accompagner dans leurs projets. Des projets très structurants, des projets qui vont permettre à d’autres comme eux de bénéficier.

 

Hormis l’entrepreneuriat, est ce que vous avez aussi touché l’aspect éducatif, vus que il ya beaucoup de jeunes qui sont déscolarisés ?

Je voudrais vous remercier. Sur ce point, l’année passée, nous avons eu de bons résultats scolaires mais cette année, les résultats ne sont pas à la hauteur. Et nous allons avoir bientôt une grande réunion. Parce que, aujourd’hui, nous avons remarqué que les parents ont démissionné. Venus des villages, plusieurs jeunes se retrouvent sans tuteurs. Et à M’bahiakro, nous n’avons pas d’internat. Ainsi, dans le projet triennal, j’ai en projet de construire un internat pour les jeunes filles parce que dans les foyers où ils se trouvent en période scolaire, les jeunes garçons en viennent à se trouver avec des jeunes filles et ils ne travaillent pas. Pis, ils s’adonnent à l’alcool. Sur ce sujet, j’ai pris un arrêté pour interdire les jeunes et les élèves de moins de 18 ans à fréquenter les buvettes, l’alcool pour les encourager à travailler. Nous avons ouvert une bibliothèque pour encadrer les jeunes. Parce que nous voulons faire comprendre à ces enfants que sans la formation, ils ne pourront pas reussir.  Nous avons sensibilisé les parents à nous aider dans la tâche car les professeurs à eux seuls ne pourront pas tout faire. Et c’est pour cela que nous construisons des écoles pour que les élèves soient plus proches de leurs parents.

Maintenant propos des femmes et vraiment de cela nous tient vraiment quelque chose. Aujourd'hui, dans tous les villages vous avez des écoles primaires et pour ceux de la maternelle pour permettre à nos enfants d’apprendre. Donc, c’est un peu çà notre projet éducatif.

 

Quel est votre message à l’endroit des jeunes ?

Je voudrais demander à mes jeunes frères de travailler avec sérieux, de garder la foi et de ne jamais abandonner. Car les difficultés d’aujourd’hui préparent l’avenir. Qu’ils soient courageux, qu’ils croient en leur avenir, en leurs potentialités.

 

Alors, qu’est ce qui vous motive à servir votre communauté ?

Le développement de la Côte d'Ivoire commence par les Communes et nous voulons que M’bahiakro participe  au développement de la Côte d'Ivoire. Quand on dira demain que le P.I.B de la côte d’ivoire fait tel pourcent, qu’on dise avec fierté que le P.I.B de M’bahiakro a été élévé pour qu’on puisse atteindre ce P.I.B national. Et c’est pour cela que je m’attèle à avoir tous ces bailleurs de fonds pour avoir ces usines pour atteindre le développement et pour les populations puissent vivre à l’aise.

 

Doit-on s’attendre à un deuxième mandat ?

Si la population le demande, nous sommes à la disposition de la population. Au temps venu, c’est la population qui jugera. Pour ces élections à venir, nous allons consulter les populations comme on l’a fait pour le premier mandant, et s’ils sont d’accord, nous allons continuer à travailler pour eux.  Pour le moment, c’est le travail.

 

Votre mot de fin.

Je voudrais remercier la population de M’bahiakro et lui dire de garder espoir, d’avoir confiance en elle-même et d’avoir confiance en moi. Je voudrais remercier les Chefs de villages, les responsables administratifs surtout Madame le Préfet qui nous accompagne et qui est toujours à nos côtés. Je voudrais aussi dire aux populations de rester unis car nous devons bâtir l’avenir de M’bahiakro.  Gardons la foi et ayons confiance, M’bahiakro va renaitre de ses cendres et sera le HUB de l’Iffou.

Propos retranscrits par Jean Claude KOUDOU

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