Les élections présidentielles, législatives, municipales et régionales sont des espaces de communication gratuite. Avant ces joutes, on constate des candidats sérieux, des plaisantins et des affairistes qui veulent se faire connaître gratuitement dans les médias. Les moins sérieux et autres profiteurs de l’espace médiatique sont les premiers à déposer leurs dossiers incomplets ou inéligibles. Pourtant, ils savent bien qu’ils ne remplissent pas les conditions d’éligibilité. Et la présidentielle du 25 octobre 2025 n’échappe pas à la règle en Côte d’Ivoire.
Selon le confrère lemandatexpress.net, qui rapporte les faits, «Alors que le dépôt des candidatures pour la présidentielle du 25 octobre 2025 se poursuit à la Commission électorale indépendante (CEI), un phénomène préoccupant commence à se dessiner. Des postulants qui, manifestement, ne remplissent pas les conditions légales, mais tiennent tout de même à faire acte de candidature. Depuis le lancement officiel de la période de dépôt le 25 juillet, la CEI n’a enregistré que trois candidatures : celle de Mohamed Kouakou N’da, candidat indépendant, suivie de Yves Michel Junior Dabé, jeune leader de 24 ans, président du Front Patriotique Panafricain (FPP), et mercredi 13 août 2025, celle de ADOH Brou René, lui aussi indépendant. Si l’acte démocratique de déposer une candidature est garanti par la Constitution, certaines démarches interrogent. L’exemple le plus frappant est celui de Yves Michel Junior Dabé, âgé de 24 ans, alors que le Code électoral fixe l’âge minimum à 35 ans pour être éligible à la présidence.
De son côté, ADOH Brou René a déposé un dossier incomplet, tout en sachant que ce dernier ne saurait prospérer devant le Conseil constitutionnel. Ces cas illustrent une tendance à ce que certains candidats cherchent plus à se faire remarquer qu’à réellement prétendre au pouvoir suprême. Derrière ces initiatives se cache souvent une stratégie de visibilité médiatique : le dépôt, même symbolique ou voué à l’invalidation, devient une tribune offerte, captée par les projecteurs et largement relayée gratuitement. Et pourtant, ce type de communication, ailleurs, a un coût. Et l’acte de candidature a aussi un coût. »
Selon l’ARTICLE 17 du Code électoral : «Tout électeur peut faire acte de candidature aux élections organisées par le présent Code électoral, sous réserve des conditions particulières fixées pour chacune d’elles.»
Et les conditions particulières pour l’élection présidentielle sont entre autres :
Etre exclusivement Ivoirien ;
Etre âgé d’au moins 35 ans ;
Verser un cautionnement de 50 millions Fcfa ;
Obtenir le parrainage citoyen de 1% de l’électorat dans 16 régions et 1 district.
Au regard de ces conditions, que peut-on penser des 3 premières candidatures déposées ? La loi électorale devrait permettre à la CEI de rejeter ces dossiers.
GRO
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