Lors des crises 2010 et 2020, le village de Téhiri (28 km de Gagnoa) a été fortement secoué. Une famille allochtone, du nom de Bakayoko dit avoir perdu plusieurs fils, dont certains seraient introuvables à ce jour. Une septuagénaire du nom de Nazékeya Bakayoko, dit n’avoir plus revu son fils Bakayoko Issoufou, bientôt 50 ans aujourd’hui,  et père de deux enfants.

Ce dernier aurait disparu du village en avril 2011, en pleine conflit intercommunautaire. Les deux fils de son frère ont aussi été des victimes en 2020. L’un a perdu la vie dans des circonstances non encore élucidées, en 2020, et l’autre à ce jour, n’est plus apparu au village.

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« On dit qu’il serait mort dans la mer en voulant fuir le pays, mais personne ne le confirme », a déclaré attrister la vieille maman. Face à toutes ces tristesses, et hantée par ces disparitions, elle a lancé un appel à la jeunesse, jeudi 09 octobre 2025 à Gagnoa, pour des élections sans violence.

« Vraiment, cessons les disputes et allons aux élections dans la paix, car nous avons perdu certains de nous enfants dans ces palabres», a déclaré dame Bakayoko. Elle était venue prendre part à la journée de sensibilisation des transporteurs et mécaniciens sur la non-violence, la gestion de la rumeur et la prévention des conflits pour des élections apaisées à Gagnoa, dans la région du Goh.  

Aujourd’hui la paix revient petit à petit à Téhiri, où en 2020, officiellement plus de quatre personnes avaient trouvées la mort, une soixantaine avaient été blessés et 62 maisons détruites. La rencontre de Gagnoa, a été pour elle, une opportunité de lancer un message à la jeunesse, de regarder son avenir, et de se souvenir que « seul dieu donne le pouvoir où il veut, à qui il veut et quand il le veut ».

Téhiri qui compte une dizaine de gros campements, habité en majorité par des allogènes,  fait l’objet de conflits récurrents entre autochtone Béthé, allochtones et allogènes, pour des problèmes fonciers, exacerbés lors d’élections. Plus de 200 participants, venus du département de Gagnoa, ont pris part au foyer polyvalent, à la journée organisée par la direction de la prévention et de la gestion des conflits, du ministère de la Cohésion nationale, de la solidarité et de la Lutte contre la pauvreté.

DD