Né au début des années 1990 dans les campus universitaires, le Zouglou, issu du genre musical communément appelé "Wôyô" ou "ambiance facile" qui a fait les beaux jours des compétitions inter-établissements de l’Office Ivoirien du Sport Scolaire et Universitaire (OISSU), est révélé au grand publique.

Avec le passage à la télévision du premier album "Gboklo Koffi" du groupe "Esprit de Yop" conduit par Bilé Didier, le Zouglou devient un phénomène musical qui domine la scène ivoirienne durant une dizaine d'années jusqu’à devenir une véritable identité culturelle.

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35 ans après, la création des étudiants Bilé Didier, Christian Gogoua alias "Joe Christy" et Serge Bruno Porquet "Opokou N’ti", continue d’être et de faire partie du quotidien des Ivoiriens.

Malheureusement, si le rythme musical, nonobstant, les mutations technologiques, les brassages culturels, la nécessité d’adaptation au marché de la mondialisation, reste, solidement apprécié par tout le monde, ce n’est pas le cas au niveau des pas de danse.

Pour cause, cette chorégraphie qui fonde la particularité de cette musique revendicatrice est en voie de disparition.

Aujourd’hui, lors des réjouissances populaires, dans les bars, boites de nuit et maquis, il est rare de voir les mélomanes exécuter des pas de danse Zouglou avec fierté comme par le passé.

En effet, depuis la sortie en 2020 du clip de la chanson "Hommage à Dézy Champion", artiste zouglou décédé deux ans plutôt, en mars 2018, du groupe la Voix des anges (VDA) accompagné d’une chorégraphie très appréciée, les pas de danse zouglou semblent avoir pris du plomb dans l’aile.

Si bien que de nos jours, dès qu’une chanson zouglou est distillée, l’assemblée, comme si elle s’était passé le mot, se lance dans une chorégraphie nommée, abusivement, "Ballet zouglou".

Pour rappel, cette farandole, exécutée et révélée par plusieurs groupes artistiques date de plusieurs années d’existence avant la naissance du Zouglou.

En Côte d’Ivoire, l’on se souvient du clip de la célèbre chanson "Hany" du mythique R.A.S avec cette même chorégraphie avec un rythme plus rapide.

C’est le lieu d’attirer l’attention des artistes sur la nécessité de replacer les pas de danse Zouglou au cœur de cette philosophie musicale au risque de la voir totalement disparaitre.

La particularité de cet héritage culturel, c’est toute la gestuelle qui entoure cette musique propre à l’Ivoirien.

Laisser disparaître les pas de danse zouglou, serait laisser mourir cette partie culturelle de la Côte d’Ivoire, véritable ambassadrice, qui a hissé le drapeau du pays partout dans le monde entier.

 « Ivoiriennes et Ivoiriens, dansons donc, le Zouglou ! ».

TRETA Zoumana

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