Quand nous logions à l’université dans nos années d’étudiant, un de nos amis a eu la brillante idée d’écrire, bien que cela ne soit pas autorisé et commode, sur le mur du palier : « éviter d’être sage parmi des fous ».

Une pensée du philosophe encyclopédiste français des Lumières, Denis Diderot. Cette belle petite phrase avait la sympathie quotidienne de nous rappeler notre nature, notre état et nos conditions.

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Brimés par les difficultés, lessivés par nos problèmes existentiels et tenaillés par la pression de réussir nos études, nous étions dans un monde qui n’avait aucune attention pour nous et nous laissait végéter dans l’incertitude du désespoir.

Chacun se sentait orphelin d’une cité qui nous ignorait, prisonnier d’un système qui nous enfermait et instrument d’une politique qui nous pervertissait. Il fallait donc être tous analogues, sinon, comme on le disait à l’époque : « tu te brises » !

Une situation qui a fait ainsi de nous, des fous, dans un temple de sagesse. Nous avons été transformés par notre environnement, par notre système et par notre savoir. « Les hommes naissent bons mais la société les pervertit », a dit le sage.

Suivant cette pensée, il est impérieux de se donner un peu de bon sens et d’humanité car une parole pleine de sagesse nous enseigne : « sed perseverare diabolicume », pour dire simplement : « persévérer dans l’erreur devient diabolique ».

Dans cette veine, il est de bon usage de respecter nos différences. À quoi sert-il de refuser aux autres de suivre leur voie ? Dans ce nouveau monde de fou qu’est la société, comme les prix pendant les saisons glorieuses de commerce, tout semble en folie. L’éducation, le débat public, les échanges et la gestion du pouvoir, toute la société est prise de folie.

Ceux qui essaient de ramener à l’ordre et rappeler qu’il faut un minimum de sagesse, se voient vilipendés, injuriés et rejetés. Cependant, ils gardent intact leur détermination à ramener « les fous » sur le chemin de la sagesse car une société sans repère se perd.

Voilà un pan du combat que mène depuis des années, surtout pendant l’isolement de l’exil provoqué par la guerre, la Présidente Adjoua Henriette Lagou. Celui de restaurer une société malade de ses contradictions et de ses antagonismes, pour la rendre plus juste, plus humaine, plus agréable, plus plaisante…plus sage.

C’est une voix qui peut effaroucher certains nostalgiques de l’affrontement physique et des troubles verbaux, mais c’est la voie qu’elle a choisie. Elle ne veut rien d’autre que la paix et cela prouve sa caractéristique d’une personnalité, une dame, pleine de sagesse.

A demain !

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