Côte d’Ivoire : Un journaliste veut construire la paix et la cohésion sociale avec l’art plastique (entretien)

Côte d’Ivoire : Un journaliste veut construire la paix et la cohésion sociale avec l’art plastique (entretien)

 

Comme l’on a l’habitude de le dire, aucune initiative n’est de trop pour installer la paix dans l’esprit et dans l’habitude des citoyens. C’est pour apporter sa contribution à l’élan de paix que Raymond-Alex Loukou, journaliste web, a initié ce projet qui vise à initier, sensibiliser les enfants aux notions de paix, de cohésion sociale et de vivre ensemble à travers les arts plastiques. Dans cet entretien à nous accordé, le promoteur du projet ‘’Une toile pour la paix, pour un monde sans guerre’’ revient sur les enjeux d’un tel projet et  fait par la même occasion un plaidoyer auprès des autorités pour que cette initiative polarise l’attention de tous les citoyens car, selon lui, la paix est plus qu’indispensable surtout au moment où les tensions politiques sont perceptibles.

Une toile pour la paix, pour un monde sans guerre. De quoi parle le projet exactement ?

Une toile pour la paix est un projet artistique qui a une portée sociale. En un mot comme en mille c’est un projet qui a pour but de sensibiliser, d’éduquer les enfants aux notions de paix, de cohésion sociale et du vivre ensemble à travers les arts visuels, notamment la peinture. Pour résumer, c’est une éducation à la paix à travers la peinture qui est moyen d’expression qui permet aux enfants de mieux appréhender les choses qui semblent complexe au premier regard.

 

De quoi s’agit-il exactement ?

Il s’agit pour l’équipe porteuse du projet d’aller dans une commune donnée ou un conseil régional du pays pour réaliser ce projet.

Lorsque la commune ou le conseil régional sollicité adopte le budget relatif à l’exécution de ce projet, l’équipe se rend dans la dite commune pour mettre à exécution ce projet.  Pendant donc une semaine, les 30 enfants dont l’âge varie entre 07 et 17 ans sont formés aux notions de paix à travers les tableaux d’art. Le formateur qui n’est plus à présenter n’est autre l’artiste-peintre Djéka qui est assisté de l’artiste-peintre de nationalité  française Samira. Le choix de l’artiste-peintre Djéka s’explique par le fait  qu’il  fait partie des artistes en Côte d’ Ivoire qui ont toujours exécuté des projets relatifs à la paix avec comme support les arts visuels.

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Au terme de cette formation, un vernissage est prévu pour mettre en lumière les travaux des enfants. 30 toiles individuelles seront exposées en plus de 2 autres de dimensions plus grandes qui seront l’oeuvre d’un travail collectif.

L’une de ces deux toiles sera offerte à la localité-hôte et l’autre retenue pour une exposition finale après que la caravane ait parcouru un certain nombre de localités. Au cours de cette exposition les recettes obtenues seront reversées soit à une organisation caritative, soit à une organisation qui milite pour la paix. C’est notre contribution à l’édification d’une nation pacifiste. Il faut aussi préciser que  des mécènes de l’art où des personnes physiques ou morales éprises de paix peuvent nous solliciter pour réaliser ce projet. A notre niveau, on peut également lever des fonds réaliser ce projet. On n’attendra pas forcement une hypothétique implication des communes. La paix elle est tellement précieuse surtout pour les enfants que nous devons de réaliser ce projet vaille que vaille. Nous avons une responsabilité devant l’histoire d’apporter à ces innocentes personnes un environnement propice à leur épanouissement.

 

  Le projet va t-il s’arrêter uniquement à cet aspect ?

Loin de là. Pour assurer la pérennité d’un tel projet nous voulons nous associer à la faîtière des municipalités c’est-à dire  l’Uvicoci (Union des Villes et Communes de Côte d’ Ivoire) en faisant en sorte que les toiles réalisées par les enfants soient éditées sous forme de timbres municipaux de sorte qu’on puisse prélever un quota sur la mise en vente desdits timbres pour pérenniser le projet. Nous le ferons également avec la Poste de Côte d’Ivoire pour les timbres postaux. Vous savez que la Poste par le biais des timbres est un puissant moyen de vulgariser de messages. Nous pensons que les responsables de la Poste saisiront cette opportunité pour avancer avec nous dans ce projet qui ne vise que la promotion de la paix.

 

Qu’est-ce que les communes gagnent  à soutenir ce projet ?

Il ne faut surtout pas voir les choses en termes de gain. Voyez-vous quand nous approchons certaines communes le refrain qui nous revient malheureusement : qu’est-ce que la mairie gagne ? Pour moi la question idoine à poser c’est : quel sera l’impact de ce projet sur les communes de Côte d’Ivoire ? N’oublions pas que les communes de Côte d’Ivoire ont payé un lourd tribut pendant la crise militaro-civile. Elles ont dû abriter le flot humain qui fuyait les zones sous contrôle rebelle. Ce sont justement ces genres de situation que nous voulons effacer de nos mémoires. Nous ne voulons que les communes utilisent leur budget  pour s’occuper des déplacer de guerre. Quand une commune est en paix, je crois que ce sont les investissements qui sont sécurisés et les populations peuvent vaquer à leurs occupations. Donc en réalité avec ce projet ce sont les communes qui gagnent. Ce projet est donc une opportunité pour ces communes de semer les graines de la paix afin d’éviter la survenue des crises.

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Pensez-vous enrayer la guerre à travers ce projet ?

Ce serait prétentieux de notre part mais cela reste tout de même un idéal à atteindre. Je crois que c’est l’ex-secrétaire général de l’UNESCO qui a eu la bonne formule et je cite : ” La guerre prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faille élever les défenses de la paix “. C’est justement dans l’esprit des hommes surtout des enfants qu’il faille planter les graines de la paix afin que les nations soient définitivement à l’abri des conflits qui nous déshumanisent.  A travers ce projet ce sont les enfants que nous voulons mettre à l’ abri de ces crises mettent le pays en retard. Si les enfants sont sensibilisés, ils pourront sensibiliser leurs pairs et également leurs pères. Si ce projet est perçu de cette façon, nous aurions réussi notre mission. Notre objectif est de faire en sorte que les enfants dans un environnement de paix. Avec la compréhension des élus, des Ong, du citoyen lambda nous réussirons notre mission.

 

Qu’ attendez-vous des gouvernants ?

Nous souhaitons tout simplement qu’ils accompagnent ce projet parce que la paix n’ a pas de prix. On peut faire l’économie de la guerre en investissant tout simplement dans la paix. Pour moi il y un choix à faire c’est celui de la paix. Point besoin de tergiverser à ce point-là. Ce qui est paradoxal dans l’affaire c’est qu’on a l’impression que des pays autres le nôtre sont plus intéressés  par ce projet. Figurez-vous que la commune de Maugio en France et Boves en Italie qui ont vite fait de marquer leur adhésion à ce projet en décidant de faire un jumelage avec deux communes de Côte d’ Ivoire qui auront accepté d’ exécuter ce projet. Ces deux villes ne sont pas ivoiriennes et pourtant s’intéressent à ce projet. Cela veut dire tout simplement que  la question de la paix transcende les frontières. La paix est un enjeu mondial. Il y va de l’intérêt de nos autorités à soutenir ce projet.

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 Un mot pour conclure.

J’invite toutes les communes de Côte d’ Ivoire, les opérateurs culturels et les opérateurs économiques, les mécènes à s’intéresser à ce projet qui a une portée sociale. Nous avons sollicité le parrainage Adama Toungara, Grand Médiateur de la République qui est non seulement un mécène mais également un grand collectionneur en matière d’œuvres d’art. A ce double titre, son parrainage ne sera que le juste retour des choses. Le parrain artistique en la personne du peintre Samir Zarour est à nos côtés dans ce projet qui veut donner une grande part d’humanité à nos enfants à travers les arts visuels. En éduquant les enfants aux notions de paix nous les préservons des mauvaises voies et c’est l’Etat qui s’en porterait mieux. Nous appelons donc toute la population ivoirienne à adhérer à ce projet. C’est le lieu d’attirer l’attention des sponsors et des partenaires sur ce projet dont la nécessité n’est plus à démontrer surtout en cette période où les tensions sont exacerbées. Nous remercions le bureau Abidjan de l’Unesco qui a accepté de nous accompagner sur ce projet. C’est la preuve que notre appel a reçu un écho favorable. Notre souhait est que ces échos se multiplient. Une toile pour la paix, pour  un monde sans guerre, nous y croyons !

Entretien réalisé par Ange Nicaelle LYRANE

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