Plus de 300 présidents de conseils régionaux, de Maires, de décideurs publics et experts nationaux et internationaux prennent part au Symposium international sur les Collectivités territoriales, placé sous le thème « Accélérer la décentralisation pour un développement local effectif ».


Dès l’ouverture, les autorités présentes ont rappelé l’importance des réformes en cours, notamment le transfert de compétences et de ressources aux collectivités. Le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, le Général Diomandé Vagondo, a insisté sur la décentralisation comme « un choix politique stratégique » visant à rapprocher la décision publique des citoyens et à réduire les disparités territoriales.
Autres réformes abordées par le patron du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, celui du statut local de l’élu, qui soulevé des acclamations de la part des Elus présents « Aucune décentralisation ne peut être pleinement effective sans une autonomie financière réelle. () Il s’agit, en définitive, de garantir aux collectivités territoriales les moyens d’exercer pleinement les compétences qui leur sont confiées. La question du statut de l’élu local constitue l’un des piliers essentiels de la réforme en cours. Aujourd’hui, les élus locaux assument des responsabilités croissantes, souvent dans des contextes exigeants, sans toujours bénéficier d’un cadre juridique et social à la hauteur de leurs missions. La réforme envisagée vise à clarifier les droits et devoirs des élus locaux, à sécuriser l’exercice de leur mandat, à instaurer un régime de protection sociale adapté et à valoriser la fonction d’élu local afin d’en faire un véritable levier d’engagement au service des populations… », a mentionné le ministre Vagondo
Qui poursuivant, a fait le plaidoyer suivant auprès du Sénat « Au regard de l’importance des réformes engagées, je voudrais lancer un appel solennel au Sénat pour un accompagnement renforcé et déterminé. Le département ministériel dont j’ai la charge attend du Sénat un plaidoyer actif en faveur de l’adoption diligente des réformes, notamment celle relative au statut de l’élu local, un appui stratégique dans la consolidation du cadre institutionnel de la décentralisation, une implication accrue dans le suivi de la mise en œuvre des politiques territoriales ainsi qu’un rôle de catalyseur du dialogue entre le Gouvernement et les collectivités territoriales. C’est ensemble, dans une dynamique de complémentarité et de confiance, que nous pourrons accélérer la transformation de notre système de gouvernance locale… »

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La présidente du Sénat, Kandia Camara, initiatrice du Symposium, a pour sa part, souligné que « le succès de la politique de décentralisation repose sur une responsabilité partagée », impliquant l’État, les collectivités, le secteur privé et les citoyens. Aussi, elle a mis en exergue les avancées notables enregistrées depuis la prise en main, par le Sénat, dans son rôle constitutionnel, des préoccupations des collectivités territoriales. Ils’agit du Forum sur les collectivités territoriales, en 2020, qui a abouti à l’Agenda 2030 du Sénat ; le séminaire de plaidoyer des élus locaux en 2021 ; la mission d’Evaluation sur les transferts des compétences en 2025 « Ces initiatives traduisent une conviction : le développement durable passe par des territoires performants… »

SIDIBE VALY : « LEVER LA CHAPE DE PLOMB »
Moment fort de la rencontre, l’intervention du président du Comité scientifique, Professeur Sidibé Valy, a donné une dimension académique et militante aux débats. Dans un plaidoyer vibrant, il a rappelé que les lois de 1985, 1998 et 2003 prévoyaient déjà des transferts de compétences aux collectivités, mais que leur application est restée lettre morte « Il n’est plus question de recenser les compétences à transférer, mais de rendre effectif leur transfert et d’accélérer le processus », a-t-il martelé, dénonçant une « chape de plomb » qui freine la décentralisation. Pour lui, l’urgence est d’établir un statut clair et protecteur de l’élu local, tout en mettant à disposition des collectivités les ressources humaines et techniques actuellement logées dans les ministères sectoriels.
Avec des mots forts, il a interpellé les responsables politiques : « Quel héritage laisserons-nous aux générations futures ? Une décentralisation décérébrée ou des collectivités robustes ? »
Le professeur Sidibé Valy a enfin exhorté le Sénat à sortir du Symposium armé de résolutions « fortes, crédibles et inattaquables », capables d’accélérer le transfert réel de compétences et de ressources. Il a insisté sur la nécessité d’une gouvernance inclusive et participative, fondée sur la confiance entre gouvernés et gouvernants.
Son intervention, saluée par les participants, a donné un souffle nouveau aux réflexions, en liant rigueur scientifique et exigence citoyenne.
Ouvrant les travaux, au nom du Chef de l’État, le Vice-premier ministre Téné Birahima Ouattara a salué l’engagement du Sénat, porte-voix des collectivités territoriales, affirmant « qu’une démocratie moderne et équilibrée doit prendre en compte les réalités et aspirations de l’ensemble des territoires».

Ange Nicaelle LYRANE