Ouvert hier mardi 9 décembre 2025, la session budgétaire au Sénat a accueilli les ministres pour la présentation et la soutenance de leurs budgets. Ainsi, pour cette première journée, cinq (05) ministre se sont succédé devant la Commission des affaires économiques et financières de la Chambre haute du Parlement ivoirien. Après le ministre délégué, Adama Dosso, qui a présenté les budgets du Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, chargé de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur et le sien en qualité de ministre délégué, ce sont le Ministre d’Etat, Ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, qui représentait son collègue de l’Intérieur et de la Sécurité et le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des droits de l’homme, Sansan Kambilé, qui ont fait connaître leurs budgets.

Le ministre d’Etat, ministre de la Défense, Téné Birahima dressant le bilan de l’exercice 2024, a fait remarquer que son ministère avait bénéficié d'une dotation budgétaire de 493.294.244.198 francs CFA qui a été exécutée à hauteur de 99,82%. Pour le projet de budget 2026, il relèvera que « la répartition du projet de budget d'un montant de 481 041 827 995 francs est faite en trois programmes, à savoir l'administration générale, la défense et la sécurité. » « Le projet de budget 2026 du ministère de l'État et du ministère de la Défense s'élève à 481 041 827 995 FCFA et se décline comme suit : les personnels, environ 126 330 000 000 FCFA, les biens et services, 195 405 000 FCFA, les transferts, 1 275 000 000 FCFA environ et les investissements, 58 000 000 000 FCFA.»

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Plaidant pour l’adoption de son budget, Téné Birahima d’indiquer « Dans un contexte régional marqué par une recrudescence du terrorisme transfrontalier, le département de la Défense est engagé avec détermination à renforcer les capacités des armées et de la gendarmerie nationale. Il s'agit de doter notre pays d'un outil de défense robuste, apte à faire face à toute menace susceptible de compromettre la sécurité et la stabilité du territoire. Dans cette dynamique, plusieurs perspectives prioritaires ont été retenues conformément aux orientations du PND.

D'abord, le renforcement du contrôle et la surveillance des frontières afin d'intensifier la lutte contre le terrorisme. L'amélioration des mécanismes de riposte face au grand banditisme et aux menaces sécuritaires internes. La sécurisation du patrimoine foncier des sites stratégiques dédiés à la Défense… », a-t-il fait comprendre avant de présenter le budget alloué au Ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Diomandé Vagondo. Dont le budget s’élève à 945,963 milliards contre 836,711 milliards en 2024 « Il convient de noter que ce budget comprend l'appui au financement des collectivités territoriales et districts autonomes, pour un montant de 255,010 milliards contre 230,402 milliards en 2024. Soit 52,11% du budget du ministère de l'Intérieur et de 5,53% du budget national… », a-t-il relevé.

REFUGIES MALIENS ET BURKINABES: ASSURANCES ET INQUIETUDES

Au cours des échanges, la question des réfugiés maliens et burkinabés qui pourraient constituer des dangers (avoir en leur sein des terroristes), pour les populations, selon les sénateurs est revenue sur la table. Le Ministre d’Etat, Téné Birahima, dans sa réponse à cette préoccupation a tenu à rassurer les vénérables sénateurs tout en relevant quelques inquiétudes.

« Écoutez, nous avons une organisation qui permet d'éviter ce genre de situation. Je m’explique. Lorsque les réfugiés arrivent aux portes de la Côte d'Ivoire, ils sont regroupés et on procède à une biométrie, à l'identification biométrique, ce qui est très important. Et ce à quoi nous assistons en ce qui concerne les réfugiés maliens, c'est que pour le moment, puisque nous n’avons pas encore créé un camp pour ces réfugiés, ils vont principalement dans des familles d'accueil. Aujourd'hui, je dois vous dire que nous sommes déjà 1700 maliens qui sont réfugiés dans différentes familles ici en Côte d'Ivoire, que ce soit dans le Denguélé, que ce soit dans la Bagoué. Donc, nous sommes en train de voir dans quelle mesure est-ce qu'on peut déjà créer rapidement un camp pour essayer de regrouper toutes ces personnes-là pour éviter que nous ayons donc des surprises avec ces personnes-là», a-t-il fait noter avant de souligner quelques curiosités inquiétantes.

« Il faut aussi dire que curieusement pour la plupart, ce sont des personnes âgées, ce sont des femmes, ce sont des enfants. Et à la limite, très peu de personnes jeunes, si je peux m'exprimer ainsi, très peu. Et donc nous sommes en train de chercher à comprendre pourquoi est-ce que c'est cette cible de personnes qui viennent se réfugier en Côte d'Ivoire. C'est la même chose dans les deux camps, à Bouna et à Ouangolo, de 80 000 personnes, c'est la même situation, c'est essentiellement des personnes âgées, des femmes et des enfants. Mais je peux rassurer les sénateurs que nous faisons tout pour qu'on n'ait pas de surprise de la part de ces réfugiés. »

Comme les deux ministères ci-dessus cités, le Ministre Sansan Kambilé a vu son budget être adopté à l’unanimité des Sénateurs de la Caef, à hauteur de 129.1 milliards de FCFA.

Ange-Nicaelle LYRANE