On peut le nier ou affronter l’âpre réalité : le PDCI-RDA est à un tournant décisif de son histoire. Le parti n’est plus au pouvoir depuis plus d’un quart de siècle. Il a manqué le rendez-vous des trois dernières élections présidentielles pourtant à sa portée. Au fil du temps, il a perdu du terrain en tant que leader de l’opposition, statut qui tient à la représentation au Parlement. Absence aux présidentielles, perte de vitesse aux législatives, sénatoriales et locales, voici les faits.

La liberté de pensée, d’expression ou d’opinion a ceci d’intéressant que chacun peut y aller de son analyse et de sa compréhension des choses, des situations et des faits. Plutôt que de verser dans le faux débat du « qui est proche de qui ou qui est dans quel clan », il serait plus utile d’utiliser nos intelligences pour comprendre comment et pourquoi notre parti, dont nous sommes si fiers de dire qu’il est le plus ancien, le plus grand, le plus beau, le plus attrayant, bref le meilleur, en est arrivé là.

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Les arguments ne manquent pas : les manœuvres du régime, l’absence de stratégie, les alliances de dupe, les complotistes internes, la désunion des cadres et quoi encore ? Sans doute y a-t-il un peu de tout cela. Mais, il me semble que si malgré tout le parti a réussi à faire preuve de résilience jusqu’à ces derniers temps, c’est en raison d’une valeur infiniment plus grande que celles qui sont généralement mises en avant.

Cette valeur, c’est le mythe ou le mystère. C’est l’esprit ou le sacré.

Si le PDCI-RDA en est arrivé à faire de l’improvisation électorale, à entretenir la psychose des clans, à se fier à des alliés insincères et sans poids réel, à aduler l’inéducation comme un modèle de communication, c’est en raison de la perte de cette valeur aux noms multiples.

Tout est arrivé quand des gens, au lieu de privilégier le dialogue et l’écoute, dont on ne sait trop pourquoi ils ont tant peur, ont décidé de régler des comptes en instrumentalisant des cyberactivistes pour s’en prendre à des symboles et des modèles. Le problème, c’est que ces chasseurs de prime irresponsables et adeptes du culte de la personnalité derrière les écrans ignorent la vérité. Ils croient savoir alors qu’ils ne savent en réalité que ce qu’on leur dit de véhiculer.

Ils croient qu’ils tirent les ficelles alors qu’en réalité ils sont manipulés pour détruire le parti. Cette gouvernance spectacle du PDCI-RDA par les réseaux sociaux a pour conséquence la démystification, la désacralisation et la banalisation.

En portant nos désidératas sur la place publique, en s’en prenant aux dignitaires qui ont le courage de poser les vrais problèmes, et en protégeant les abonnées aux bévues, c’est au parti que nous nuisons.

La restructuration organique projetée par la direction du parti est inévitable, mais le plus grand challenge du PDCI-RDA dans notre quête du pouvoir d’Etat, c’est sa restructuration morale ou spirituelle, c’est la restauration de son mythe, de son mystère, de sa légende, c’est la réhabilitation de son identité et de son âme à travers le retour au respect du droit à la différence, à l’écoute attentive et active, en un mot comme en mille, au dialogue.

Car le PDCI-RDA est avant tout un esprit. C’est cette dimension que ne possède aucun autre parti politique concurrent qui attire les Ivoiriens ou force leur respect, leur admiration, leur sympathie.

C’est dans son esprit que réside la puissance et la force vainqueresses du parti de Félix Houphouët-Boigny et d’Henri Konan Bédié.

C’est l’esprit PDCI-RDA qui fera la différence en 2028 et 2030. A condition, bien entendu, de le restaurer !

Honorable KOUAME Yao Séraphin
Vice-Président du PDCI-RDA