Il est des moments dans la vie politique où le silence n’est plus une option.
Après l’absence du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) à l’élection présidentielle, puis la déroute des élections législatives du 27 décembre, une évidence s’impose : le PDCI-RDA ne peut plus continuer comme avant.
Le Parti a annoncé une restructuration profonde, avec un objectif clair : reconquérir le pouvoir d’État. Soit. Mais pour y parvenir, le PDCI-RDA doit d’abord se reconstruire lui-même.
Je m’exprime ici avec humilité, en tant que jeune militante du PDCI-RDA.

Je ne prétends ni donner des leçons, ni réécrire l’histoire d’un grand parti qui m’a précédée et formée.
Si j’ai rejoint le PDCI-RDA, c’est précisément parce que ses valeurs de dialogue, de débat, d’intelligence collective et de respect des différences m’ont attiré.
Mon souhait est simple : que ces valeurs perdurent et se renforcent.
Mais comment y parvenir lorsque, en interne, le dialogue, la réflexion et le droit à la différence semblent devenus suspects ?
Comment avancer lorsque toute analyse est assimilée à une trahison, toute proposition à une dissidence, toute critique à une offense ?
Un parti politique n’est pas une structure figée. C’est un espace vivant, un lieu de débat, d’engagement, de confrontation d’idées et de respect des militants.
Or, aujourd’hui, au sein du PDCI-RDA, il arrive que certains confondent débat et injure, loyauté et soumission, discipline et silence imposé.
Pourtant, l’une des plus grandes richesses du PDCI-RDA a toujours été son exceptionnel vivier de cadres, d’intellectuels, de femmes et d’hommes de valeur.
Cette intelligence collective, cette intelligentsia, devrait être protégée, encouragée et valorisée.
Elle ne doit ni être bridée, ni étouffée, encore moins humiliée.

Un grand parti doté d’un tel capital humain doit rester perméable aux idées, aux critiques constructives et aux évolutions de la société ivoirienne.
Oui, le PDCI-RDA doit être, et demeurer, un parti ouvert au débat.
Un parti dans lequel les militants participent réellement à l’orientation politique, dans le respect de son Président, des instances et des règles internes.
Un parti où le dialogue-arme des forts-est un mode naturel de fonctionnement, et non une source de suspicion.
Il ne s’agit pas de remettre en cause une quelconque autorité. Il s’agit de veiller à ce que la discipline n’étouffe pas l’intelligence collective, et que la base militante conserve un véritable espace de proposition et d’interrogation, sans crainte d’être stigmatisée, disqualifiée ou marginalisée.
Le PDCI-RDA est un grand parti. Un grand parti ne craint ni le dialogue, ni la différence, ni le talent.
Car lorsqu’on ne dialogue plus, on ne crée plus. Et lorsqu’on ne crée plus, on ne propose plus.
Or, après 27 années passées dans l’opposition, le PDCI-RDA doit impérativement demeurer une force de propositions crédible, audacieuse et tournée vers l’avenir.
Il est donc temps de tout remettre à plat, non pour diviser, mais pour rebâtir un parti moderne, uni et structuré, capable de répondre aux attentes légitimes des Ivoiriens.
Nous devons construire un PDCI-RDA ouvert mais ferme sur ses valeurs, un PDCI-RDA qui ne soit pas seulement un parti d’opposition, mais un véritable parti de gouvernement.
La suspicion permanente, l’ostracisation systématique et la mise à l’écart des voix discordantes ne peuvent devenir des modes de fonctionnement. Cela fragilise le Parti et affaiblit notre ambition collective.
Car à force d’exclure, on finit par se vider : on perd des militants, on décourage des cadres et l’on fait fuir des talents.
Or la vitalité d’un parti se mesure aussi à sa capacité à attirer, reconnaître et faire émerger les talents, notamment ceux de sa jeunesse.
Pour ma part, je demeure convaincue que le PDCI-RDA est le parti de tous les Ivoiriens qui se reconnaissent dans les valeurs d’excellence, de travail, de rigueur, de transparence et de justice.
Demeurons donc un parti ouvert, enraciné sur le terrain, connecté aux réalités du pays, capable de porter des stratégies claires, des propositions simples et ambitieuses, avec des femmes et des hommes engagés, libres, responsables — et fiers de porter l’héritage du PDCI-RDA vers l’avenir.
Me Johana N'DIA-KRA
#JNK
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