Peut-on être absent ou démissionner d’un organe auquel on n’a pas appartenu ? Le débat autour de la situation de M. Tidjane Thiam au sein du Bureau Politique du PDCI-RDA soulève une question essentielle, qui dépasse les personnes pour toucher au cœur même du respect des règles : le droit peut-il être interprété au détriment de sa propre logique ?

Certains avancent un argument en apparence simple : « Il n’a pas démissionné ».

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Mais en droit, la simplicité apparente est souvent trompeuse.

Première vérité : on ne peut appartenir à une institution que si cette appartenance est prouvée.

Les statuts sont clairs : les membres du Bureau Politique sont désignés ou élus par le Congrès, et leur qualité est matérialisée par des actes officiels.

Sans inscription, sans procès-verbal, sans trace formelle, il n’existe pas de qualité juridique.

Deuxième vérité : on ne peut être absent que si l’on est membre.

L’absence n’est pas une notion abstraite. Elle suppose une obligation de présence.

Or, comment être en défaut de participation à un organe auquel on n’a jamais été juridiquement rattaché ?

Troisième vérité : la non-démission ne crée pas un statut.

Ne pas démissionner ne signifie pas être membre.

Cela ne peut produire d’effet que si une appartenance initiale et continue est établie.

Sinon, c’est une fiction. Et le droit n’est pas une fiction.

Dans ce contexte, l’analyse défendue par le Professeur Niamkey Koffi mérite d’être interrogée, non pas dans une logique de confrontation, mais dans un souci de rigueur.

Car le droit ne se plie pas aux interprétations opportunes ; il repose sur des principes constants : preuve, cohérence, traçabilité.

Accepter qu’une simple absence de démission suffise à établir une qualité, c’est ouvrir la porte à toutes les dérives :

- revendiquer des fonctions jamais exercées

- cumuler des années d’« absence » sans présence initiale

- brouiller les lignes entre légitimité politique et réalité juridique

Ce débat n’est pas anecdotique. Il touche à une exigence fondamentale : le respect des statuts comme socle de toute organisation crédible.

Le droit est clair :

On ne peut ni être membre sans preuve, ni être absent sans appartenance, ni exister juridiquement par simple silence administratif.

Refuser cette évidence, c’est affaiblir l’institution elle-même.

Et une institution qui affaiblit ses règles finit toujours par perdre son autorité.

*Un Citoyen qui veut le respect des textes.