Des solutions scientifiques, innovantes et durables conçues par des enseignants-chercheurs ivoiriens sur financement du Fonds pour la Science, la Technologie et l'Innovation (FONSTI) pour répondre aux conséquences environnementales de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire ont été présentées, lors du ‘’petit-déjeuner de l’Innovation" du FONSTI, le jeudi 08 octobre 2026, à Abidjan-Marcory.

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Placée sous le thème « Orpaillage illégal : de l'urgence environnementale aux solutions innovantes et durables », la rencontre a réuni représentants d’institutions publiques (Assemblée nationale, Sénat, CESEC, Chambre nationale des rois et chefs traditionnels), chercheurs, partenaires techniques et financiers, acteurs du secteur minier, collectivités territoriales et membres du Groupement spécial de Lutte contre l’Orpaillage illégal (GSLOI).

Dr. Kouassi Bruno Kpangui de l'Université Jean-Lorougnon Guédé de Daloa porte le projet ‘’Réhabilitation d’anciens sites d’orpaillage à des fins agricoles dans le district du Sassandra-Marahoué". Ses solutions pŕeconisent le remblayage des fosses pour réduire l’érosion et la fertilisation afin d'empêcher que les polluants (arsenic, plomb, chrome, mercure, cyanure). soient mobilisés dans les cultures (piment, manioc, tomate).

Son projet entend développer des modèles de production agricole saine et durable adaptés aux sites miniers, à travers la sélection et l'utilisation de plantes et de micro-organismes.

De son côté, Dr. Seiny Roger N'Dri de l'ENS d’Abidjan a mis au point des outils pour surveiller, de manière régulière, la pollution des eaux : un capteur qui détecte le mercure, un capteur électrochimique qui détecte le cyanure, et des fiches écologiques qui permettent d'avoir des données sur l'espace de contamination.

Venant de l'Université de Man, Dr. Sandotin Lassina Coulibaly propose le traitement des sols pollués par la phytoremédiation (utilisation de plantes) pour la dépollution à l’arsenic et la valorisation des résidus miniers comme matériaux de construction (béton, briques pleines, tuiles, BTC).

Pour le secrétaire général du FONSTI, Dr. Yaya Sangaré, la réponse aux conséquences environnementales de l’orpaillage illégal ne peut être uniquement réglementaire ou opérationnelle: « Elle doit également mobiliser la science, la technologie et l’innovation ».

L’ampleur du fléau a été rappelée par le directeur général du Centre ivoirien Antipollution (CIAPOL), Prof. Bernard Ossey Yapo, lors de sa conférence inaugurale. À l’en croire, le gouvernement déplore des pertes fiscales de 744 milliards FCFA par an et la valeur de l'or qui échappe aux circuits officiels est de 4 600 milliards FCFA. Il a ajouté que 20 régions sur 31 sont touchées, 8524 déguerpissements sont effectués et 545 sites répartis dans 55 départements dont les plus touchés sont Tabou, Séguéla, Zouan-Hounien, Dabakala et Daoukro, sont encore actifs.

Le programme d'urgence d'une durée de trente six mois, prévoit la mise en sécurité d'environ 4100 bassins de cyanurisation et de mercurisation, 1355 hectares de sol à restaurer, 60 km de cours d'eau à réhabiliter, 5000 ex-orpailleurs à réinsérer pour un investissement de 45 milliards de FCFA.

Source: gouv.ci

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