Samedi 10 janvier 2026, à la permanence du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA), de Yamoussoukro, le Maire Kouassi Kouamé Patrice dit KKP, candidat tête de liste PDCI-RDA, aux législatives du 27 décembre 2025 dernier, a animé une conférence de presse. Face aux hommes de média, il a livré un message dense, mêlant gratitude, contestation et appel à la résilience. Entouré de son colistier Kalou Jacques et du directeur de campagne Baba Sylla, il a tenu à « réaffirmer ses remerciements » à l’équipe de campagne, notamment aux représentants dans les bureaux de vote, dont la vigilance a permis de documenter plusieurs incidents.

LE RECOURS ET SES RAISONS

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Après les mots de gratitude à l’endroit du personnel politique et des populations, le maire a assumé pleinement son choix d’avoir saisi le Conseil constitutionnel. « Ces élections ont été contestables et il fallait les contester » « Le deuxième point concerne, comme vous le savez tous, la décision qui a été rendue par le Conseil constitutionnel relativement au recours qui a été introduit suite à l'élection législative du 27 décembre 2025. Ce recours-là a donné le résultat que nous connaissons tous, nous en prenons acte. Et je tiens quand même à souligner une chose. De nombreuses personnes nous ont appelé pour nous poser la question de savoir pourquoi nous avions introduit un recours auprès du Conseil constitutionnel. La première raison, je l'ai répandue de façon constante à toutes et à tous, la première raison pour laquelle nous avons introduit ce recours auprès du Conseil constitutionnel, c'est que ces élections ont été contestables et il fallait donc les contester et documenter nos contestations. C'est ce que nous avons fait. La deuxième raison qui est tout aussi importante, c'est que pour la postérité. Il était important pour nous que nous laissions une trace de ces élections-là à travers un recours introduit auprès du Conseil constitutionnel. Une trace sur le parti pris de la Commission électorale, une trace sur la violation du Code électoral et des décrets organisant l'élection à Yamoussoukro, et une trace également sur les différentes violations du mode opératoire des élections. Comme je le disais, la décision du Conseil constitutionnel a été rendue, nous en prenons acte… », a-t-il martelé.

LES GRIEFS CONTRE LA DELOCALISATION DES BUREAUX DE VOTE

Poursuivant dans son élan de dénonciation, le maire est revenu longuement sur la délocalisation de 33 lieux de vote, pointant du doigt une décision tardive et mal communiquée. « Jusqu’à 48 heures avant le scrutin, aucun acte administratif ne nous informait clairement », a-t-il expliqué, pointant l’impossibilité pour certains électeurs des villages de se déplacer ou même de savoir où voter « () Quand on fait un regroupement d'un village dans la commune tel que Sahabo, qui doit être à une dizaine de kilomètres peut-être un peu plus de Yamoussoukro. L’électeur qui est à Sahabo, qui vote près de la garde républicaine, je vous pose la question. Il se déplace comment de Sahabo pour venir voter ? Je vous pose la question, répondez-moi. Il se déplace comment pour venir ? Mais pire, comment est-ce qu'il fait pour savoir que son lieu de vote n'est plus à Sahabo et est ailleurs dans la ville ? Et où dans la ville ? A quel moment les populations étaient informées ? Dites-moi. Le décret qui organise les élections à Yamoussoukro précisait de façon claire que les candidats et les électeurs devaient être informés en cas de regroupement de lieu de vote. Dites-moi comment ces électeurs et ces candidats ont été informés. Pas une réunion de masse à la mairie ? Pour moi, ce n'est pas une information au sens du décret. L'information doit être personnalisée. Nous avons des chefs de village qui sont dépendants de l'administration. Si des villages devaient être regroupés, on devait donner cette information par les chefs de village et s'assurer que l'information arrive aux électeurs. Nous avons constaté que même des électeurs qui s'étaient organisés pour venir voter, avec des cars, sur la commune ont subi des violences. Nous l'avons dénoncé aux autorités policières qui étaient là. Des pneus de car ont été percés par des jeunes qui étaient à Moto… », a-t-il décrié une fois de plus

UNE DEFAITE ASSUMEE, MAIS PAS UN ECHEC

Face aux questions de la presse sur l’issue du scrutin, Kouassi Kouamé Patrice a refusé le terme d’« échec ». « Notre combat était noble, notre démarche sincère, notre amour pour Yamoussoukro incontestable », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que participer à l’élection était nécessaire pour disposer d’éléments factuels et crédibles. « () Le peuple observe, il apprend et se souvient. Ne vous y trompez pas, nous avons semé les graines de la conscience, de la dignité et de la responsabilité, et l'histoire nous enseigne que les graines les plus solides prennent parfois du temps à germer, mais elles portent les fruits les plus durables. C'est pourquoi, face aux résultats des élections, j'invite les populations de Yamoussoukro à refuser le spectre de la division et à battre une commune où les différences s'effacent au bénéfice de l'inclusion… », a-t-il exhorté avant de passer ce message aux militants du parti doyen de façon spécifique « À vous, chères militantes et chers militants du PDCI et RDA, les combats qui comptent vraiment ne se gagnent pas en un jour, mais se gagnent par la constance, la patience et la foi en l'avenir. Cette étape, aussi douloureuse soit-elle, forge l'expérience, affine la vision et prépare des victoires plus grandes pour demain. Chers militants du PDCI-RDA, restez debout, restez unis et restez fidèles aux valeurs du PDCI-RDA, car Yamoussoukro a encore besoin de vous pour les batailles à venir et qui pourraient être plus proches que vous ne le pensez. Je n'ai pas de doute que vous ferez preuve de résilience face à toutes les adversités afin de préserver un climat de paix à Yamoussoukro… », a-t-il fait noter avant de clore par ceci « En ce qui concerne notre commune, je reste déterminé à conduire dans l'intérêt de toutes et de tous, la réalisation des projets de développement et de bien-être social de toutes les populations de Yamoussoukro. Pour le reste, poursuivons le travail pour une commune unie pour l'essentiel, solidaires avec les plus faibles et les plus démunis et résolument tournés vers l'avenir. Au plan politique, de nombreuses personnes m'ont posé cette question, c'est pour ça que je l'aborde. Au plan politique, mon engagement reste intact et je serai toujours prêt à relever tous les défis que mon parti et le PDC IRVA me confiera. Sachez que la vraie lumière n'est claire qu'en traversant l'ombre. Avec foi que demain sera assurément meilleur, je vous souhaite une excellente année 2026 à toutes et à tous »

In Le Nouveau Réveil de ce lundi 12 janvier 2026