La zone frontalière entre le Ghana et le Togo est au cœur de nombreuses dénonciations ces dernières années. Des voyageurs et touristes originaires de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest affirment être victimes d’un phénomène préoccupant : de faux contrôles de billets de banque menés par des individus se faisant passer pour des agents chargés de vérifier l’authenticité des devises.

Selon plusieurs témoignages, ces pratiques se dérouleraient notamment dans les environs du poste frontalier d’Aflao côté ghanéen et de Kodjoviakopé côté togolais. Des citoyens togolais opérant parfois en groupes approcheraient des voyageurs, principalement des touristes ou commerçants en transit, sous prétexte de vérifier l’authenticité de leurs billets.

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Une fois l’argent remis pour inspection, plusieurs victimes affirment être totalement dépouillées. Dans certains cas, les voyageurs se retrouvent abandonnés à la frontière, sans ressources, sans possibilité immédiate de poursuivre leur trajet ou de rentrer chez eux.

Les victimes recensées seraient principalement des ressortissants du Ghana et de la Côte d’Ivoire, mais aussi d’autres pays de la sous-région. Cette situation crée un climat de peur et de méfiance dans une zone pourtant stratégique pour la circulation des personnes et des échanges commerciaux en Afrique de l’Ouest.

Pour de nombreux observateurs, ces pratiques portent gravement atteinte à la sécurité des voyageurs et à l’image de la libre circulation prônée par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. La frontière entre le Ghana et le Togo constitue en effet l’un des axes majeurs de mobilité dans la région.

Face à cette situation, plusieurs voix appellent les autorités togolaises et ghanéennes à agir rapidement. Les populations interpellent notamment le président du Togo, Faure Gnassingbé, ainsi que les autorités du Ghana afin qu’une réponse sécuritaire coordonnée soit mise en place.

Parmi les mesures évoquées figure le déploiement de patrouilles conjointes entre les forces de sécurité des deux pays afin d’assurer l’escorte et la protection des voyageurs circulant entre les deux postes frontaliers. Une telle coopération pourrait contribuer à dissuader les escroqueries, sécuriser les passages et restaurer la confiance des citoyens.

Dans l’attente d’actions concrètes, les voyageurs sont appelés à la vigilance et à ne remettre leur argent qu’aux autorités officiellement identifiées aux postes de contrôle. Mais pour de nombreux usagers de cette frontière, seule une action forte des gouvernements du Ghana et du Togo permettra d’endiguer ce phénomène.

La sécurité des citoyens ouest-africains en déplacement reste un enjeu majeur. Et pour beaucoup, il devient urgent que des mesures visibles soient prises afin que cette frontière cesse d’être un lieu d’insécurité et d’abus. 

Jean Bertin Kodja, Correspondant à Lomé et Accra