Monsieur le Ministre,

La politique n'est pas l'art de l'oubli. Elle est d'abord l'exigence de vérité et la fidélité aux faits.

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Je vous écoute aujourd'hui parler du PDCI-RDA, distribuer des leçons de fidélité et vous présenter en gardien de son héritage. Mais permettez que la mémoire reprenne ses droits.

Qui vous a ouvert les portes des plus hautes responsabilités de l'État ? Qui vous a permis de connaître les honneurs de la République en vous proposant au poste de ministre ? La réponse est connue de tous : le Président Henri Konan Bédié, au nom du PDCI-RDA.

Pourtant, l'homme qui vous a élevé est devenu, quelques années plus tard, celui que vous avez combattu, publiquement critiqué et abandonné. Vous avez choisi de vous éloigner du PDCI-RDA pour bénéficier des faveurs du pouvoir d'alors, tout en participant à l'affaiblissement de la famille politique qui vous avait tout donné.

Ne dites donc pas aujourd'hui ce que l'histoire dément.

En 2010, vous n'avez jamais dissimulé votre opposition au candidat du PDCI-RDA. Vous avez pris fait et cause contre votre propre parti. Ces faits ne relèvent ni de l'imagination ni de la polémique ; ils appartiennent à notre mémoire collective.

Et si, malgré tout cela, vous avez retrouvé votre place au sein du PDCI-RDA, ce n'est pas parce que vous incarniez un modèle de fidélité. C'est parce qu'Henri Konan Bédié était un homme de pardon, un homme d'État qui savait, comme le rappelle la Sainte Bible, que le bon berger va chercher la brebis égarée.

Voilà pourquoi je vous invite à davantage de retenue.

Car on ne distribue pas des certificats de fidélité lorsqu'on a soi-même quitté la maison. On ne donne pas des leçons de constance lorsqu'on a participé à fragiliser l'édifice que l'on prétend aujourd'hui défendre.

Le PDCI-RDA traverse une période difficile. Mais cette situation ne s'est pas construite en un jour, ni par l'action d'un seul homme. Ceux qui, hier, ont contribué à son affaiblissement devraient faire preuve d'humilité avant de se poser en arbitres ou en procureurs.

Monsieur le Ministre,

La politique exige de la cohérence. La mémoire impose de la modestie. Et le respect de l'histoire commande de reconnaître sa part de responsabilité avant de juger celle des autres.

Le PDCI-RDA est plus grand que nos ambitions personnelles. Il appartient à tous ceux qui l'ont servi avec loyauté, dans les victoires comme dans les épreuves.

Les militants n'ont pas la mémoire courte.

Avec respect, mais sans complaisance.

Aimé Kouakou Y.

Un militant qui sait.

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