Après l'annonce du verdict du Conseil Constitutionnel qui a validé la candidature de la Présidente Simonne Gbagbo, candidate du MGC à l'élection présidentielle du 25 octobre prochain, j'ai été indigné de la voir s'ébaudir de joie, interrogée par nos confrères de 7INFO.

La réaction de cette dame pour qui j'avais un immense respect m'a véritablement fait froid dans le dos.
Elle nous montre à travers cette réaction la face hideuse des politiciens et des intellectuels ivoiriens et africains. Cette dame m'a toujours convaincu de sa droiture, sa cohérence et sa rectitude, dans notre pays où en politique, seules les ambitions et les intérêts comptent. Elle vient de trahir cet amour et ce respect.
Tenez-vous bien qu'elle a été la première à fustiger et à condamner la candidature du Président Alassane Ouattara qu'elle avait classé illégale et anticonstitutionnelle. Elle l'a dit au meeting du 30 mai à Yopougon avec les autres partis politiques du CAP-CI. Elle l'a également dit lors de la fête des libertés de son parti, les 4 et 5 juillet au stade de la BAE à Yopougon.
Elle a même boudé (au départ) toute la frénésie au tour de la campagne des kits de parrainage parce que, selon elle, la CEI n'était pas crédible.
Aujourd'hui, elle jubile à la validation de sa candidature par le Conseil constitutionnel en omettant de rappeler à celui-ci qu'il a validé une forfaiture (selon elle).

Elle a jubilé sans commisération des partis politiques frères de la CAP-CI, qui ont vu leurs candidatures invalidées dont le PDCI RDA et le FPI. C'est politiquement inélégant de se servir des autres comme un escabeau.
La validation de sa candidature a fait passer au passif tous les griefs qu'elle proférait contre le gouvernement et la CEI. Ainsi, le dialogue qu'elle avait initié avec le RHDP n'est plus à l'ordre du jour. Triste tout ça. Les conditions, pour lesquelles, elle réclamait le dialogue politique sont-elles désormais réunies ? Le Conseil Constitutionnel a fait "un travail remarquable" (selon elle), que parce qu'il a accepté sa candidature?
Or donc, il y a des institutions dans ce pays dignes de confiance.
Il manque de la cohérence dans les positions de nos hommes politiques et de nos intellectuels. Les suivre est nauséeux.
Je juge sévèrement cette dame parce qu'elle a trahi ma confiance. Elle a menti et fait du faux rien que pour sauver ses intérêts. Faire la politique de cette façon est maladroite et inellegante.

En Côte d'Ivoire, les discours publics ne valent rien. La vie publique est assise sur du faux et sur le mensonge.
C'est d'autant plus vrai que le Professeur Ouraga Obou, qui soutient la candidature du président Alassane Ouattara (c'est son droit), était à la tête du Comité des experts qui a rédigé la Constitution de 2016. Il a dit que celui-ci ne ferait pas un mandat supplémentaire parce que la Constitution ne le lui permettait pas. Il l'a dit officiellement, dans une interview accordée à Frat Mat n°15550 du 10/10/2016, un journal de l'État de Côte d'Ivoire. M. Ouraga Obou, ne fustige même pas le dévoiement de son travail. Non, bien au contraire, il nie et renie la force de sa réflexion. C'est quand même grave.
Diantre, notre pays fonctionne sur du faux, sur du mensonge et nous le peuple, on ne sait plus à quel saint se vouer. Et j'ai dit.
Djokouehi Victor Junior
Journaliste.
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