Le PDCI-RDA traverse une zone de turbulences marquée par des tensions internes et de profondes interrogations sur son avenir. Dans une interview qu’il a accordée ce mardi 21 avril 2026 à Africanewsquick.net, Wilfried Koffi a dénoncé une situation préoccupante, révélatrice de fractures persistantes au sein du parti.

Membre du Bureau politique et cadre influent à Yopougon, il s’est exprimé sans détour, livrant une analyse lucide de la crise et esquissant, au passage, des pistes de sortie. Entretien.
Le PDCI-RDA célèbre ses 80 ans: quel bilan global faites-vous, en tant que cadre du dit parti?
Le PDCI-RDA, c’est 80 ans de construction de la Côte d’Ivoire moderne. Avec de 1946 à 1999, l'acquisition de l' Indépendance par Feu le président Félix Houphouet Boigny, puis la paix poursuivi et le miracle économique que tout le monde sait, rendu possible par Feu le président Aimé Henri konan Bédié.
Ensuite le PDCI-RDA c'est de 1999 à 2023, un parti résilient, débout pour la démocratie et le dialogue. Et depuis Décès du President Bédié, c'est le Tâtonnement, le Renouveau espéré avec le Nouveau President du PDCI est encore loin de nos attentes.
Le PDCI doit se remettre au travail pour 2030. 80 ans, c’est l’expérience et surtout la maturité. Le PDCI a fait la Côte d’Ivoire, il la refera si les choses rentrent en ordre, surtout en interne.
Comment décririez-vous aujourd’hui la situation interne du PDCI-RDA ?
Le PDCI-RDA donne l'impression d'être en ordre de bataille. La mauvaise organisation du congrès qui a vu le President Tidjane Thiam plébiscité à la tête du parti en décembre 2023 est à la base de la situation que traverse aujourd'hui notre parti.
Nous devrions être tournés en ce moment vers les adhésions, les mobilisations des sections et des comités de bases. Et pourtant!
Le PDCI-RDA traverserait une crise en son sein depuis la disparition de son leader Aimé Henri konan Bédié. Êtes vous de cet avis?
Il n’y a pas de crise. Il y a eu un deuil, puis une transition mal organisée. Le Président Bédié est parti le 1er août 2023. Tout grand parti digère la perte de son leader historique.
Nous n'avions pas eu le temps de faire le deuil du President Bédié que le comité de transition a organisé un calamiteux congrès extraordinaire qui a vu l'élection du Président Thiam.
Les textes ont parlé. Ce n’est pas une crise, c’est une transition mal embarquée. Le PDCI devrait tourner une page, pas le livre.
Quels sont les principaux défis auxquels le parti est confronté actuellement ?
Disons le vertement, le PDCI-RDA , notre parti fait face, à mon avis, à trois défis majeurs. A savoir la remobilisation de la base militante, gagner la bataille de la jeunesse à son avantage et la bataille municipale de 2028 et la présidentielle de 2030.
D'abord par la remobilisation de la base, il faut comprendre le retour dans les sections, les comités et surtout parler vrai aux militants.
Le deuxième défi, c'est celui de capter la jeunesse car en Côte d'Ivoire, 70% de la population a moins de 35 ans. Le PDCI doit parler emploi, école, Sport, futur.
Enfin, le défi de 2030, c'est réviser la liste électorale, sécuriser le vote, avoir des candidats de terrain, j'insiste sur 2028 d'abord car 2030 en depend.
Selon moi, Cette objectif pourra être atteint Si Le PDCI relève ces défis comme il l’a toujours fait par le travail, le dialogue et le rassemblement.
Alors, comment qualifiez vous le leadership actuel de votre parti, sous Tidjane THIAM ?
Leadership du Président Tidjane Thiam est un leadership de compétence et de rupture qui ne nous rassure pas. Le fait d'avoir dirigé au plus haut niveau certaines entreprises privées et para ne fait de lui une reference en politique.
La politique s'adapte aux réalités du moment et lui, pour avoir quitté le pays depuis longtemps, devrait se mettre au parfum du quotidien des Ivoiriens avant de s'aventurer Il devrait écouter, structurer les choses avant de trancher. Le Parti doit se moderniser sans renier ses racines.
Aujourd'hui, Avec le Président Thiam, le PDCI a un capitaine sur papier mais pas sur le terrain.
Pour survivre face aux tempêtes à venir et pour espérer une victoire en 2030, le PDCI devra chercher à faire la part des choses. Surtout tenir compte de l'équipe qui a travaillé véritablement aux côtés de feu le Président Henri konan Bédié.
Quelle est votre recette pour la Redynamisation du PDCI-RDA à Yopougon où vous avez perdu récemment les législatives ?
Pour Yopougon, on dira une seule chose à la direction: doter les sections et comités de base de moyens à tous les niveaux et le PDCI-RDA reviendra sur le toit de beaucoup de communes Car les années sont certes passées mais le potentiel est là.
A Yopougon une véritable rencontre de vérité doit être organisée en associant tous les militants sans exception pour la reconquête du pouvoir dans la paix.
Militant actif sur le terrain, tous à Yopougon vous le reconnaisse. Êtes vous soutenu dans votre engagement par la direction du parti
Non et le fossé s'agrandit chaque jour. Malgré toutes les plaintes des uns et des autres à leur endroit, le Président Thiam et son équipe n'ont daignés recevoir les secrétaires de section au Bureau Politique en question. La base doit pouvoir parler au sommet.
N'est ce pas ce que vise la restructuration du parti faite par le président Thiam?
La restructuration tant prônée est restée lettre morte. On devrait équiper et appuyer financièrement les Secretaires de sections pour investir le terrain.
Être au Bureau Politique, c’est une marque de confiance du President Bédié. Je la rends par le travail et des propositions.
Mais si la Direction actuelle refuse d'organiser un bon bureau politique en vue de recueillir nos avis sur les sujets brulants en notre sein, qu'est ce qu'on peut donc attendre de nous? Il faut que les gens comprennent que le Secrétaire de Section n’est jamais seul quand le Parti est en marche
Un message à l'endroit des Ivoiriens et des militants du PDCI-RDA
je voudrais rassurer les Ivoiriens que le PDCI-RDA n'est pas un parti de violence. Nous devons tiree les leçons du passé et préparer l’avenir avec sérieux. À nos militants de Yopougon et de toute la Côte d’Ivoire, je dis : ne doutez pas. Houphouët nous a laissé un parti de paix et de développement. C'est pourquoi, j'invite le Président Tidjane Thiam à ouvrir un Dialogue franc avec le RHDP. L’heure de la remobilisation des enfants d"Houphouet Boigny a sonné.
Entretien réalisé par Jean Claude KOUDOU





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