Réunis, mercredi 13 mai 2026 à Aboisso, au siège de l’Office Ivoirien des Chargeurs (OIC), responsables administratifs, autorités traditionnelles, opérateurs économiques et représentants consulaires ont échangé autour des difficultés qui freinent encore la fluidité du commerce sur le corridor stratégique Noé–Elubo.


Cette importante réunion de débriefing a été initiée par la Ghana–Côte d’Ivoire Chamber of Commerce and Industry (GCCI-CI), à la suite de la Mission Officielle d’Étude et de Facilitation des Frontières Terrestres menée sur cet axe routier considéré comme l’un des corridors commerciaux les plus importants d’Afrique de l’Ouest.
L’objectif de cette rencontre était d’évaluer les obstacles rencontrés au niveau des postes frontaliers et de proposer des solutions concrètes afin d’améliorer la circulation des personnes et des marchandises entre la Côte d’Ivoire et le Ghana.
Étaient présents à cette importante cérémonie : Sa Majesté Royale Nana Kyeremaa Tua Abrafikoto, Présidente Fondatrice de la GCCI-CI ; Madame Henriette Lagou Adjoua, ancienne ministre et Présidente du Conseil d’Administration de la GCCI-CI ; ainsi que plusieurs autorités administratives, traditionnelles, douanières et sécuritaires des deux pays, le Ghana et la Côte d’Ivoire.
Durant les échanges, les participants ont dressé un état des lieux des difficultés auxquelles sont confrontés quotidiennement les opérateurs économiques sur le corridor Noé–Elubo. Les lenteurs administratives, les contrôles répétitifs, les tracasseries routières, les coûts informels ainsi que les insuffisances logistiques ont été identifiés comme les principaux obstacles à la fluidité des échanges commerciaux entre les deux États.
Les représentants du secteur privé ont souligné que ces dysfonctionnements entraînent d’importantes pertes de temps pour les commerçants et augmentent considérablement les coûts de transport des marchandises. Une situation qui impacte directement les prix des produits sur les marchés locaux et réduit la compétitivité des économies ivoirienne et ghanéenne.
Face à cette réalité, les participants ont plaidé pour un renforcement de la coopération entre les services douaniers, sécuritaires et administratifs des deux États. Ils ont également insisté sur la nécessité d’accélérer la modernisation des infrastructures frontalières et de simplifier les procédures administratives afin de favoriser un commerce plus rapide, plus fluide et plus sécurisé.
Prenant la parole au nom de Sa Majesté Royale Nana Kyeremaa Tua Abrafikoto, Madame Henriette Lagou Adjoua, PCA de la GCCI-CI, a appelé à une transformation profonde de la gestion des frontières africaines. Selon elle, les frontières ne doivent plus être perçues comme des espaces de blocage, mais comme de véritables leviers de croissance économique et d’intégration régionale.
« Aujourd’hui, nous devons changer notre manière de percevoir nos frontières. Les frontières ne doivent plus être des espaces de blocage, de lenteur ou de difficultés administratives. Elles doivent devenir des espaces modernes de croissance, de fluidité commerciale et d’opportunités économiques. »
Elle a également insisté sur les conséquences économiques et sociales des tracasseries frontalières :
« Les retards, les tracasseries et les coûts informels augmentent le prix des produits sur nos marchés. Ce sont nos populations qui en souffrent. Ce sont nos commerçants qui perdent du temps et de l’argent. Ce sont nos économies qui ralentissent. »
Pour la Présidente Fondatrice de la GCCI-CI, la facilitation des échanges commerciaux constitue un levier essentiel pour réduire le coût de la vie, créer des emplois et attirer davantage d’investissements dans la sous-région. Elle a ainsi plaidé pour des frontières fondées sur « la transparence, la digitalisation, le professionnalisme, l’efficacité et l’éthique ».
Au-delà des aspects techniques et administratifs, les participants ont insisté sur l’importance d’une implication accrue des autorités locales, des chambres consulaires et des organisations professionnelles dans le suivi des recommandations formulées à l’issue de cette mission stratégique.
Pour rappel, la Ghana–Côte d’Ivoire Chamber of Commerce and Industry (GCCI-CI) avait conduit, le 25 mars 2026, une mission stratégique sur le corridor frontalier Noé–Elubo afin d’évaluer les dispositifs existants et d’identifier les mécanismes susceptibles d’améliorer durablement la fluidité du commerce transfrontalier.
À travers cette rencontre d’Aboisso, les autorités ivoiriennes et ghanéennes réaffirment leur volonté commune de bâtir un espace économique plus intégré, plus compétitif et plus prospère. Une ambition qui s’inscrit pleinement dans la dynamique de l’intégration régionale ouest-africaine et de la promotion de la libre circulation des biens et des personnes au sein de la CEDEAO.
SERCOM GCCI-CI

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