Nous sommes entrés, au sein du PDCI-RDA, dans une zone dangereuse : celle du refus de se parler, du refus de reconnaître nos fautes, du refus d’accepter la différence comme condition de construction d’un ensemble fort et homogène.

Et quand un parti politique cesse de se parler, il commence déjà à se détruire en silence.

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Depuis des mois, j’ai multiplié les contributions, les appels, les alertes, toujours avec une seule obsession : faire du dialogue interne une purification, une catharsis collective face à la division qui nous ronge. Mais au lieu d’écouter, certains ont préféré durcir les postures, dresser des clans, transformer le débat politique en entreprise d’humiliation systématique.

Cette clanification exacerbée, nourrie par l’ego et la revanche, est en train de devenir notre plus grand ennemi. On veut régler des comptes personnels sous couvert de combat politique, comme si l’objectif n’était plus de gagner ensemble, mais d’écraser l’autre, de l’effacer, de le salir.

C’est une dérive grave. Très grave.

À cette dérive s’ajoute un mal tout aussi corrosif : le manque criant de tolérance entre nous. Nous ne supportons plus la contradiction. Nous criminalisons la différence d’analyse. Nous transformons le désaccord en trahison. Ce climat étouffant, où l’on refuse à l’autre le droit de penser autrement, détruit lentement mais sûrement l’âme du parti.

Et pendant que nous nous livrons à ces querelles internes, certains de nos frères vivent l’épreuve de la prison. Ils tiennent bon dans des conditions difficiles, parfois inhumaines, avec pour seule force intérieure la conviction que leur sacrifice n’est pas vain, que dehors, ici, le combat continue avec dignité, responsabilité et hauteur. Mais à quoi pourront-ils s’accrocher s’ils constatent que l’intolérance, la haine interne et la petitesse ont remplacé la solidarité et l’idéal collectif ? Que deviendra leur courage si notre comportement donne l’image d’un parti qui se déchire au lieu de se rassembler, qui renie ses propres sacrifices au lieu de les honorer ?

Car dans l’histoire politique ivoirienne, la prison n’a jamais été une honte. Elle a souvent été une prime à l’engagement, un sceau de sacrifice, une preuve de fidélité à une cause plus grande que soi. Mais certains oublient trop vite les douleurs, les exils, les humiliations et les renoncements consentis par des femmes et des hommes qui ont tenu ce parti debout quand le vent soufflait le plus fort.

Aux oreilles qui entendent encore, je le dis sans détour : nos égos sont en train de programmer la mort de ce que nous avons de plus cher en commun.

Le PDCI-RDA est le résultat de nos efforts collectifs et de nos sacrifices constants depuis plusieurs générations. Il est un pilier historique de la Côte d’Ivoire, un parti qui a façonné l’État, structuré la nation et posé les fondations de notre vivre-ensemble.

J’ai gardé le silence un temps. Non par lâcheté, mais par observation.

Et aujourd’hui, je le dis clairement : ce qui se passe n’est pas normal.

On ne déplace pas les problèmes. On les affronte. On les règle.

Si Tidjane Thiam voulait vraiment rassembler et non diviser, il aurat dû canaliser ses cyberactivistes qui continuent de poser des actes qui divisent plutôt que d'unir les militants.

J’en appelle à toutes les générations du parti  anciens, intermédiaires, jeunes. Nous sommes à la croisée des chemins. Je n’appelle personne à choisir un camp, encore moins à choisir son chemin. J’appelle à l’obligation morale du dialogue interne, seul chemin capable de produire des solutions durables et de préserver la survie du parti.

Il ne s’agit plus de s’accrocher à des intérêts égoïstes, fragiles et éphémères.

Il s’agit de renoncer pour sauver, de sacrifier pour préserver, de faire ce sacrifice rare et difficile qui sauve un parti historique de l’implosion.

Que le soleil ardent qui brille sur notre sol ne nous trompe pas.

La chaleur du moment ne signifie pas que le chemin s’est raccourci.

Au contraire : sans dialogue, sans humilité et sans mémoire, le chemin devient plus long… et parfois sans retour.

Un jeune gardien du temple !

NB: Dans la paix du Christ !