Le 17 janvier 2022 est une date qui, rien qu’à y penser, nous blesse la mémoire, heurte notre vécu et torture notre réflexion. Ce jour-là, c’est une immense catastrophe ! Sa fille, sa confidente, son ami, s’en est allée aussi brusquement que la nouvelle fut choquante. « Sandrine est morte », entendait-on dans le crépitement incessant des téléphones à nos oreilles qui n’en pouvait plus d’entendre pareille infamie.
Tout d’un coup, tout s’est arrêté, figé et bloqué. « Le monde s’effondre » écrit Chinua Achebe, le romancier, poète et critique littéraire nigérian. Un trou noir est apparu dans son existence. Le châtiment, s’il en était un, que le créateur lui a fait subir, était énorme. Il est écrit dans Job 1 : 21 : « le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le nom du Seigneur soit béni ».

Un douloureux retour de la matière grise sur ce passé crucifiant, nous fait voir une affligeante situation. Quelques jours après le décès de son unique enfant Niamien N’Zi Kra Anne Sandrine, un fleuron de la nouvelle génération de diplomates ivoiriens, il fallait amorcer, comme une descente en enfer, son « cahier d’un retour au pays natal », pas celui du poète de la négritude Aimé Césaire. Plutôt, celui d’un poignant et désolant retour à Abidjan et plus tard à Daoukro, la caisse scellée, à l’abri de tout regard compatissant, qu’elle devait transporter.
Cela l’avait affligée, frappée et éprouvée. Perdue, elle était abattue. Qui pouvait humainement survivre à pareille désolation ? Nous qui avons une certaine proximité avec elle depuis des années, nous étions perdus, éberlués et plus qu’attristés. Nous la voyons chaque jour amaigrie, émaciée et décharnée. L’on se disait que c’était aussi la fin pour elle. Elle ne survivrait pas au départ prématuré de l’unique être sorti de ses entrailles.
Fausse route ! Petit à petit, comme un catcheur qui retrouve un second souffle dans l’arène, elle reprit du poil de la bête. Faisant un exercice psychologique sur elle-même, elle se mit debout. Pris la tête de l’organisation des obsèques et était au four et au moulin pour donner à sa créature un honorable adieu.
Puis, elle reprend sa vie politique. On aurait dit qu’elle a une nouvelle mémoire. On ne sait pas d’où elle tire ce courage surnaturel. Mais, elle s’est métamorphosée en l’espace d’un temps record. Elle organise son parti. Entreprends une tournée pour remercier tous ceux qui l’ont soutenue. Après, on se retrouve à Daoukro pour un séminaire afin de parler de l’élection présidentielle de 2025.
Nous étions en avril 2023. Elle nous annonce, à Yamoussoukro, cité de paix, qu’elle se présentera à l’élection présidentielle. Tous, nous sommes surpris. Mais madame ? Telle est l’exclamation qui sort des cœurs et des idées de ses collaborateurs. Il faut donc mobiliser les bases, l’aventure continue. Adjoua Henriette Lagou est de retour et appelle le peuple ivoirien au rassemblement pour un changement!
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