Bouaké a tenu son rendez-vous avec l'histoire. Ce samedi 27 juin 2026, la capitale de la région du Gbêkê a été le théâtre d'une impressionnante démonstration de force, de fidélité militante et de communion politique à l'occasion de la célébration des 80 ans du Parti démocratique de Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA).

Très tôt dans la matinée, des milliers de militants, cadres, élus et sympathisants, venus du District de la Vallée du Bandama, du District des Lacs et de plusieurs autres localités du pays, ont convergé vers le Stade de la Paix de Bouaké, donnant corps à l'appel lancé quelques jours plus tôt par l'Honorable YAO Koffi Jean Paul, Vice-Président du PDCI-RDA et ancien Vice-Président de l'Assemblée nationale.

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Dans un message empreint d'émotion, de mémoire et de responsabilité historique, le dirigeant politique avait invité les militants à faire de cette célébration un moment exceptionnel de rassemblement et de fidélité à l'héritage des pères fondateurs. « Bouaké doit refuser du monde », avait-il déclaré, convaincu que la ville martyre de la crise ivoirienne méritait une mobilisation exceptionnelle en raison de son histoire, de ses souffrances et de sa place singulière dans la mémoire collective de la Nation.

L'enjeu dépassait largement le cadre d'une simple commémoration. Pour YAO Koffi Jean Paul, célébrer les 80 ans du PDCI-RDA à Bouaké revenait à poser un acte de mémoire et de reconnaissance envers une cité qui porte encore les stigmates de la rébellion et de la guerre. C'était également un acte d'espérance, destiné à rappeler que Bouaké demeure une ville de résilience, de fraternité et de renaissance.

Le pari de la mobilisation a été relevé avec éclat. Présent à Bouaké pour prendre part aux festivités, le Vice-Président du PDCI-RDA n'a pas caché sa satisfaction devant l'affluence exceptionnelle observée dès les premières heures de la journée.

« Il se passe quelque chose d'extraordinaire à Bouaké. Vous savez, lorsqu'on organise un événement à côté de chez vous, vous avez l'impression que puisque c'est à côté, vous avez le temps d'arriver. C'est ce que les militants de Bouaké ont pensé. Mais dès 8 heures, les militants de la région des Lacs, venus de Tiébissou, Kouassi-Kouassikro, Toumodi, Yamoussoukro, Bocanda et Dimbokro, ont pris d'assaut l'esplanade du stade de Bouaké, si bien qu'à trois reprises, on a dû déployer des chaises supplémentaires pour contenir les retardataires », a-t-il déclaré, avant de conclure avec modestie : « Preuve que notre appel a été entendu. »

Les images d'une foule compacte, les longues files de militants convergeant vers le stade et les chants à la gloire du parti ont donné une résonance particulière à cette célébration du jubilé du plus ancien parti politique de Côte d'Ivoire.

Cette mobilisation historique revêt également une portée symbolique et politique majeure. Fondé le 9 avril 1946 par le Président Félix Houphouët-Boigny, le PDCI-RDA est le parti qui a conduit la Côte d'Ivoire à l'indépendance et posé les fondements de l'État moderne ivoirien. Pendant plusieurs décennies, il a incarné une certaine idée de la Nation fondée sur le dialogue, la paix, la tolérance, le travail et le développement.

L'héritage du Président Félix Houphouët-Boigny demeure aujourd'hui encore la principale boussole idéologique du parti. Une vision politique qui place le dialogue au-dessus des affrontements, la cohésion nationale au-dessus des divisions et la recherche permanente de la paix au cœur de l'action publique.

Cet héritage a été préservé et enrichi par le Président Henri Konan Bédié. Durant sa longue carrière politique et jusqu'à son dernier souffle, le « Sphinx de Daoukro » n'a cessé de rappeler aux militants du PDCI-RDA que l'unité du parti constituait sa première force et que la discipline militante représentait sa meilleure garantie de pérennité. Malgré les épreuves, les scissions, les départs et les crises successives, Henri Konan Bédié a toujours appelé les cadres à préserver l'entente, le dialogue et la cohésion interne.

Aujourd'hui, sous la direction du Président Tidjane Thiam, le PDCI-RDA poursuit son travail de reconstruction, de rassemblement et de renforcement de son organisation. L'ancien banquier international, porté à la tête du parti dans un contexte politique particulièrement exigeant, incarne pour de nombreux militants une nouvelle espérance et une volonté de modernisation sans rupture avec les valeurs historiques de la maison verte et blanche.

La célébration de Bouaké a d'ailleurs donné à voir un parti rassemblé autour de ses idéaux fondamentaux. Malgré les débats internes qui caractérisent toute grande formation démocratique, les responsables du PDCI-RDA ont multiplié les appels à la discipline, à l'entente entre les cadres et à la préservation de l'unité du parti.

Le message de YAO Koffi Jean Paul s'inscrit précisément dans cette dynamique. Pour le Vice-Président du PDCI-RDA, les divergences de points de vue ne doivent jamais remettre en cause l'essentiel : la préservation de l'unité du parti, le respect de ses instances et la fidélité aux idéaux légués par Houphouët-Boigny et perpétués par Bédié.

À Bouaké, ce samedi, le PDCI-RDA a démontré une nouvelle fois sa capacité de résilience. Chaque étape de son histoire a été marquée par des épreuves, des remises en question et des défis. Pourtant, chaque fois que son déclin a été annoncé, le parti s'est relevé, plus déterminé et plus conscient de sa responsabilité historique.

Cette célébration des 80 ans apparaît ainsi comme bien plus qu'un anniversaire. Elle est un acte de mémoire, un témoignage de fidélité à un héritage politique, une démonstration de cohésion et une affirmation de la vitalité d'une formation politique qui continue d'occuper une place centrale dans le paysage politique ivoirien.

En choisissant Bouaké, ville de mémoire et de résilience, pour accueillir ce grand rendez-vous, le PDCI-RDA a voulu rappeler que la réconciliation nationale, l'unité et la solidarité demeurent les fondements de son engagement. Et au regard de la mobilisation exceptionnelle enregistrée ce 27 juin 2026, le message semble avoir été entendu.

L'appel de l'Honorable YAO Koffi Jean Paul a trouvé un écho retentissant. Bouaké a effectivement « refusé du monde », offrant au PDCI-RDA l'une des plus belles images de son 80e anniversaire : celle d'un parti qui, fidèle à son histoire, continue de puiser dans la discipline, l'entente entre ses cadres et la résilience de ses militants les ressources de son espérance et de son avenir.
CKL
Envoyé spécial