Ce samedi 18 avril, la direction du PDCI-RDA organise un giga meeting à Yamoussoukro pour célébrer les 80 ans du parti. Miné par une crise interne, un Sgs s'adresse à la direction du PDCI-RDA.

Chers doyens, chers cadres, chers dirigeants, chers jeunes, chères femmes, chers militants et sympathisants de notre grand parti,

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Depuis Abidjan, où des obligations m’ont retenu loin de Yamoussoukro, je prends la plume avec émotion, gravité mais aussi espérance, pour vous adresser ce message fraternel à l’occasion de la célébration des 80 ans de notre illustre formation politique (PDCI-RDA).

En ce moment hautement symbolique, mes pensées les plus sincères accompagnent chacune et chacun d’entre vous rassemblés sur la terre natale de Félix Houphouët-Boigny, père fondateur du PDCI-RDA et architecte visionnaire de la Côte d’Ivoire moderne. Votre présence massive, votre ferveur militante et votre attachement indéfectible à notre maison commune témoignent, avec force, que l’âme du PDCI-RDA demeure vivante, vibrante et profondément enracinée dans le cœur des Ivoiriens.

Oui, 80 ans d’histoire, ce n’est pas simplement une date. C’est une mémoire collective, un héritage politique, une responsabilité morale. C’est le récit d’un combat pour la dignité, pour la paix, pour la construction d’un État stable et prospère. C’est aussi une somme d’engagements, de sacrifices et de convictions qui ont façonné notre nation.

Mais à l’heure des célébrations, l’honnêteté politique nous impose également de regarder la réalité en face, sans détour, sans complaisance.

Car oui, notre parti traverse une période exigeante, marquée par des turbulences internes, des incompréhensions, des frustrations accumulées et parfois des départs douloureux de cadres et de militants. Les résultats électoraux récents, en deçà de nos espérances, nous interpellent et nous obligent à une introspection sincère et courageuse.

Il ne s’agit ni de dramatiser, ni de minimiser. Il s’agit de comprendre.

Dans toute organisation humaine, surtout dans un grand parti historique comme le nôtre, les divergences sont naturelles. Elles traduisent la vitalité du débat, la richesse des idées, la diversité des ambitions. Mais lorsque ces divergences cessent d’être organisées par le dialogue et la discipline collective, elles deviennent des fractures. Et lorsque ces fractures ne sont pas traitées avec responsabilité, elles fragilisent l’ensemble de l’édifice.

Le véritable danger n’est pas le désaccord. Le véritable danger, c’est le silence, l’évitement, le refus de se parler, le refus de se comprendre.

Quand les militants les plus engagés ont le sentiment que leur voix ne compte plus, que leurs efforts ne produisent pas d’effets, que les décisions sont prises sans eux ou loin d’eux, alors naît le découragement. Et lorsque le découragement s’installe, il ouvre la voie au départ. Ce phénomène, nous l’avons vu. Il est réel. Il est préoccupant. Mais il n’est pas irréversible.

Car l’histoire du PDCI-RDA nous enseigne une chose essentielle : notre capacité à nous relever a toujours été plus grande que nos moments de doute.

Fêter, oui. Mais se parler d’abord.
Fêter, oui. Mais se réconcilier d’abord.
Fêter, oui. Mais reconstruire ensemble, dans la vérité et le respect.

Le dialogue n’est pas une option dans notre tradition politique. Il en est le socle. Félix Houphouët-Boigny nous l’a enseigné avec constance : la paix véritable se construit dans l’écoute, dans la patience, dans la capacité à tendre la main même dans la divergence.

Cet héritage a été porté avec fidélité par Henri Konan Bédié, qui n’a cessé de rappeler que l’unité dans la diversité est la condition même de la stabilité et du progrès.

Aujourd’hui, sous la conduite de Tidjane THIAM, cet appel à l’unité, à la modernisation et au rassemblement prend une dimension nouvelle, adaptée aux enjeux de notre temps. Il nous appartient de lui donner corps, par des actes concrets, visibles et inclusifs.

Cela suppose des choix courageux.

Cela suppose d’ouvrir des cadres de discussion sincères, où chaque composante du parti peut s’exprimer librement, sans crainte, sans exclusion.
Cela suppose de bâtir une gouvernance interne plus participative, plus transparente, plus équitable.
Cela suppose surtout de remettre le militant au centre de l’action politique.

Car un parti ne vit pas par ses textes. Il vit par ses militants.

Chaque femme, chaque jeune, chaque cadre doit sentir qu’il compte, qu’il contribue, qu’il est utile. C’est à cette condition que nous retrouverons notre dynamique collective et notre crédibilité auprès du peuple ivoirien.

Les défis devant nous sont immenses :
•Réorganiser notre appareil politique en profondeur,
•Restaurer la confiance interne,
•Reconquérir l’opinion publique,
•Et préparer avec sérieux et responsabilité les échéances à venir.

Mais ces défis sont à la hauteur de notre histoire.

En ce jour anniversaire, je lance un appel solennel, non pas seulement à l’émotion, mais à la responsabilité collective :

Rassemblons-nous.
Réconcilions-nous.
Réinventons-nous.

Refusons les logiques de division. Refusons les querelles stériles. Refusons les postures qui affaiblissent notre combat commun.

Faisons le choix du pardon, non pas par faiblesse, mais par intelligence politique.
Faisons le choix de l’unité, non pas par contrainte, mais par conviction.
Faisons le choix du dialogue, non pas par nécessité, mais par fidélité à notre ADN.

Car un PDCI-RDA fort, uni et structuré n’est pas seulement une ambition partisane. C’est une nécessité nationale. C’est un pilier de l’équilibre démocratique de la Côte d’Ivoire.

Que cette célébration des 80 ans ne soit pas seulement un moment de souvenir et de réjouissance. Qu’elle soit le point de départ d’un nouvel élan. Un tournant. Une renaissance.

Un sursaut collectif vers plus de cohésion, plus de lucidité, plus d’engagement.

Avec foi en notre histoire, avec confiance en notre avenir, je vous adresse à toutes et à tous mes vœux les plus sincères de succès.

Vive le PDCI-RDA !
Vive la Côte d’Ivoire unie, réconciliée et prospère !

*Clément EWOUEDJE*
Secrétaire Général de Section
Militant engagé du PDCI-RDA